La BAD lance sa première émission d’obligations vertes d’un montant de 500 millions de dollars

11/10/2013
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La Banque africaine de développement (BAD), notée Aaa/AAA/AAA, a lancé sa première émission d’obligations vertes le 10 octobre 2013.

À mesure que s’amplifie en Afrique le mouvement en faveur d’un développement intégrant des interventions climatiques, le programme d’obligations vertes de la BAD permet aux pays de bénéficier de financements destinés aux projets d’énergie durable, de renforcement de la résilience des écosystèmes côtiers et forestiers ruraux. Le programme permet aussi la création de connaissances évolutives à l’échelle mondiale sur les solutions à faible intensité de carbone et adaptées au changement climatique. Grâce à leurs placements, les investisseurs peuvent changer les choses en finançant des solutions au changement climatique par les obligations vertes de la BAD.

Le produit des obligations vertes appuie le financement de projets à faible intensité de carbone et adaptés au changement climatique, conformément à la stratégie à long terme de la BAD.  Une stratégie qui met l’accent sur la croissance inclusive et verte. Les projets à financer concernent notamment la production d’énergies renouvelables et  l’efficacité énergétique.  Ils permettent aussi la modernisation des parcs automobiles aux fins d’efficacité énergétique ou de changement modal du transport urbain, la conservation de la biosphère, la gestion des déchets solides, le captage d’émissions fugitives et de carbone, le développement urbain, l’alimentation en eau et l’accès à l’eau.

Tirant parti de l’appel d’air créé par l’absence d’offre d’émissions concurrentielles en dollars americains  sur le marché, suite à l’impasse des négociations budgétaires aux États-Unis, la BAD a annoncé le lancement de sa première émission d’obligations vertes à 3 ans le  mercredi 9 octobre à Londres. Le prix indicatif initial de l’émission de 500 millions d’USD à 3 ans était autour du taux mid-swap plus 5 points de base et la transaction a rapidement suscité l’intérêt d’investisseurs socialement responsables aux États-Unis et en Europe. Face à l’intérêt persistant affiché par les comptes américains et asiatiques, les banques chefs de file ont officiellement ouvert les livres en vue de l’opération le matin du jeudi 10 octobre à Londres. Les livres ont été définitivement clos autour de 14 h 30, heure de Londres, avec des ordres avoisinant les 550 millions de dollars américains, et le prix de la transaction sursouscrite a été fixé au taux mid-swap plus 5 points de base en fin d’après-midi, conformément aux informations initiales sur l’opération.

« La première émission obligataire verte de la BAD s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour relever les défis du développement en Afrique en s’appuyant sur les partenariats public-privé. Elle offre aux capitaux privés une autre possibilité d’obtenir des taux de rendement du marché, tout en soutenant une croissance durable et à faible intensité de carbone sur le continent, » a déclaré Donald Kaberuka, Président du Groupe de la BAD.

L’émission a été placée auprès de 36 investisseurs, dont Third Swedish National Pension Fund, AP4, BlackRock, CalSTRs, Calvert Investment Management, Inc, Nordea Investment Management, Pictet Asset Management, Praxis Intermediate Income Fund, State Street Global Advisors (SSgA) pour leur fonds d’obligations vertes de grande qualité, TIAA-CREF et Trillium Asset Management, LLC.

Les investisseurs qui privilégient les placements socialement responsables ont apporté un appui très solide à l’opération, en acquérant 84 % des obligations. La ventilation par type d’investisseurs a été la suivante : 43 % pour les gestionnaires d’actifs, 28 % pour les banques centrales et les institutions officielles, 28 % pour les compagnies d’assurances et les fonds de pension, et 1 % pour les banques privées et de détail. En ce qui concerne la répartition géographique, 52 % des obligations ont été placées auprès de comptes des Amériques, contre 39 % pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, et 9 % pour l’Asie.

JP Morgan, Morgan Stanley et SEB ont été les co-chefs de file de la transaction.

« Nordea Investment Management a intégré les normes environnementales, sociales et de gouvernance dans les processus de placement. Ces normes font partie des analyses et de la méthodologie de notre équipe chargée du revenu fixe international. Nous n’investissons que lorsque le rapport risque/récompense paraît intéressant. L’obligation verte de la BAD constitue un placement attrayant dans une institution fiable notée AAA, » a indiqué Rolf Ohlson, gestionnaire supérieur de portefeuille à Nordea Investment Management.

« L’économie africaine croît rapidement et, grâce aux obligations vertes, nous acquérons une expérience de ce marché intéressant. Des obligations vertes qui contribuent à financer le passage à une croissance verte en Afrique sont importantes pour nous en tant qu’investisseurs à long terme. Cette obligation sera réservée aux projets ne portant pas atteinte au climat, » a dit  Christina Hillesöy, responsable de la communication et de l’investissement durable chez Third Swedish National Pension Fund.

« Avec cette première obligation verte, la BAD a démontré avec succès que sa plate-forme de projets pour la croissance verte satisfait, sur les marchés financiers, une demande précise d’investisseurs désireux de participer au financement des projets en question. Le succès de la présente opération marque un autre jalon dans le développement du marché des obligations vertes et contribuera à la fois à faire mieux connaître ce produit et à accroître la confiance nécessaire pour susciter la participation d’un plus grand nombre d’investisseurs, » a affirmé Matthieu Batard du syndicat des emprunteurs fréquents chez JP Morgan.

« Avec sa première émission obligataire verte de 500 millions d’USD, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé sans ambiguïté sa présence comme force majeure dans le domaine de la promotion des solutions au changement climatique en Afrique. La BAD a consacré un temps considérable au dialogue avec les investisseurs socialement responsables préalablement à la transaction, et le succès de celle-ci est illustré par sa sursouscription et le nombre de nouveaux investisseurs qui ont été attirés par le nom de la BAD. Morgan Stanley est très fière d’avoir participé à cette remarquable émission obligataire, dans le cadre de notre engagement permanent à développer le financement durable, » a dit Navindu Katugampola, Vice-président, Montages Afrique subsaharienne chez Morgan Stanley.

« SEB est fière d’aider la BAD à lancer sa première émission d’obligations vertes. À travers cette opération, la BAD a atteint un plus large groupe d’investisseurs et les efforts qu’elle déploie sans cesse pour faire connaître les initiatives positives face au changement climatique et appuyer leur développement ont été renforcés par l’inclusion d’un émetteur jouissant d’une si bonne réputation. Le type et la plate-forme d’émission de ces titres consolident la structure de l’obligation verte élaborée initialement de concert avec la Banque mondiale, en fournissant aux investisseurs un cadre solide et une structure reconnaissable qui s’imposent de plus en plus comme une norme à l’échelle de la communauté financière, » a indiqué Hans Beyer, responsable mondial des marchés financiers chez SEB.

Aperçu de la transaction :

  • Émetteur : Banque africaine de développement (BAD)
  • Type : Facilité d’émissions de dette multimarché (exempte de la SEC)
  • Montant : 500 millions de dollars américains (EU)
  • Date de règlement : 18 octobre 2013
  • Date d’échéance : 18 octobre 2016
  • Prix d’émission : 99,707 %
  • Coupon : 0,75 %
  • Rendement de l’émission : 0,849 %
  • Marge : taux mid-swap +5 points de base ou +15,5 points de base sur l’UST de 0,625 % exigible en octobre 2016
  • Valeur unitaire : 1 000 dollars EU ou multiple intégral
  • Inscription à la cote : Bourse de Luxembourg
  • Co-chefs de file : JP Morgan, Morgan Stanley et SEB
  • ISIN : US00828EAX76