La Banque africaine de développement souligne au Danemark le rôle essentiel du secteur privé dans le développement durable

09/06/2016
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La stratégie de la Banque africaine de développement (BAD) consistant à faire intervenir le secteur privé dans la recherche de solutions en matière d’énergie durable a été le thème central du Forum mondial de la croissance verte qui s’est déroulé à Copenhague (Danemark).

Le 7 juin 2016, lors d’une table ronde sur l’« intensification des investissements financiers dans la croissance verte », le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a mis en évidence l’importance qu’il y avait à mettre en place des mécanismes favorisant les investissements du secteur privé dans le développement durable. « Nous devons créer un cadre solide permettant d’accélérer les investissements financiers dans le domaine du développement durable », a-t-il déclaré.

« Le projet du lac Turkana n’aurait pas vu le jour sans la participation de l’ensemble des partenaires. Les partenariats public-privé sont capitaux », a-t-il ajouté. Financé par la Banque africaine, le projet de parc éolien du lac Turkana, au Kenya, augmentera de manière significative la capacité du pays en matière de production d’électricité, lui offrant une énergie propre et bon marché.

Le président Adesina a attiré l’attention sur la volonté de la BAD de montrer la voie en matière de croissance verte et de multiplier par trois son financement de l’action climatique pour atteindre 5 milliards de dollars EU, ainsi que d’affecter environ 20 milliards de dollars EU d’investissements des secteurs public et privé à l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ses effets d’ici 2020. Il a insisté sur le fait que l’Afrique offrait de grandes opportunités. « Il ne s’agit pas de savoir si la demande existe mais de savoir comment construire des projets et les rendre attractifs pour les investisseurs. L’Afrique a besoin de projets pertinents et durables », a-t-il affirmé.

Figuraient parmi les intervenants : Yvo de Boer, directeur général de l’Institut mondial de la croissance verte ; Torben Møger Pedersen, PDG de PensionDanmark (Danemark) ; Mariuz Calvet Roquero, directeur du développement durable chez Banamex (Mexique) et Caroline Anstey, responsable Monde d’UBS and Society (Suisse).

Durant son séjour au Danemark, Adesina a rencontré la Commission parlementaire des affaires étrangères et notamment son président, Claus Kvist Hansen (Parti du peuple danois), Martin Lidegaard (Parti social libéral), Mette Gjerskov (Parti social démocrate), Christian Juhl (Alliance rouge et verte) et Ulla Sandbæk (Alternative).

La Commission a fait sienne la vision du président pour l’Afrique s’appuyant sur cinq axes principaux appelés Top 5 : éclairer l’Afrique et l’alimenter en électricité, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des populations en Afrique. Des priorités qui, selon la commission, cadrent parfaitement avec celles du Danemark.

Au cours d’une table ronde de haut niveau avec des chefs d’entreprise danois, le président Adesina a appelé à une plus grande collaboration, en faisant remarquer que la Banque africaine avait vocation à créer un cadre propice à la formation d’autres partenariats avec le secteur privé.

Il a souligné que si les économies africaines étaient en proie à des difficultés, elles « résistaient toujours » avec un taux de croissance attendu de 3,6 % en 2016, supérieur au taux de croissance mondial (3,2 %), à celui des États-Unis (2,2 %) et de la zone euro (1,9 %). Ces chiffres font de l’Afrique la deuxième région du monde ayant la croissance la plus forte, juste derrière l’Asie émergente.

Le Danemark est membre de la Banque africaine de développement et du Fonds africain de développement (FAD). Il a contribué à hauteur de 104 millions de dollars EU au 13e cycle du FAD, actuellement en cours de reconstitution.