Assemblées annuelles de la BAD à Shanghai

16/05/2007
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Appel à une plus vaste coopération entre l’Afrique et l’Asie

Trois chefs d’Etat africains à l’ouverture des assises présidée par le premier ministre chinois

Shanghai, Chine, 15 mai 2007 – La 42e assemblée annuelle du conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD) et la 33e assemblée annuelle du conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (FAD) se sont ouvertes mercredi à Shanghai, Chine. Elles appellent à une plus grande coopération entre l’Afrique et la Chine d’une part et entre l’Afrique et l’Asie d’autre part.

Le premier ministre chinois, M. Wen Jiabao a présidé la session d’ouverture à laquelle ont assisté les présidents Pedro Pires (Cap-Vert), Marc Ravalomanana (Madagascar) et Paul Kagame (Rwanda) aux côtés de MM. Zhou Xiaochuan, président du conseil des gouverneurs du Groupe de la Banque africaine de développement, et Donald Kaberuka, président du groupe de la Bad.

M. Wen a passé en revue les relations de longue date qui lient la Chine et l’Afrique, soulignant que les assemblées annuelles impulseront sans aucun doute un souffle nouveau à ces relations de même qu’elles stimuleront les activités globales du groupe de la Banque et sa capacité à développer les partenariats pour le développement des pays africains.

Il a souligné que les défis auxquels l’Afrique est confrontée sont le résultat de la mondialisation et a assuré que le gouvernement et le peuple chinois se sont engagés à apporter leur soutien aux pays africains dans la résolution de ces défis. 

Il a déclaré que la Chine a financé 900 projets d’infrastructures et de travaux publics en Afrique depuis l’établissement des relations diplomatiques avec les pays africains dans les années 50. Le géant asiatique a également procédé à des annulations de dette en faveur de pays africains à hauteur de 109 milliards de yuan (environ 10 milliards d’euros), ajoutant qu’il allégerait la dette pour un montant similaire dans un futur proche.

Il a annoncé que le pays appliquait un régime tarifaire zéro aux exportations vers la Chine de certains des pays les plus pauvres d’Afrique et qu’il ouvrira davantage le marché aux produits africains. Le premier ministre a déclaré que son pays étendrait l’accès au marché conformément aux accords signés par les deux parties au cours du sommet Chine-Afrique qui s’est tenu à Pékin en novembre 2006.

« La Chine s’acquittera complètement de ses engagements et travaille avec les pays africains à l’amélioration des mesures pour le développement », a-t-il affirmé, appelant au développement de la coopération entre les deux parties pour leur bénéfice commun.

Il a assuré que la Chine attachait une attention particulière à la coopération avec la Bad et les organisations de développement sous-régionales en Afrique, ajoutant que le gouvernement chinois était plus que favorable à l’intensification de la coopération avec les autres pays et les institutions financières.

Auparavant, le président du groupe de la Bad, M. Donald Kaberuka, avait indiqué que les trois guichets de l’institution enregistraient un revenu de 372,5 millions de dollars EU. Le guichet de la Banque africaine de développement quant à lui totalisait un revenu brut de 291 millions de dollars EU au cours de l’année fiscale 2006.

« Je suis heureux de vous informer que la situation financière de la Banque demeure tout à fait solide et que les perspectives à moyen terme sont également très bonnes. Les ratios financiers les plus importants de la Banque ont été renforcés et figurent parmi les meilleurs à l’échelle des autres banques de développement multilatérales. La Banque continue à jouir des meilleures notes auprès de toutes les agences internationales de notation qui ont réaffirmé ses notes AAA et AA+ pour la dette subordonnée et privilégiée respectivement et pour la stabilité des perspectives », a-t-il annoncé.

La situation financière bien assise de la banque, a dit M. Kaberuka, est le reflet d’une gestion opérationnelle et financière prudente, principal facteur de cette réussite. Cela a permis non seulement de consolider ses réserves mais également de contribuer à d’autres initiatives pour le développement.

Pour ce qui est de la situation économique de l’Afrique, a déclaré le président, les conditions n’ont depuis plusieurs décennies été aussi favorables pour la prospérité économique et la bonne gouvernance qu’au cours des six dernières années, qui ont constitué la plus longue période de forte croissance économique sur le continent et ce, même pour les pays peu dotés en ressources naturelles. 

Sur l’ensemble du continent, les économies enregistrent une croissance de 5,5%. Les moteurs de cet essor sont la paix et la stabilité, l’amélioration des termes de l’échange, la gouvernance économique, le climat des affaires, la baisse des ratios d’endettement et, dans certains cas, la hausse des flux de l’aide publique au développement et des effets de voisinage positifs ainsi que les transferts de fonds de la diaspora qui, dans certains cas, sont de loin plus élevés que le volume combiné de l’aide et des recettes d’exportation.

Il a souligné que les perspectives de l’Afrique restent positives. Trente et un pays enregistrent une croissance économique supérieure à la croissance démographique. Elle est supérieure à 5 % dans la moitie d’entre eux et à 7 % dans neuf autres. Les pays sortant de conflit tels que le Liberia, la République centrafricaine, la RDC et le Burundi retrouvent progressivement l’équilibre. « Peut-être même de manière plus significative, les cinq pays les plus peuplés où vit près de la moitié des Africains ont enregistré un taux de croissance supérieur à 5 % ; l’espoir est donc grand de voir se réduire rapidement le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue », a-t-il déclaré, prévoyant un taux de croissance de 6,5 % en 2007.

Néanmoins, malgré les progrès enregistrés, des millions d’Africains vivent encore dans des pays où l’économie stagne, se contracte ou compense tout juste la croissance démographique. Parmi les raisons qui expliquent cette situation, on note la fragilité, les conflits ou les difficultés politiques.

Même là où l’économie progresse, la vulnérabilité aux facteurs internes et externes reste importante. Ainsi, même une croissance du PIB réel de 5,5 % ne suffirait pas à conduire le continent vers une réduction de la pauvreté.

M. Kaberuka a relevé l’importance de la tenue des assemblées annuelles de la Bad en Asie, dont les liens de longue date avec l’Afrique se sont considérablement renforcés au cours des cinq dernières années. Il a ajouté que l’émergence de l’Asie en tant que marché le plus dynamique du monde offre à l’Afrique des opportunités et une source d’inspiration et de défis. « Ces Assemblées annuelles sont l’opportunité d’échanger des expériences et de renforcer ce partenariat », a-t-il ajouté, notant que « le futur des économies africaines, comme celui des économies asiatiques passées, sera tiré par le secteur privé ».

Prenant également la parole au cours de la session, le gouverneur de la Banque populaire de Chine, M. Zhou Xiaochuan, a décrit les assises comme « un nouveau point de départ pour les deux parties dans leur effort commun de promouvoir la coopération et le développement en Afrique et en Asie ».

Deux membres du panel de haut niveau du groupe de la Banque, l’ex-président Joachim Chissano (Mozambique) et l’ancien premier ministre canadien Paul Martin ont également assisté aux assemblées aux côtés de MM. Omar Kabbaj, Babacar N’Diaye, Wila Mung’Omba et Kwame Fordwor, quatre anciens présidents du groupe de la Bad, s’ajoutant aux quelque 2 000 personnes venues assister à ces assemblées organisées pour la première fois en Asie.

*  1 $US  = Yuan 7,68


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