Atelier BAD-FEM sur la mobilisation des ressources

12/04/2011
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Rédigé par Ernest Achonu

La Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) ont organisé un atelier de deux jours, à Tunis. L’atelier visait à  sensibiliser le personnel de la BAD sur les moyens d’accès économiques aux ressources renforcées du FEM destinées aux opérations liées l'environnement et au changement climatique. A travers des exposés et des discussions sur les stratégies, les projets et les programmes, les délégués du FEM et le coordinateur de BAD-FEM ont informé le personnel des opérations et les gestionnaires de tâches sur la manière de mieux accéder aux ressources du FEM.
 
Le conseiller du directeur général du FEM, Sékou Touré, a invité le personnel opérationnel de la BAD à « tirer profit des subventions et financements substantiels à taux bonifié du FEM pour couvrir les surcoûts liés à la transformation des projets et programmes nationaux ou régionaux en opérations dont l’utilité pour le monde est reconnue par tous,  au lieu d’investir les ressources de la Banque ressources dans de tels projets ».
 
M. Touré a fait observer que le FEM dispose d’un système de mesure des résultats et produits de qualité, et que ce système peut répondre aux attentes de la cinquantaine de participants venus des secteurs opérationnels de la Banque. Il a ajouté que si la Banque mondiale et le PNUD peuvent lutter pour obtenir plus de ressources du FEM sous formes de dons, il n'y a aucune raison pour que la BAD ne recherche pas elle non plus une plus grande part de financements du FEM pour ses opérations en Afrique. Sékou Touré a déclaré que, pour que la BAD puisse avoir accès à davantage de ressources du FEM, son équipe de direction a un certain rôle à jouer au niveau institutionnel. Il a indiqué d'autres critères tels que l’appropriation et la programmation des opérations par les pays eux-mêmes. Il a donné une définition des opérations de la famille mondiale des banques multilatérales de développement en matière d’environnement, au regard des aspirations mondiales et de la nécessité de ce qu'il a appelé un projet d'investissement de base dans le cadre de la Déclaration de Paris et du Programme d'action d'Accra.

Dans sa présentation, la coordonnatrice FEM-BAD, Siham Mohamed Ahmed, a indiqué que la Banque avait rejoint le FEM, en novembre 2005, comme une agence d'exécution ayant directement accès aux ressources du FEM et de l'environnement, et que la division Environnement et changement climatique sert de point d’ancrage du FEM. Selon elle, au fil des ans, la Banque a accru son portefeuille de projets dans le domaine du changement climatique, de la biodiversité, de la conservation des terres et de la gestion de l'eau, entre autres, en ajoutant qu’en moyenne, elle a été en mesure d'attirer sous forme de co-financements cinq dollars EU pour chaque dollar du FEM reçu comme don. Elle a déclaré que les huit projets approuvés de la BAD en cours, estimés à 26 millions de dollars, devraient attirer environ 159 millions de dollars  en cofinancements. Il s'agit des projets suivants :

  • Amélioration de la gestion du risque climatique au Burundi.
  • Gestion participative intégrée des bassins versants au Burundi.
  • Adaptation au changement climatique pour les moyens de subsistance en milieu rural et l'agriculture au Malawi.
  • Efficacité énergétique dans le secteur industriel au Maroc .
  • Construction de 1000 unités par jour pour la collecte des déchets solides pour les mairies à Abidjan.
  • Financement durable des systèmes des zones protégées du Bassin du Congo.

En comparant ces projets à quelque 657 projets évalués à 4,1 milliards de dollars EU approuvés pour la Banque mondiale, Mme Mohamed Ahmed a souligné que la réserve des projets BAD-FEM devrait augmenter considérablement après l'atelier et la cinquième période actuelle de reconstitution des ressources du FEM. D’un volume de de 4,3 milliards de dollars, cette période a débuté en juillet 2010. Elle a fait observer que la BAD a un avantage comparatif qui peut lui permettre de mobiliser une bonne part de ce financement, en particulier sa capacité à travailler dans les domaines d'intervention centraux du FEM, sa présence sur le terrain dans la plupart des pays, ainsi que le fait que l'environnement et le changement climatique deviennent des questions transversales à la Banque.

Le FEM a été créé en octobre 1991, réunissant 180 gouvernements membres, en partenariat avec les institutions internationales, les organisations non gouvernementales et le secteur privé. Il est actuellement le plus important bailleur de fonds mondial de projets sur l'environnement ; il octroie des dons pour des projets sur la biodiversité, le changement climatique, la dégradation des terres, les substances qui appauvrissent l'ozone, les polluants organiques persistants et les eaux transfrontalières.

L'atelier a été ouvert par la directrice du département Energie, environnement et changement climatique, Hela Cheikhrouhou, et présidé par le chef de la division environnement et changement climatique, Kurt Lonsway. La deuxième journée a été essentiellement consacrée à une «clinique des projets» et des échanges en tête à tête entre les délégués du FEM, le personnel opérationnel et les gestionnaires de projets de la BAD dans les secteurs de l'énergie, des transports, de l'eau, du secteur privé, de l'agriculture et de la santé. Ces rencontres en tête à tête visaient à lancer et à faciliter la préparation de projets et programmes dans le cadre du FEM 5. L’approche programmatique de la BAD concernant les défis du bassin du lac Tchad a figuré parmi les principaux points abordés lors de l'atelier.