La Facilité en faveur des États fragiles de la BAD permet à la Somalie de préparer son premier budget en 20 ans

03/02/2011
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"La Banque africaine de développement a un devoir de pertinence pour tous ses pays membres régionaux (PMR), et ce devoir couvre aussi les États fragiles. Ces Etats ont besoin de notre expertise et de notre soutien. Nous devons continuer à défendre la vision et l'audace des plénipotentiaires quand ils ont lancé cette initiative. Nous devons utiliser tous les instruments disponibles pour répondre aux besoins de ces États, y compris les  appuis publics", le Président Donald Kaberuka

Conformément à son engagement à prendre en charge les besoins de tous ses pays membres régionaux, la Facilité en faveur des Etats fragiles (FEF) du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a fourni à la Somalie un don d’appui budgétaire de 2,50 millions d’unités de compte (3,8 millions de dollars EU).

Le don s'inscrit dans le cadre du pilier III du programme de la Banque, qui porte sur le soutien des opérations économiques et sectorielles, le renforcement des capacités et l'assistance technique dans les pays classés comme États fragiles de la Banque.

Représentant la contribution de la Banque à un programme plus vaste de réforme du secteur des finances publiques de la Somalie, ces ressources ont déjà permis au pays de préparer un budget national, et ce pour la première fois en 20 ans. Jusqu'à présent, 1,3 million d'UC (2 millions de dollars EU) sur ce montant a été utilisé avec succès pour le renforcement des capacités et l'assistance technique au projet d’intégrité des institutions financières dans le pays.

L'objectif de l'appui FEF est d'établir une base solide pour une gestion transparente et responsable des finances publiques (GFP) et un secteur financier opérationnel en Somalie. Ce qui comprend l'élaboration de la législation et des politiques et procédures de gestion financière ainsi que la formation du personnel. Le projet porte aussi sur l'amélioration de plusieurs autres aspects de la gestion des finances publiques tels que la budgétisation, la comptabilité, le reporting financier, les marchés, de même que l’audit interne et externe. L’appui au secteur financier comprend la réhabilitation de la Banque centrale et la mise à jour des lois sur les institutions financières, ainsi que la formation des cadres moyens et supérieurs, des agents comptables, des directeurs départementaux des principales institutions chargées de l'intégrité des finances ainsi que d'autres responsables gouvernementaux choisis.

Ces efforts permettront de consolider le système de gestion des finances publiques et d’améliorer les prestations de services dans les secteurs clés. Les formations des agents de l'Unité du budget ont été dispensées durant le troisième trimestre de 2010. Elles visaient à mettre en place une saine gestion des finances publiques, en présentant de manière intensive aux participants les questions essentielles relatives à l'élaboration et de l’exécution du budget, ainsi qu’au respect des délais de soumission des rapports et de suivi des étapes. Les participants à la session ont participé à la production des documents du budget 2011 de la Somalie et des pièces complémentaires, y compris le cadre budgétaire 2011 et les comptes budgétaires.

La FEF a été créée pour financer la stratégie de la Banque pour les États fragiles (SEF), qui comprend également deux autres grands piliers : i) fournir un appui opérationnel au-delà de l'allocation basée sur la performance (PBA) pour la réhabilitation des infrastructures et la reconstruction, et ii) l’apurement des arriérés.

La Somalie était déjà l'objet de sanctions de la BAD en raison d'arriérés impayés avant la guerre civile, qui a conduit à l'effondrement de l'État en 1991. Le pays a été gravement fragilisé par les conflits militaires en continu, les divisions internes, la guerre civile prolongée et l'absence d'un gouvernement central. L’économie de la Somalie s'est pratiquement effondrée, et en l'absence de services gouvernementaux, le secteur privé est intervenu pour assurer les télécommunications et d’autres services publics. La croissance du secteur privé dans des conditions institutionnelles et sécuritaires aussi difficiles a été décrite comme "vraiment remarquable".