La BAD recueille des idées pour la stratégie du Centre africain des ressources naturelles

29/05/2015
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Le Centre africain des ressources naturelles (CARN), une nouvelle initiative menée par la Banque africaine de développement (BAD), a bénéficié de nouvelles idées des parties prenantes le vendredi 29 mai 2015, lors d'une session consultative organisée le dernier jour des 50es Assemblées annuelles de la Banque à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Le Centre, qui a été établi il y a environ un an, développe actuellement sa stratégie complète pour la période de 2015 à 2020, en vue d'identifier les principaux domaines d'intervention et d'améliorer son appui aux pays africains dans la gestion de leurs ressources naturelles – à la fois renouvelables (eau, forêts, terres et pêche) et non renouvelables (pétrole, gaz et minerais).

Au cours de la réunion consultative, le projet du CARN a été présenté en plénière, en présence des parties prenantes, des représentants de la société civile, des chercheurs et des analystes politiques venus de divers pays d'Afrique.

C'était la deuxième d'une série de quatre réunions consultatives organisées afin de permettre aux parties prenantes concernées de contribuer à la stratégie, susceptible de représenter une initiative majeure, en appui aux gouvernements africains dans l’amélioration de la gestion de leurs ressources naturelles, pour une croissance inclusive.

Mme Sheila Khama, directrice du Centre, a exposé la stratégie quinquennale proposée aux participants, et recueilli leurs questions et leurs idées qui, dit-elle, seront prises en compte et dont certaines seront incorporées dans la stratégie finale à soumettre à l'approbation du Conseil d'administration de la Banque.

« Le Centre ne résoudra pas les problèmes de l'Afrique en matière de ressources naturelles, mais il contribuera à l'apport de solutions par une collaboration étroite avec les parties prenantes impliquées dans la gestion des ressources naturelles », a indiqué Mme Khama.

Mme Khama a également fait observer que l’Afrique est riche en ressources naturelles, à la fois renouvelables et non renouvelables, que les gouvernements sur l'ensemble du continent gèrent pour le compte du public ; d'où la nécessité de s'assurer d'adopter des politiques appropriées et de les mettre en œuvre pour le bénéfice de tous.

« La stratégie du Centre doit correspondre au travail qu'accomplissent beaucoup de gouvernements africains afin de mieux gérer les ressources naturelles dans leurs pays ; nous devons apporter de la valeur aux initiatives existantes, non pas les dupliquer », a-t-elle affirmé.

Les participants ont salué la BAD pour la mise en œuvre de son excellente initiative par le biais du CARN, observant que les ressources naturelles de l'Afrique ont constitué la fondation de l'économie du continent et qu'elles continuent de représenter une possibilité de développement majeure pour ses peuples.

Par exemple, en 2012, les ressources naturelles représentaient 77 pour cent du total des exportations et 42 pour cent des recettes publiques en Afrique.

Mais les participants ont conseillé à la BAD de s'assurer que le Centre collabore avec les gouvernements pour transformer et apporter plus de valeur à beaucoup des ressources qui continuent à être exportées sous forme brute : un aspect qui, selon beaucoup de participants, réduit le niveau de profits d’un grand nombre de pays riches en ressources naturelles.

Parmi les idées soulevées figurait également la question importante des contrats et des secrets y afférent, du fait que nombre de gouvernements ne sont pas disposés à communiquer au public les informations concernant certains accords majeurs. Les participants ont appelé le Centre à trouver des moyens de promouvoir la transparence dans la gestion des ressources.

En réponse, Mme Khama a déclaré que l'implication des citoyens dans la gestion des ressources est primordiale et que le Centre travaillera en collaboration étroite avec les groupes de la société civile dans chaque pays, en leur fournissant les informations nécessaires pour les aider à impliquer les gouvernements sur des questions spécifiques.

La première réunion consultative s'est déroulée à Addis-Abeba, la capitale de l'Éthiopie, pour la région de l'Afrique de l'Est ; la prochaine consultation sera organisée en marge du  Forum économique mondial sur l'Afrique 2015, qui se tiendra prochainement au Cap, le dernier ayant eu lieu au Maroc.