Une délégation de la BAD participe au premier atelier sur le financement à long terme pour le changement climatique

11/07/2012
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Le premier atelier dédié au financement à long terme du changement climatique d'une série lancée lors de la Conférence des Parties 17 (COP17), à Durban en 2011, a eu lieu à Bonn en Allemagne, du 9 au 11 juillet 2012.

La mise en place d'un programme de travail, comprenant une série d’ateliers, et portant sur les financements à long terme a été l'une des décisions prises à Durban. L'objectif de ce programme de travail est de contribuer aux efforts en cours visant à intensifier la mobilisation des financements destinés au changement climatique pour l'après 2012. Le programme de travail analyse les possibilités en termes de mobilisation des ressources à partir d'une grande variété de sources, notamment les sources publiques et privées, bilatérales, multilatérales et alternatives.

Un travail d'analyse des besoins de financement liés au climat pour les pays en voie de développement est également en cours au titre du présent programme de travail. L'analyse s'appuie sur des comptes-rendus sur le sujet, y compris les rapports du groupe consultatif de haut niveau sur le financement de la lutte contre le changement climatique, dont les membres comprenaient le président du Groupe de la Banque africaine de développement, M. Donald Kaberuka, ainsi que le rapport sur la mobilisation des financements climatiques préparé pour le G20, dont les participants comprenaient des membres de la BAD. Ces rapports fournissent des critères permettant l’évaluation des différentes sources de financement ainsi que les leçons tirées de l'expérience de la mise en œuvre des financements à ce jour. Le programme de travail prévoit deux ateliers sur le financement à long terme pour le changement climatique au cours de l'année.

L'atelier de Bonn a réuni des hauts représentants des Parties, des institutions financières, des cadres du secteur privé, ainsi que des représentants de la société civile et du monde universitaire.

Le professeur Jeffrey Sachs, de l’Institut de la Terre de l’Université de Columbia, a prononcé le discours d’ouverture sur l'économie du changement climatique.

Dans son discours, il a souligné la nécessité d’adopter une règle d'évaluation au cas par cas, en fonction des émissions de carbone (le principe du pollueur-payeur) et de la capacité de paiement.

Ses conclusions ont dépeint les objectifs de développement durable émergents en tant que moteur potentiel de la planification, du niveau local au niveau national, puisque les programmes d’atténuation et d'adaptation au changement climatique sont fortement liés au contexte, nécessitant ainsi des plans détaillés et chiffrés allant du niveau local au niveau national.

L'atelier a comporté six sessions : planter le décor ; comprendre les besoins de financement à long terme des pays en développement ; les sources de financement climatique ; les possibilités de mobilisation des financements en faveur du climat ; les enseignements tirés de la mise en œuvre des financements initiaux, et les prochaines étapes : le travail intérimaire et le deuxième atelier.

La Banque africaine de développement (BAD) a été représentée par Anthony Nyong, chef de la division Conformité et Sauvegardes, ORQR.3, et Uzoamaka Nwamarah, spécialiste en changement climatique au sein du Comité de coordination changement climatique de la Banque.

M. Nyong a siégé en tant que membre du comité lors des deux premières sessions. Dans ses présentations, il a souligné le défi que représente le changement climatique pour l’Afrique, les tendances en termes d’investissement dans les projets à faible émission de carbone, et l’environnement actuel du financement de l'adaptation dans le contexte africain.

Il a présenté les perspectives de la Banque ainsi que des exemples de mobilisation de ressources financières renforcées provenant de sources publiques, privées et alternatives, pour faire face aux besoins de financement pour l'atténuation et l’adaptation au changement climatique au niveau du continent.

M. Nyong a en outre souligné l'importance de la collaboration entre les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les autres parties prenantes afin d’identifier les moyens d'assurer un financement climatique renforcé à long terme en Afrique. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place des méthodologies appropriées pour déterminer les coûts économiques et sociaux de l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, ainsi que le rôle essentiel des banques de développement à cet égard.

Il a ensuite souligné l'importance du rôle des banques de développement multilatérales, régionales et nationales afin d'aider les pays à établir des systèmes de mesure systématique des coûts de l'atténuation et de l'adaptation au changement climatique, ainsi que l'importance de l'adéquation des ressources avec les besoins de financement dans les activités d’adaptation et d’atténuation.

Les membres du panel et les intervenants comprenaient Helen Mountford, directrice adjointe de l'environnement à l’OCDE, Terry McCallion, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Seyni Nafo, coordinateur des activités d’atténuation (Mali), Athena Ronquillo-Ballesteros, de l’Institut des ressources mondiales, Erik Jan Stork, APG All Pensions Group and IIGCC, Geoff Sinclair, de Standard Bank et l’Initiative financière du PNUE, Mattia Romani, du London School of Economics et l’Institut de la croissance verte, Jane Ebinger, de la Banque mondiale et Barbara Buchner, Initiative pour des politiques climatiques.

La délégation de la BAD a également eu des entretiens avec le Président du groupe des négociateurs africains, Emmanuel Dlaminin (Swaziland) et le négociateur en chef de l'Afrique chargé des finances, Mohamed Nasr (Égypte). Les discussions ont porté sur le soutien que pourrait apporter la Banque africaine de développement. Il s'agissait d'une réunion de suivi faisant suite aux discussions qui se sont tenues avec les représentants du groupe des négociateurs africains lors de leur visite à la Banque, à Tunis, en mai 2012.

Les résultats du programme de travail sur les financements à long terme pour le changement climatique feront l’objet d’un rapport qui sera soumis par les co-présidents, M. Zaheer Fakir (Afrique du Sud) et M. Georg Boersting (Norvège), à la Conférence des Parties, lors de sa 18e session à Doha, à la fin de 2012.