Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse : bilan positif pour les initiatives de la BAD sur l’eau

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Date: 17/06/2010
  • « Avec la montée de l'insécurité alimentaire actuelle dans le Sahel, une aide accrue aux pays les plus pauvres mérite une attention particulière  dans cette période » - Vice-président A. Ordu)
  • « La journée mondiale de lutte contre la sécheresse est une autre belle occasion de positionner la Banque comme un champion sur le changement climatique et les questions connexes » - A. Batumubwira, cheffe ERCU)

La Banque africaine de développement se joint, le 17 juin 2010, à d'autres partenaires  au développement et de la communauté internationale pour observer la « Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse », à l’invitation  de l'Organisation des Nations Unies. Cette journée, célébrée depuis 1995, est placée cette année sous le thème : «Renforcer les sols renforce partout la vie ».

Ce thème est la traduction fidèle de la relation étroite qui existe entre les écosystèmes, la réduction de la pauvreté et la performance économique globale des pays, en particulier en Afrique, où les deux tiers du continent sont soit désertiques, soit des terres arides. La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse met chaque année l'accent sur l'urgente nécessité de conserver l'eau, de freiner l'avancée du désert, d’atténuer la dégradation des terres et les effets de la sécheresse, qui portent considérablement atteinte à la biodiversité en Afrique.

S’exprimant sur le thème de cette Journée, le vice-président de la BAD en charge des programmes et politiques, Aloysius Ordu, a fait observer qu’avec la situation actuelle caractérisée par l'insécurité alimentaire croissante au Sahel, les pays les plus pauvres méritent une attention accrue en ce moment précis. Pour sa part, la cheffe de l’unité des Relations extérieures et de la communication de la Banque, Antoinette Batumubwira, a déclaré : « La journée mondiale de lutte contre la sécheresse est une autre belle occasion pour positionner la Banque comme un champion sur le changement climatique et les questions connexes.»

L'Afrique est sans conteste la région la plus durement touchée par la désertification et les sécheresses. De plus, de nombreux pays africains sans littoral souffrent de la pauvreté généralisée et dépendent lourdement des ressources naturelles pour leur subsistance. Les caprices de la météo, notamment la sécheresse, ont aggravé les conditions socio-économiques déjà précaires de l’'Afrique, et mis à nu les lacunes des cadres institutionnels et juridiques, l'insuffisance des infrastructures ainsi que la faiblesse des capacités scientifiques et techniques pour faire face aux problèmes.

Dès 1970, lors de la 7e Assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Banque tenue à Fort-Lamy (actuellement N'Djamena, au Tchad), la BAD avait attiré l'attention du monde sur les effets de l'avancée du désert, de la sécheresse et de la diminution continuelle des lacs d'Afrique, y compris le lac Tchad. Le message de la Banque à ses invités soulignait la nécessité pour les Africains de changer les comportements qui provoquent la déforestation, y compris leurs méthodes culturales, leurs pratiques d'élevage et de cuisine, afin de protéger de toute dégradation supplémentaire un environnement fragile.

A ce jour, conformément à son mandat de réduction de la pauvreté, le Groupe de la Banque se trouve plus que jamais à la pointe de la lutte contre la désertification et la sécheresse sur plusieurs fronts, entre autres l’approvisionnement en eau, l'irrigation et les investissements agricoles et, plus récemment, les engagements dans l'environnement, le changement climatique et le développement vert.

Plus précisément, à travers ses initiatives touchant l'eau, le Groupe de la Banque a énormément contribué non seulement à la lutte contre les effets de la sécheresse et de la désertification, mais à un plus grand accès à l'eau potable et à la réduction de la pauvreté en Afrique. En fait, en mettant en place trois grandes initiatives, la Banque a fait de l'accès à l'eau potable l'un des fondements de son programme de développement en Afrique.

L’Initiative sur l’alimentation en eau et l'assainissement en milieu rural (IAEAR) reste une activité phare de la Banque, ayant pour objectif global d’étendre la couverture en eau potable et en assainissement de base à 80 pour cent de la population rurale d'ici 2015, pour un coût estimé à 9,22 milliards d'UC, soit 13,9 milliards de dollars EU. Depuis le lancement du programme IAEAR en 2003, la Banque a approuvé 25 opérations dans 20 pays pour un financement total de 1,44 milliard d’UC (2,2 milliards de dollars EU).

La population rurale ayant accès, grâce à l’IAEAR, à l'approvisionnement en eau salubre et aux services d'assainissement adéquats, est passée respectivement d'environ 6,34 millions et 4,48 millions de personnes en 2008, à plus de 27 millions de personnes et 22,16 millions de personnes à la fin de 2009.

En 2009, le Conseil a approuvé 5 nouveaux programmes pour un total de 75 millions d'UC (112,5 millions de dollars EU) en faveur du Sénégal (Phase II), du Rwanda (Phase II), de la République centrafricaine, du Kenya (phase II) et des Comores.

Le programme multi-donateurs de partenariat pour l’eau (MDWPP) a été créé par la Banque, en partenariat avec les gouvernements néerlandais, danois et canadien, dans le but de l'aider à rendre opérationnelle la politique de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) de 2000. Le programme a participé à la création de la Facilité africaine de l'eau (FAE) et à la formulation de l'IAEAR, ainsi qu’à l’élaboration d'un certain nombre de directives, d’outils et de manuels pour le secteur de l'eau. Parmi les principales activités soutenues par le MDWPP en 2009, on peut citer la participation de l’Afrique au 5e  Forum mondial de l'eau à Istanbul, la préparation du mémorandum régional africain et du plan d’action  pour la mise en œuvre des engagements de Charm el-Cheikh visant à accélérer l’atteinte des objectifs relatifs à l'eau et l'assainissement.

La Facilité africaine de l'eau (FAE) est une initiative cruciale pilotée par le Conseil des ministres africains de l'eau (AMCOW), administrée par la Banque, pour mobiliser des ressources destinées au financement de la facilitation du secteur de l'eau et des activités d'investissement en Afrique. La FAE a permis de collecter environ 215 millions d’unités de compte (322,5millions de dollars EU) pour financer des interventions dans le secteur de l'eau dans le cadre de ses projets.

En 2009, 2 nouveaux donateurs, le Royaume-Uni et le Sénégal, ont rejoint la Facilité, avec des contributions respectives de 15 millions de livres sterling et 175.000 euros, portant à 11 le nombre des donateurs, et à 109 millions d’euros le montant des contributions en espèces (dont 74,1 millions libérés à décembre 2009). La contribution en nature de la Banque, à travers l’accord de mise de locaux à la disposition de la Facilité, est évaluée à 1,24 million d'UC. La Banque a également approuvé une contribution financière de 10 millions d'UC, sous réserve de l'approbation du Conseil des gouverneurs.

Ce qui laisse un déficit de 89,5 millions d'UC pour le programme opérationnel 2010-2012.


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