La BAD réduit les risques d’investissements dans un grand projet de géothermie en Afrique

22/10/2014
Share |

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une garantie partielle de risque du Fonds africain de développement (GPR du FAD), d’un montant de 12,7 millions de dollars EU. Celle-ci porte sur le projet de production de 105 MW d’électricité géothermique à Menengai, par des producteurs d’électricité indépendants. Le projet global de Menengai exploitera une partie du potentiel géothermique du Kenya, pour alimenter en électricité près de 500 000 foyers et 300 000 entreprises. La GPR du FAD atténuera le risque de défaut de paiement de la société publique détenue par l’État, Kenya Power andLighting Company Limited (KPLC), en vertu du contrat d’achat d’électricité, ainsi que le risque de défaut d’approvisionnement de vapeur par la Geothermal Development Company (GDC), société détenue par l’État kenyan, en vertu du contrat de mise en œuvre du projet et de l’approvisionnement en vapeur, à l’endroit des producteurs indépendants d’électricité (PIE) et des bailleurs de fonds des PIE.

Le projet de développement du champ de vapeur géothermique de Menengai prévoit que la GDC approvisionne en vapeur trois centrales électriques du champ géothermique de Menengai, et que KPLC achète l’électricité générée par lesdites centrales. Les centrales seront financées, conçues, construites, installées, exploitées et entretenues par trois producteurs indépendants d’électricité, en l’occurrence Sosian Menengai Geothermal Power Limited, QPEA GTMenengai Limited et OR Power Twenty-Two Limited, sur la base d’une concession « construction, détention, exploitation ».

Alex Rugamba, directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, a mis le projet en perspective : « 84 % de la population du Kenya n’a pas accès à des formes modernes d’électricité et le pays souffre actuellement de capacités de production d’énergie insuffisantes. Pourtant, le Kenya est doté d’un potentiel de géothermie parmi les plus importants au monde. Ainsi, nous considérons que cette GPR doit jouer un triple rôle : attirer les investisseurs nécessaires à la réalisation du projet Menengai, aider à exploiter pleinement le potentiel géothermique et contribuer à combler l’énorme fossé qui existe entre l’offre et la demande ».

En couvrant les obligations d’approvisionnement en vapeur de la GDC ainsi que les risques de non-paiements dans les obligations d’achat de l’électricité par KPLC, la GPR réduit les risques de crédit pour toute la structure du projet, en garantissant des flux de trésorerie suffisants pour assurer le remboursement des emprunts contactés auprès des prêteurs. Cette atténuation des risques politiques perçus viendra encourager l’investissement direct étranger au Kenya et attirer des financements privés dans la production d’électricité.

Pour répondre à la demande d’électricité, le gouvernement du Kenya dépend aujourd’hui de fournisseurs d’électricité de secours, fort onéreux. Les trois PIE devraient développer et construire trois centrales électriques géothermiques de 35 MW, d’une capacité totale de 105 MW. Cela permettra de diversifier le mix énergétique du Kenya, de fournir de l’électricité propre, fiable et bon marché, et de renforcer le réseau national en augmentant de près de 10 % la puissance installée de la production nationale d’électricité d’origine renouvelable.

La GPR du FAD est un instrument d’atténuation des risques qui couvre les bailleurs et les investisseurs privés contre les risques de défaillance d’un gouvernement à remplir ses obligations contractuelles.


Sections Connexes

Contact