La BAD doit surtout continuer à être l’investisseur en chef dans le capital humain

21/05/2014
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« Les questions liées à l’investissement dans le capital humain, au leadership politique, à l’intégration régionale en Afrique et au rôle de la BAD dans ces enjeux» ont été évoquées, en marge des Assemblées annuelles, le 21 mai à Kigali, par Paulo Gomes, ancien administrateur de la Banque mondiale, devenu aujourd’hui acteur résolu du secteur privé en Afrique. La BAD ne doit pas perdre de vue la fracturation de l’Afrique, qui peut retarder son décollage, a-t-il averti.

Pour Gomes, l’Afrique est en train d’émerger et la question de leadership politique, si elle n’est pas réglée, peut nous ramener plusieurs années en arrière. La capacité de mobilisation et d’édification en terme de leadership politique est encore relative. « Comment peupler notre environnement politique avec des cadres capables et conscients de l’intérêt à protéger le continent contre les dangers qu’entraîne le déficit de leadership visionnaire ? » s’est interrogé Gomes.

A l’instar des participants au panel de haut niveau sur « le leadership que nous voulons en Afrique pour les 50 prochaines années », Gomes a souligné la nécessité d’introduire dans les textes scolaires, le programme sur le leadership. Cette formation de base, selon lui, préparerait le jeune africain, depuis les bancs, à cultiver sa vision du leadership, « pour prendre la relève dans les prochaines décennies ».

«Je voudrais encourager les jeunes de ma génération à faire le pas dans le renforcement du capital politique. J’en fais une mission aux jeunes, » a t-il souligné, non sans évoquer le rôle prépondérant de la BAD, depuis des décennies, dans l’édification d’un leadership efficient en Afrique. «Je pense que notre institution panafricaine peut utiliser sa capacité à rassembler – Ndlr : cadre des Assemblées annuelles, pour faciliter le dialogue visant cette formation. Elle peut aider à créer des plateformes où des débats auront lieu. »

Et de poursuivre : «La Banque ne doit pas perdre de vue la fracturation de l’Afrique. Elle doit poursuivre son rôle visant à faire émerger le processus d’intégration régionale, grâce à la mobilité des hommes et des biens. Pour réaliser les objectifs de développement dans les prochaines décennies, l’institution doit également et surtout, continuer à être l’investisseur en chef dans le capital humain. »