Tunisie : liaison autoroutière et autres nouveaux projets financés par la BAD, un chemin de croissance dans le sud-est du pays

28/06/2011
Share |

La Banque africaine de développement vient d’approuver un projet en Tunisie qui contribuera à créer des emplois et à favoriser la croissance dans la région négligée du sud-est du pays. Ce projet fait également partie d'un vaste ensemble d’initiatives qui profiteront à l'ensemble du pays. La BAD étudie en outre la meilleure façon de stimuler la croissance et la prospérité dans cette partie du sud-est.

Le 21 juin 2011, la BAD a approuvé un prêt de 137 millions d’euros en faveur de la Société des autoroutes de Tunisie pour financer le tronçon autoroutier Médenine-Ras Jedir reliant Gabès et Ras Jedir à l’extrême sud-est du pays.

La construction de la route apportera à la région sud-est du pays des emplois dont elle a grandement besoin, car elle détient le record national de pauvreté et de chômage. La construction elle-même va générer 2000 emplois directs. En outre, une fois la route construite, on prévoit la création de 30 000 autres emplois, principalement dans le tourisme et les services.

Selon Abdourahamane Charaf-Eddine, économiste au département Afrique du Nord de la BAD : «Le projet autoroutier de Gabès-Médenine-Ras Jedir a pour objectifs spécifiques d'améliorer la circulation des biens et des personnes entre Gabès et la frontière tuniso-libyenne, et de fournir une meilleure accessibilité à des sites clés du développement dans le sud-est. »

« Il fera ressortir le potentiel économique du sud-est de la Tunisie et favorisera l'accroissement du commerce et du tourisme entre la Libye et la Tunisie. Ce qui stimulera le développement régional et contribuera à l'amélioration des conditions de vie par suite de l’effet d'entraînement sur l'agriculture, l'industrie, le tourisme et l'activité artisanale dans la région. »

Dans une perspective plus générale, la Banque fournit jusqu'à un milliard de dollars d’appui financier à la Tunisie. En mai 2011, elle a annoncé un appui budgétaire de 500 millions de dollars E.U. A ce montant est venu s’ajouter dans le même temps un autre montant de 500 millions de dollars E.U. de la Banque mondiale.

Le président de la BAD, Donald Kaberuka, a déclaré en juin 2011 qu'une enveloppe supplémentaire de 500 millions de dollars était en préparation. Il espère qu’elle sera en place d'ici la fin de l’année.

L'économie tunisienne est prête à affronter les défis de l'avenir, a-t-il déclaré, mais le pays a besoin d'aide, car il a perdu 40 pour cent des recettes du tourisme et 60 pour cent des investissements directs étrangers depuis les événements politiques de janvier 2011.

En plus du projet d’autoroute, d'autres projets sont prévus pour le proche avenir, a indiqué M. Charaf-Eddine : «D'autres projets seront soumis au Conseil d'administration de la Banque au cours des prochains mois pour approbation de financement. Ils comprennent, entre autres, une ligne de crédit pour les petites et moyennes entreprises, un projet d'approvisionnement en eau potable pour les zones rurales, et un projet de traitement des eaux usées, avec 50 usines de traitement ».

Il a ajouté que ces trois projets sont des projets de portée nationale. Les régions de Gabès, Médenine et Tataouine pourraient en bénéficier elles aussi.

D’autres projets nationaux financés par la BAD dans le passé ont aidé la région, a-t-il ajouté, ainsi que des opérations proprement régionales, citant un projet agricole et d'énergie à Gabès, et un pipeline en direction d’El Borma dans le gouvernorat de Tataouine.

La région du sud-est a un bon potentiel pour l'agriculture, l'industrie et le tourisme, et ce nouveau tronçon routier contribuera à libérer ce potentiel.

Déjà, la région bénéficie du tourisme en raison de l'île de Djerba, qui est l'une des destinations touristiques les plus populaires du pays.

La BAD, a déclaré M. Charaf-Eddine, a commandé un certain nombre d'études visant à cerner le genre de projets dont pourrait bénéficier la région du sud-est.

«La Banque sera attentive au développement de la région pour aider à réduire les disparités qui ont été mises en évidence depuis la révolution », a-t-il fait observer.