Atelier de la BAD sur la Crise financière

08/04/2009
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Tunis, le 8 avril 2009 – Poursuivant ses efforts pour trouver les moyens d'atténuer la crise financière en cours, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à travers le bureau de l’économiste en chef, organise vendredi, 10 avril 2009, à l’hôtel Laico à Tunis, un atelier pour explorer les possibilités d'aider les pays membres de l'institution à faire face à la crise.

Réunis autour du thème : « Crise financière - Les stratégies d'atténuation de l'impact en Afrique », les participants examineront comment les gouvernements nationaux, les organisations régionales et les partenaires au développement  peuvent aider à élaborer des stratégies qui atténuent l'impact de la crise tout en renforçant les capacités internes des pays africains pour résister à des chocs extérieurs.

En plus du personnel de la Banque, les participants seront les gouverneurs des banques centrales africaines, des hauts fonctionnaires des ministères des finances et de la planification, et des représentants des institutions partenaires, y compris la Banque mondiale, le ministère britannique des affaires étrangères et du développement international, le Overseas Development Institute et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.

Les questions spécifiques qui seront examinées lors de l'atelier comprennent « La mobilisation des ressources domestiques», « Les flux de capitaux et la réglementation des comptes de capitaux » « Les réformes du secteur financier et la réglementation », et « L'impact de la crise sur le secteur manufacturier ».

L'atelier vise également à créer l’occasion d’approfondir les discussions techniques sur ces questions à travers des analyses empiriques pour guider la recherche de solutions durables à la crise qui touche l'Afrique.

Les économies africaines ont été touchées par trois crises successives depuis 2006 - la crise alimentaire suivie par la crise du pétrole et maintenant par la crise financière et économique. Ces crises arrivent au moment où les espoirs de reprise de la croissance africaine sont élevés, dans le contexte de croissance économique relativement élevée de 5,8 % en moyenne au cours des cinq dernières années.

La croissance récente de l'Afrique a été largement soutenue par la hausse des prix des matières premières  et des réformes économiques qui ont abouti à une meilleure gestion économique et à l'amélioration de l'environnement des affaires. La hausse des prix des matières premières ainsi que l'amélioration du climat des affaires a attiré de plus en plus de capitaux étrangers, avec des investissements directs étrangers en hausse de 16,8 % en 2008, soit un record de 61,9 milliards de dollars et les apports nets de portefeuille pour atteindre une hausse historique de 15 milliards de dollars la même année.

« Il est maintenant clair que l'impact de la crise, qui a été initialement sous-estimée, menace de renverser ces tendances positives. Le taux de croissance de 2,8 % envisagé pour 2009 signifie que le revenu réel par habitant stagnera. Des excédents des comptes fiscaux et courants de 3% et 2,7% en 2008 devraient se transformer en des déficits de 5,4 % et 4,3 % du PIB, respectivement en 2009. La valeur de la croissance des exportations devrait baisser de 7,1 % en 2009, tandis que les flux de capitaux, y compris les transferts de fonds baisseront autant », ont déclaré les organisateurs.

Au-delà de ces impacts économiques, les effets négatifs réels se situent au niveau des pertes d'emplois dans les secteurs économiques clés. Bien que les pays africains aient apporté quelques réponses pour contrer le ralentissement de l'activité économique, la crise mondiale nécessite des solutions bien cordonnées.

La Banque joue un rôle de leader dans la promotion des politiques et dans l’appui analytique au débat sur les réponses politiques appropriées à la crise. En Novembre 2008, la Banque, en collaboration avec la Commission de l'Union africaine et la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), a organisé une conférence des ministres des finances et gouverneurs des banques centrales, à Tunis. Celle-ci a  examiné les premiers impacts de la crise et les solutions envisageables pour l'Afrique, et a apporté une contribution précieuse au sein du G-20, réunis à New York le même mois. La rencontre a, par ailleurs, donné naissance au Comité des dix ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales (le C-10), et a constitué la base de la première réunion du Cap, le 16 Janvier et a Dar es Salaam le 11 Mars 2009.  Le Comité a identifié la nécessité de nouvelles analyses pour appuyer la recherche des solutions durables.