La BAD finance le développement rural en Casamance au Sénégal

27/07/2012
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Contexte de l’intervention

La Casamance, au sud-ouest du Sénégal, est confrontée, depuis le début des années 80 à un conflit portant sur l’indépendance de cette zone. Le Projet d’appui au développement rural en Casamance (PADERCA) s’inscrit dans le cadre du Programme de relance des activités économiques et sociales en Casamance, mis en place par le gouvernement du Sénégal depuis 2004 et qui entend appuyer le processus de retour à la paix dans cette zone du pays.

Lancé en fin 2006, ce projet intervient dans les régions de Ziguinchor et de Sédhiou, et axe ses interventions sur la préservation et la valorisation du capital productif « eaux, sols et forêts », aujourd’hui gravement menacé. Il bénéficie d’un financement FAD de 31 millions de dollars EU.

Résultats obtenus

Malgré les retards enregistrés dans sa mise en œuvre, le projet a enregistré à ce jour un grand nombre de résultats tangibles, qui offrent des perspectives encourageantes pour l’amélioration des conditions de vie des populations, en particulier :

  • six périmètres bananiers réhabilités et productifs sur une superficie totale de 105 ha
  • 82 puits pastoraux réalisés ou réhabilités et équipés d’abreuvoirs
  • cinq digues anti-sel et 19 digues de retenue réalisées, plus de 250 évacuateurs de crue construits, permettant de protéger et de valoriser près de 6.500 ha de terre
  • plus de 1.200 ha de terres reboisées
  • 230 km de pare-feu ouverts autour de forêts communautaires
  • 1.500 ha de mangroves régénérés
  • 35 digues filtrantes mises en place

La riziculture et les activités induites ont repris sur les 6.500 ha de terres de vallées récupérées, mobilisant près de 6.000 exploitants. Grâce aux semences de qualité, la formation et la vulgarisation, la production additionnelle annuelle de riz avoisine les 6.000 tonnes et devrait encore progresser.

Le projet a aussi permis de remettre en service la station de recherche de Djibélor et de mener des initiatives ciblées en direction de six filières porteuses : riz, banane, mangues, maraîchage, huîtres et produits forestiers non ligneux. Le projet a introduit 600 vitro-plants de banane en acclimatation, pour le renouvellement progressif du matériel végétal vieillissant. Pour soutenir la filière mangue, le projet a introduit la lutte biologique contre la mouche des fruits, en important 15.000 parasitoïdes élevés et acclimatés au centre de Djibélor. Pour reconstituer le capital semencier de la Casamance, le projet, en collaboration avec l’institut sénégalais de recherche agronomique (ISRA), a appuyé la production des pré-bases de 12 variétés de riz adaptées aux différents niveaux écologiques.

Renforcement des capacités et appropriation

Pour assurer la gestion, l’entretien et la maintenance des ouvrages hydro-agricoles réalisés, le projet a appuyé 65 comités de gestion autour de 53 vallées. Près de 9.000 exploitants et 300 groupements dont 26 pour cent de femmes bénéficient de formations, d’appui conseil et de vulgarisation pour la maîtrise des techniques de production, de transformation, de gestion et de commercialisation.

La réhabilitation du système d’irrigation et des infrastructures de conditionnement des périmètres bananiers a permis une augmentation de la production de banane d’environ 20 pour cent et une nette amélioration de la mise en marché et de la compétitivité de la banane de Sédhiou. La préservation du milieu naturel et de l’environnement s’est matérialisée de manière très concrète dans de nombreuses localités.

Education et santé

Dans le domaine de l’éducation et de la santé, de nombreuses infrastructures ont été réalisées :

  • 150 salles de classes équipées et 30 autres en voie d’achèvement
  • 68 latrines scolaires
  • 3 nouveaux postes de santé et 13 autres en cours de construction

Ces interventions ont permis une amélioration significative de l’accès des jeunes à l’école et de la couverture sanitaire en milieu rural. Elles ont aussi permis, dans certaines localités, le retour de populations déplacées.

Activités en cours

D’autres activités importantes sont en cours de réalisation, notamment :

  • 30 nouveaux puits maraîchers
  • sept périmètres arboricoles dont une partie sera équipée de pompes solaires
  • quatre périmètres bananiers à restaurer
  • 20 micro-projets dédiés spécifiquement aux groupes vulnérables
  • une centrale d’achat à Sédhiou pour la filière banane
  • des plateformes de services à Bignona et au port de Ziguinchor

Avec toutes ces réalisations et celles à venir, le PADERCA contribue de manière effective au développement économique et sociale de la Casamance, et participe au processus de restauration de la paix.