Lutte contre la sécheresse en Afrique de l’Ouest et australe : la BAD octroie une enveloppe de 549 millions $

01/04/2016
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Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a annoncé, vendredi 1er avril 2016, un programme d’aide de 549 millions de dollars EU pour venir en aide aux 14 pays les plus touchés par la sécheresse qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest et australe. La BAD a bien conscience des lourdes répercussions que peut avoir le phénomène météorologique El Niño, associé à des températures anormalement élevées et à la pire sécheresse qu’ait connue la région depuis des décennies. Près de 36 millions de personnes ont aujourd’hui  besoin d’une aide alimentaire.

L’enveloppe ainsi octroyée par le Groupe de la BAD pour lutter contre la sécheresse consiste en une aide d’urgence de 5 millions de dollars EU et une aide de 361 millions de dollars EU pour les court et long termes, provenant de différents guichets de financement de la Banque. En outre, la BAD va mettre en place un mécanisme qui fasse en sorte que les décaissements de fonds soient plus rapides dans les projets en cours qui ont été lancés pour renforcer la résilience à la sécheresse des pays affectés. Ce qui permettra de libérer 183 millions de dollars EU supplémentaires en 2016.

Si le président du Groupe de la BAD a souligné que les cycles de sécheresse et d’inondations sont des phénomènes naturels inhérents aux systèmes météorologiques et climatiques tropicaux, ces dernières années, toutefois, les phases de sécheresse et d’inondation se sont avérées plus graves, plus fréquentes et plus variables, dans de nombreuses régions d’Afrique. Actuellement, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe connaissent une grave sécheresse, qui perturbe les systèmes de production agricole et d’élevage dans près de 14 pays. Les épisodes de sécheresse sont de plus en plus graves et fréquents en raison notamment du réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture, pluviale à près de 95 % dans la région, s’avère donc très vulnérable aux fluctuations des précipitations, ainsi que l’a rappelé le président Adesina.

Soulignant combien il y a urgence à réagir, le président Adesina a expliqué que les instruments financiers de la BAD seraient utilisés de manière plus souple, de sorte d’accélérer les décaissements.

Les 4 et 5 avril 2016, le président de la BAD se rend au Mozambique et au Malawi, deux pays touchés également par de de très fortes sécheresses.