La BAD abrite à Rio+20 des entretiens sur l’accélération de la croissance verte en Afrique

18/06/2012
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L’engagement sur la voie à la croissance verte en Afrique a fait l'objet d'un événement organisé par la Banque africaine de développement (BAD) en marge de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable, ou Rio +20, à Rio de Janeiro.

L'événement intitulé « Faciliter la croissance verte en Afrique : Perspectives de la Banque africaine de développement » s’est tenu le 14 Juin.

L’un des experts en changement climatique de la BAD, Frank Sperling, a expliqué que la croissance verte se fonde sur l'idée que la croissance économique peut être réalisée grâce à une gamme variée d'activités économiques, et qu’il s’agit donc de faire les bons choix parmi les options possibles. En choisissant certaines activités économiques, a-t-il dit, la croissance économique ne peut être dissociée des dommages qu’elle cause à l'environnement. M. Sperling a souligné que la croissance verte doit être centrée sur le développement.

Il a énuméré les priorités les plus pressantes pour l'Afrique : surmonter le déficit d'infrastructure, assurer la gestion efficace des ressources naturelles, prévenir et gérer les catastrophes naturelles, promouvoir un développement résilient au changement climatique, et assurer la sécurité alimentaire du continent. Il a ajouté que « dans la mesure où les décisions prises aujourd'hui vont générer des infrastructures énergétiques qui existeront pendant des décennies, il convient de faire les bons choix aujourd’hui. »

Kate Raworth, chercheur principal à Oxfam Royaume-Uni, a parlé de la notion de croissance verte d’une façon plus globale. Elle a présenté une vision pour un développement économique inclusif et durable, qui soit plus juste pour l'humanité. Elle a indiqué qu’on est en train de dépasser les limites de la planète en termes d’empreinte écologique. Sans la mise en place de solutions concrètes, la surexploitation des ressources naturelles et la destruction des écosystèmes représenteront une menace importante pour la croissance économique et le bien-être humain. Mme. Raworth a ajouté qu'il est de la responsabilité de toutes les nations de s’engager sur la voie de la croissance verte. Elle a estimé que tous les pays sont des nations en développement, car aucun pays ne vit encore dans un espace d’économie verte sécurisé.

Il a été généralement admis que le manque de financement reste le principal obstacle au développement durable et à la croissance verte en Afrique. Mais Mme. Raworth a estimé qu'il ne s’agit  pas seulement d’un problème d'argent.

On a aussi besoin d'une « injection de créativité ».

Le directeur de la division sécurité et conformité au sein de la BAD, Anthony Okon Nyong, a ajouté que, en Afrique en particulier, la créativité est nécessaire dans la gestion des ressources existantes, et non pas uniquement dans la création de nouvelles ressources. Il est de la responsabilité de chaque pays, a-t-il dit, de tracer son propre chemin vers la croissance verte et de l'adapter à son contexte spécifique.

Pour assurer la mise en place pérenne d’une économie verte, les organisations de développement, notamment la Banque africaine de développement, peuvent s'appuyer sur les politiques en place, ainsi que sur les expériences opérationnelles et les bonnes pratiques qui fonctionnent comme des éléments pour atteindre une croissance plus verte.

En outre, sa mise en œuvre nécessite un engagement politique soutenu, une meilleure valorisation du capital naturel et social dans les processus de décision, et l'élimination des distorsions du marché.

Le pPrésident du comité de coordination changement climatique de la BAD, Aly Abou-Sabaa, a déclaré : « Une forte volonté politique à tous les niveaux est un élément clé dans la mise en place de nouvelles politiques pour la croissance verte ». Il a ajouté que la BAD constitue une ressource importante permettant d’entreprendre de telles initiatives et qu’elle a été conçue pour servir de catalyseur en termes d'idées, d’assistance technique et de soutien financier pour ses pays membres régionaux.

Les économies qui se fondent sur la croissance verte ne peuvent se développer sans la participation des diverses parties prenantes, notamment le secteur privé et les représentants gouvernementaux de haut niveau.

M. Sperling a ajouté que, au regard de la nouvelle architecture pour la finance climatique, le continent africain court à nouveau le risque d’être le grand perdant, à moins que l’on trouve des solutions concrètes destinées spécifiquement à l'Afrique et à ses priorités en matière de changement climatique et de croissance verte. Les choix d’aujourd'hui pourraient avoir des conséquences dramatiques pour le monde entier.