Lancement du Rapport sur les fonds des migrants par la BAD

11/04/2011
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Les modèles de financement du développement doivent être repensés - Donald Kaberuka

Donald Kaberuka Mthuli Ncube, Vice-président de la Banque et chef économiste
Désire Vencatachellum, Directeur du département de la recherche sur le développement Le débat : les questions et réponses

La BAD a lancé aujourd’hui à Tunis, le rapport  sur les transferts des migrants. Intitulé : «Mettre les migrations au service de l’Afrique : Envois de fonds, compétences et investissements». Le rapport est une co-production de la BAD et de la Banque mondiale.  « Les fonds des migrants africains sont devenus une source stable et importante de financement pour les pays africains ainsi qu’une balise de sauvetage pour les ménages ». a déclaré  l’économiste en chef, Ncube Mthuli.  L’économiste en chef a ouvert la réunion de lancement du rapport,  en présence du président de la Banque, de plusieurs experts et de journalistes.

La présentation a été faite par Désiré Vencatachellum, directeur du département de la recherche sur le développement et Shimeles Abebe, économiste principal de recherche.

Procédant au lancement officiel du rapport, le président du Groupe de la Banque, Donald Kaberuka, a félicité les auteurs : « Il s’agit d’un excellent rapport, qui démontre une fois de plus que la Banque est une institution du savoir… » . Il  a poursuivi en affirmant que  «les modèles de financement du développement devraient être repensés, étant donné les difficultés budgétaires des pays riches et le paysage économique mondial en pleine mutation ».

Les transferts d’argent vers l’Afrique sont en hausse, tirés par les flux des émigrés africains. Le rapport explique en substance que la diaspora est une véritable source de richesses et d’idées pour le développement du continent africain. Les transferts qu’effectue cette diaspora constituent une source importante de financements externes pour les pays africains, après les investissements directs, souligne-t-il.  Ces investissements ont représenté 36% du niveau d’investissement global au Burkina Faso, 55% au Kenya, 57% au Nigeria, 15% au Sénégal et 20% en Ouganda.

Le rapport souligne également les bonnes perspectives économiques liées à ces transferts d’argent, vu que leurs flux ont augmenté en Afrique durant la dernière décennie. Ces flux sont induits par l’accroissement de l’émigration. Ils montrent que les pays africains pourraient lever des fonds de l’ordre de 5 à 10 milliards de dollars par an grâce à l’apport de sa diaspora, qui envoie de l’argent aux familles et aux communautés tous les ans. Ces transferts servent à diversifier les sources de revenus des pays, à faire face aux chocs défavorables, en fournissant des fonds pour la santé, l’éducation, l’achat de terrains et le démarrage des affaires.

Par ailleurs, lors du débat, les participants ont noté que ces transferts de fonds en Afrique étaient confrontés aux défis de la traçabilité, de la technologie et de l’accessibilité des prix aux services : le marché formel pour ces transferts dans le continent est relativement jeune et fait face aux défis typiques de marchés émergents. Ces défis comprennent, entre autres, l'incertitude du volume de transfert, une meilleure traçabilité, la concurrence limitée, les coûts élevés de transfert et un manque d'innovation technologique.

Le transfert d’argent est une opération financière consistant à envoyer, en un temps court, de l’argent à une personne (proche,  ami…) ou à effectuer un achat ou un service etc. L’opération se caractérise par l’éloignement de l’expéditeur et du destinataire et se réfère à des modes de paiement scripturaux ou à des systèmes de paiement.