Le projet routier Mali-Sénégal financé par la BAD reçoit le prix 2012 du Trésor des États-Unis pour l’impact de développement

07/06/2012
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Le Président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a reçu le prix d’excellence inaugural du Trésor des États-Unis pour les projets ayant un fort impact de développement. Le prix a été décerné au projet de route Mali-Sénégal, l'un des projets multinationaux régionaux du Groupe de la Banque.

«Je suis profondément honoré de recevoir, au nom de la Banque africaine de développement, le prix d’excellence inaugural du Trésor américain pour les projets à fort impact de développement. Je reçois ce prix également avec beaucoup d’humilité », a déclaré le président Kaberuka lors de la cérémonie, présidée à Washington DC, par le secrétaire d’Etat au Trésor, Timothy Geithner, en présence de membres du Congrès américain et d'autres éminentes personnalités.

« Nos amis apprécient les modestes progrès que nous réalisons. Nous leur en sommes reconnaissants. Nous avons encore un long chemin à parcourir, et nous devons continuer à travailler avec acharnement », a ajouté M. Kaberuka.

Le Trésor américain a lancé et ouvert l’an dernier le concours pour le prix des projets à fort impact de développement  aux banques multilatérales de développement dans les catégories suivantes : éducation, environnement et climat, la sécurité alimentaire, santé, infrastructures, secteur privé, genre.

Le projet de réhabilitation des routes et de facilitation des transports sur le corridor Bamako-Dakar, qui a primé, a été approuvé par le conseil d'administration du Fonds africain de développement (FAD), le guichet à taux bonifié du Groupe de la BAD, le 21 décembre 2005, sur un prêt de 83 millions de dollars EU (58,16 millions d'UC) et un don de 11,251 millions de dollars EU (7,9 millions d'UC).

Le projet était conçu pour aider à renforcer l'intégration économique et coopération subrégionale en Afrique de l'Ouest, désenclaver les pays de hinterland de la sous-région, établir un lien routier permanent par le sud entre le Mali et le Sénégal, et éliminer les obstacles à la circulation de manière à réduire les coûts globaux de transport et favoriser les échanges économiques entre les deux pays.

Le projet consistait en la réhabilitation de 162 kilomètres de route entre Kati et Kita et 259 kilomètres entre Kita et la Falémé au Mali; la construction de deux ponts d'une longueur totale de 328 mètres au Mali, d’un pont de 250 mètres de long sur la Falémé à la frontière entre les deux pays; la réhabilitation de 51 kilomètres de routes entre la Falémé et Saraya au Sénégal, de 61 kilomètres entre Saraya et Kédougou, et 235 kilomètres entre Tambacounda et Birkilane. Quelque 100 kilomètres de routes rurales liées à l'autoroute seront construites dans les deux pays. Le projet concerne également la construction et l'équipement d'un poste de contrôle juxtaposé à la frontière des deux pays. D'autres travaux comprennent la mise à niveau de 100 km de pistes rurales, 18 forages, des clôtures autour des écoles  à Kita, la reconstruction de 10 centres de santé, deux aires de repos, la construction d'un parc pour le bétail en quarantaine, la construction de barrages pour approvisionner les abreuvoirs, la réalisation de terrains de football, construction de toilettes pour écoles, l'achat de bancs et de tables, entre autres.

« Comme cela a été bien mentionné dans votre lettre d’invitation, nous sommes fiers de ce projet qui fait partie de l’autoroute trans-sahélienne reliant Dakar, au Sénégal, à Port Soudan, au Soudan, en passant par Bamako, au Mali, Ouagadougou, au Burkina Faso, Niamey, au Niger, Kano, au Nigeria, et Ndjamena, au Tchad. Le projet ajoute à l'autoroute une section appelée « Route communautaire » par les membres de l'UEMOA. Ce tronçon manquait à cette route africaine, et fait également partie du plan d'action à court terme du NEPAD », a indiqué le président Kaberuka.

Il a expliqué à l'auditoire que, pour la prospérité économique et le développement durable en Afrique il est vital de combler le déficit infrastructurel. C'est d'autant plus vrai au vu de la géographie économique difficile de l'Afrique, qui exige des infrastructures énormes pour que le continent réalise son potentiel de croissance et pour partager équitablement les dividendes d'une économie mondiale de plus en plus connectée.

Le Président a cité le mandat donné à la BAD, en partenariat avec l'Union africaine, pour concrétiser le volet infrastructure du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), et conduire les autres efforts et programmes de collaboration continentale dans lesquels la Banque est impliquée à travers le continent,  

Il a appelé à un renforcement du partenariat et a assuré que le soutien et les efforts des Etats Unis sont en parfaite harmonie avec les priorités de l'Afrique, et font la différence.

« Au moment où j’accepte ce prix au nom de la Banque africaine de développement, j’aimerais rappeler à tous nos partenaires que ce que nous faisons aujourd’hui, c’est semer une graine pour le futur. Ce prix est un signe que nous sommes sur le chemin droit et que, avec un effort concerté, nous ferons mieux », a souligné le président Kaberuka. 

La BAD a été créée en 1964 pour promouvoir le développement économique et social durable de ses pays membres régionaux. Depuis qu'elle a commencé ses opérations en 1967, la Banque a financé 3.660 opérations avec des  prêts et des dons pour un montant de 92 milliards de dollars EU.

Depuis la mise en œuvre de sa stratégie à moyen terme 2008-2012, l'infrastructure a reçu 13 milliards de dollars EU, près de la moitié de ses financements au cours de la période, tandis que les projets multinationaux à vocation d'intégration régionale représentaient 4,5 milliards de dollars EU.