Bassin du Lac Tchad – La BAD aide à renforcer la résilience des systèmes socio-écologiques

18/12/2014
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Le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce 17 décembre 2014, une série d’accords de prêts en faveur des pays du Bassin du Lac Tchad, qui seront déboursés à travers le guichet de son Fonds africain de développement  (FAD) : sont ainsi octroyés, respectivement, 18,30 millions de dollars EU pour le Cameroun ; 29,94 millions pour le Nigeria ; 19,52 millions pour le Niger ; 3,21 millions pour la République centrafricaine ; et 7,83 millions de dollars EU pour le Tchad.

L’appui de la Banque porte sur la mise en œuvre du Programme de réhabilitation et de renforcement de la résilience des systèmes socio-écologiques du bassin du lac Tchad (PRESIBALT), qui s’inscrit dans le Plan quinquennal d’investissement (2013-2017) de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Objectif : améliorer la résilience des populations vulnérables et qui dépendent des ressources naturelles du bassin du lac, au Cameroun, au Niger, au Nigeria, en Centrafrique et au Tchad.

Le programme sera exécuté sur cinq ans, décliné en trois volets : la préservation et la valorisation des ressources en eau ; le développement des services écologiques et des chaines de valeur ; et le renforcement institutionnel et la gestion du programme. Le PRESIBALT aura pour bénéficiaires directs les 15,3 millions d’habitants (52 % de femmes) de la zone environnant le Lac, qui verront s’améliorer leurs revenus, leur sécurité alimentaire et l’accès aux infrastructures sociales de base. En bénéficieront également la concertation et la coopération régionales et locales en faveur d’une gestion intégrée des ressources naturelles, outre le commerce de produits agricoles à l’échelle intra-régionale. Le programme tiendra compte de la dimension sociale de la résilience, de façon à réduire, à terme, les sources potentielles de conflits.

Les écosystèmes du Lac Tchad sont d’une variabilité naturelle importante et exposés à divers stress, que le changement climatique et les facteurs anthropiques ont accentués. Le bassin du Lac Tchad demeure également une zone très fragile sur les plans sécuritaire, social, économique, humanitaire et politique. L’ampleur de la situation exige donc une approche d’intervention à l’échelle régionale, qui place la réhabilitation et le renforcement de la résilience des systèmes socio-écologiques au cœur de ses priorités.

Chef de file des partenaires techniques et financiers, la Banque est au cœur des efforts déployés pour mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre du Plan quinquennal d’investissement de la CBLT pour les années 2013 à 2017. Objectif du PRESIBALT, qui conforte le leadership de la BAD : résorber les fragilités dans le bassin, en libérant le potentiel de développement inclusif, en favorisant une gestion concertées des ressources en eau, principal moteur de production des différents écosystèmes fluvio-lacustres dont la diversité et la pérennité sont indispensables. C’est la sauvegarde du Lac Tchad qui est en jeu et, partant, l’avenir des populations environnantes.

Le PRESIBALT permettra de réhabiliter l’ensemble des réseaux agro-hydro-météorologiques du bassin et des outils de simulation à même d’instaurer une gestion rationnelle des ressources en eau. Par ailleurs, le programme renforcera les capacités de la CBLT de sorte qu’elle utilise de façon optimale la Base de données régionale instituée par la Charte de l’Eau et financera des forums des utilisateurs des ressources du bassin pour un meilleur partage de l’information collectée. Parallèlement, un Système d’alerte précoce, couplé à un système d’information agricole, sera mis en place pour prévenir les risques de catastrophes naturelles. Enfin, le PRESIBALT mettra en place un système intégré de gestion et de partage des connaissances sur les activités du programme, en les diffusant régulièrement sur le site Internet de la CBLT, en vue de capitaliser et gérer les connaissances et expériences acquises.