Le Panel de Haut Niveau de la BAD sur les Etats Fragiles lancé au Liberia

10/09/2013
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La présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf et le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, ont  lancé le Panel de haut niveau de la BAD sur les États fragiles le 2 septembre 2013 à Monrovia, au Liberia. Ce panel, présidé par Sirleaf, conseillera la BAD sur l'élargissement de son engagement dans les États fragiles.

Dans son allocution d'ouverture, la présidente du Liberia a souligné quelques aspects particuliers à prendre en compte dans l’assistance aux États fragiles.  A savoir mettre l’accent sur la création d'emplois, s’assurer d’avoir une main-d'œuvre en bonne santé, instruite et qualifiée, et promouvoir l'équité en prenant en compte les  femmes et les jeunes. Elle a également noté la nécessité de fournir une protection sociale aux populations les plus  vulnérables.

La présidente libérienne a également évoqué l’importance de la mise en place d'un nouveau cadre pour aborder les complexités des États fragiles.  Un  cadre qui doit être fondé sur des données, la recherche et de nouvelles idées. Elle a salué la position privilégiée de la BAD à soutenir les États fragiles africains et réaffirmé l'engagement du Panel à  générer des idées innovantes afin d’appuyer convenablement la future stratégie de la BAD.

Complexité  de la question des États fragiles

Quant au président Kaberuka, il a reconnu que la tâche du panel n'est pas aisée, étant donné la complexité  de la question des États fragiles. Toutefois, il a souligné l’expertise et les succès de la BAD dans des missions antérieures  difficiles, et dit sa confiance dans l'expertise cumulée des éminents  membres du Panel.

Le président de la BAD a insisté sur la nécessité pour les États fragiles de développer des  politiques socio-économiques adéquates pour renforcer les économies afin de réduire la pauvreté ; tout comme  de mettre en place  des institutions  et d’accorder une place de choix au renforcement des capacités.

Après les allocutions d’ouverture, les experts ont présenté trois documents  pour alimenter les discussions. Au nombre de ceux-ci les  travaux de Paul Collier (co-directeur du Centre d'étude des économies africaines et auteur de « The Bottom Billion » et « The Plundered Planet »), de Jakkie Cilliers (directeur exécutif de  Institut d'études de sécurité, Afrique du Sud)  et de Vasu Gounden (directeur exécutif de  ACCORD Afrique du Sud). De  représentants de  ministères des Finances et de la Planification, d’organisations internationales et de la société civile ont participé aux discussions.   

Les participants ont couvert un large éventail de sujets, notamment l'appropriation locale, la création d'institutions publiques, les degrés de vulnérabilité, les subventions en espèces, le rôle du secteur privé, l'autonomisation des femmes, la jeunesse et les relations transfrontalières.

La question de la fragilité

L’un des sujets d’intérêt majeur a été la définition de la fragilité et la nécessité de se  focaliser sur les différents degrés de vulnérabilité, plutôt que de se contenter simplement de qualifier des pays de « fragiles » ou « en déroute.»

« Un enfant de deux ans est fragile, mais on ne peut pas le qualifier de bébé en déroute, » a déclaré Kengen Jakor Beyo, vice-ministre des Finances du Soudan du Sud. D'autres personnalités ont précisé que les Etats qui sont généralement stables peuvent avoir des zones ou des moments de vulnérabilité qui doivent également être pris en compte.

Un autre thème abordé a été la nécessité pour les Etats de définir leurs propres besoins et priorités ; tout comme leurs solutions pour le renforcement de l'État. Comme l'a indiqué  Kaberuka, « la division artificielle du travail entre les partenaires et les organisations dans les États fragiles est dépassée. »

Des échanges ont également eu lieu sur le manque de capacités et de compétences gouvernementales et la nécessité de prendre des mesures appropriées.  Une nécessité urgente, étant donné que les nombreux efforts antérieurs visant à développer les capacités ont été insuffisants.

La nécessité d'investir dans les femmes était également à l’ordre du jour.  Comme l’a indiqué, le ministre  ivoirien du Plan et du Développement, Albert Mabri Toikeusse,  « les investissements dans les femmes sont durables. »  

Plusieurs participants, notamment la présidente Sirleaf, ont mentionné le travail fructueux axé sur l'autonomisation des femmes. Sarah Cliffe (membre du Panel de haut niveau, Conseiller Spécial de l'ONU et Secrétaire Générale adjointe des capacités civiles) a souligné que « les femmes devraient être des actrices, et pas seulement des bénéficiaires. »

Dans  son allocution de clôture, Sunita Pitamber, chef du Secrétariat du Panel de haut niveau, a déclaré : « nous sommes à mi-chemin ».  Elle a mentionné  l’importante  quantité de recherche, d'analyses et de consultations déjà effectuées ou en cours, avant d’indiquer  que  plus de consultations suivront dont celles de  la troisième réunion de  reconstitution du 13ème Fonds de développement africain (FAD-13) prévue en septembre 2013 à Paris. Les recommandations finales du Panel  seront publiées lors du Sommet de l'Union Africaine  de janvier 2014.