Les pays à faible revenu désormais admis au guichet de prêts souverains de la Banque

16/05/2014
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Les pays africains à faible revenu admissibles, peuvent  désormais obtenir des ressources non concessionnelles du guichet de prêts souverains de la Banque africaine de développement (BAD). C’est en substance  la principale décision arrêtée lors de la réunion du conseil d’administration tenue le 13 mai 2014 à Tunis.

La proposition en question permet à la Banque de répondre de manière proactive à l’amélioration des conditions économiques intervenue dans les pays membres régionaux (PMR) durant la dernière décennie, en donnant accès aux ressources provenant de son guichet de prêts souverains non concessionnels aux pays à faible revenu qui sont admissibles, afin de financer des projets viables. Les ressources souveraines sont des ressources tirées du guichet public, ou guichet souverain, pour financer les opérations du secteur public, par opposition au guichet du secteur privé qui offre des prêts non souverains garantis.

Par le biais de cette politique, le Groupe de la Banque met en évidence sa reconnaissance des progrès économiques importants réalisés par les pays africains au cours de la dernière décennie et montre qu’il poursuit sa mission de soutien à leur croissance inclusive.

D’après la note d’orientation, « La proposition concilie le besoin de répondre à la demande de ressources afin d’accélérer de manière durable la transformation structurelle des pays africains à faible revenu, la soutenabilité de la dette des PMR, ainsi que la stabilité financière de la Banque ».

Environ 37 pays, soit presque 70 % des PMR, font partie de la catégorie des pays à faible revenu qui ne peut obtenir que des ressources concessionnelles du Fonds africain de développement (FAD).

Toutefois, le document soutient qu’une réduction des ressources concessionnelles ne suffirait pas à financer et à maintenir les forts taux de croissance actuelle et à transformer la structure des économies africaines afin de créer les emplois dont ces pays ont tant besoin. Cette optique est corroborée par le fait que bien des pays africains empruntent des fonds non concessionnels sur les marchés de capitaux, à des taux qui sont beaucoup plus élevés que ceux qu’ils pourraient obtenir de la Banque.

Entre autres garanties, les pays à faible revenu dont le risque de surendettement est faible ou modéré pourront accéder aux ressources souveraines de la BAD, à condition que leur situation macroéconomique soit viable et après qu’ils aient été soumis à une analyse de soutenabilité de la dette (ASD) du FMI, ainsi qu’à un contrôle rigoureux du Comité de risque de crédit de la Banque.

En approuvant cette proposition, le Conseil d’administration a souligné le fait que cette politique répond aux besoins d’octroyer davantage de ressources aux pays à faible revenu, conformément à l’évaluation par ses clients et à la Stratégie décennale de la Banque. Cette politique permettra également à la Banque d’élargir sa base de clients potentiels.

De plus, cette politique permettra à la Banque d’accroître sa capacité d’exécution, car elle améliorera la fonction que remplit son enveloppe non concessionnelle dans le soutien du programme de développement du continent par le biais d’instruments souverains. En outre, cette mesure contribuera à diversifier le portefeuille des fonds souverains de la Banque, réduira au minimum la concentration des risques au sein du portefeuille et renforcera la présence de la Banque sur le continent.

Les membres du Conseil d’administration ont fait ressortir les besoins de renforcement des capacités internes, plus particulièrement celles relatives à l’amélioration de l’ASD, ainsi que la nécessité de tirer parti des produits de connaissances qui pourraient contribuer à rehausser l’efficacité de la Banque en matière de conception de politiques et de développement des PMR.