La BAD participe au dialogue UA/NEPAD sur la paix et la reconstruction post-conflit

19/09/2005
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Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) participe activement au dialogue en cours sur le processus de réhabilitation, de relance, de reconstruction et de développement post-conflit. Ce dialogue s’inscrit dans un processus exhaustif, participatif et consultatif, lancé par l'Union africaine et le Secrétariat du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et devant conduire à la définition d'un cadre de sécurité et de développement pour le continent africain. Son objectif est de prévenir les conflits internes ou entre les pays, d’assurer la négociation, de mettre un terme aux conflits quand ils ont éclaté, et d’empêcher les pays sortant d’un conflit de récidiver, en traitant les causes profondes et les facteurs confligènes.

Les réunions préliminaires sur le cadre du dialogue ont porté essentiellement sur les questions relatives au renforcement de l'efficacité de l’aide humanitaire après les conflits, notamment l’appui aux programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants, la réinstallation des populations, la relance et la reconstruction, autant de préalables à la reprise du développement dans les pays sortant d’un conflit. 

Une retraite de réflexion, à laquelle ont participé la Banque, des commissaires de l’UA, des fonctionnaires du secrétariat du NEPAD, des représentants d’organismes donateurs et d’organismes de la société civile internationale, a eu lieu récemment à Durban, en Afrique du Sud, pour un échange d’expériences et de leçons tirées des activités de reconstruction et de développement post-conflit et pour l’examen des progrès accomplis dans l’élaboration du Cadre de l’UA pour la reconstruction et le développement post-conflit. La retraite a été animée par SaferAfrica, une organisation à but non lucratif indépendante, basée en Afrique du Sud et spécialisée dans les questions de sécurité et de développement à long terme en Afrique.

L’oratrice principale à cette retraite, la ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du Sud et Présidente du Conseil de paix et de sécurité de l'UA pour le mois de septembre 2005, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma, a souligné la nécessité d’adapter le cadre aux réalités de l'Afrique du 21e siècle. Elle a précisé que les femmes et les enfants payaient le plus lourd tribut aux  guerres et à l’instabilité, et a insisté sur la nécessité de créer un espace pour un rôle plus efficace des femmes dans les processus décisionnels dans leurs sociétés, au titre des mesures de prévention des  conflits, de la réconciliation pendant le conflit et de la réadaptation à la sortie du conflit.

L'équipe de la BAD composée de M. Pierre T. Seya, chef de délégation assurant la liaison entre la Banque, le Secrétariat de la Commission de l'Union africaine et la Commission économique pour l'Afrique (CEA), et de M. John S. Kanyarubona, coordonnateur de programme pour POPR, a fait un exposé intitulé:  Aperçu du processus de relance et de  reconstruction post-conflit: Expérience et Enseignements (en anglais). Dans son exposé, les représentants de la BAD ont passé en revue la propension séculaire aux conflits et à l’instabilité politique en Afrique qui remonte aux années 1800, voire au-delà, et ont évoqué quelques facteurs fondamentaux caractéristiques de ces conflits. Ils ont également présenté les conclusions de recherches récentes sur le coût estimatif des conflits par opposition aux avantages de la restauration de la paix, avant de donner la mesure du  rôle spécifique de la BAD dans les pays sortant d’un conflit. 

Les participants ont montré un intérêt particulier pour le nouveau Mécanisme de la Banque en faveur des pays sortant d’un conflit  (PCCF), ses objectifs et sa mise en oeuvre. M. Pierre T. Seya, le Représentant résident de la BAD en Ethiopie (ETCO), a décrit les objectifs du PCCF ainsi que son mode de fonctionnement, et a expliqué son utilité dans la mesure où il permet de briser le cercle vicieux qui empêchait les pays sortant d’un conflit d’éponger leurs arriérés envers la Banque et d’accéder de nouveau aux ressources concessionnelles et aux dons. Ce mécanisme permet également de faire bénéficier ces pays de l’allégement de la dette dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). 

Dans ses interventions, l’équipe de la Banque a avancé trois propositions. Premièrement, le Mécanisme africain d’examen par les pairs devrait accorder une attention particulière aux questions de justice sociale, sans perdre de vue celle de la répartition équitable des ressources économiques dans les pays. L'injustice sociale a été pointée à plusieurs reprises comme étant l’une des principales causes des conflits en Afrique. Deuxièmement, le cadre continental proposé pour le processus de réhabilitation, de reconstruction et de développement devrait servir de base pour l'harmonisation, l'alignement et la gestion des résultats au niveau des partenaires au développement. Troisièmement, le rôle de la BAD, en tant que principale institution de financement du développement du  continent devrait être pris en compte dans le cadre proposé.


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