Les dirigeants de la BAD participent aux Journées européennes de développement - « Développer un nouveau multilatéralisme »

17/11/2008
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Aux côtés de quatre dirigeants africains – les présidents Amadou Touré du Mali, Blaise Compaore du Burkina Faso, Marc Ravalomana de Madagascar et Thomas Yayi Boni du Bénin, le président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, a assisté à la 3e édition des « Journées européennes du développement », qui ont eu lieu du 15 au 17 novembre 2008, à Strasbourg, en France.

Prenant la parole durant l’événement dans le cadre d’un panel, M. Kaberuka a évoqué l’actuelle crise financière et ses impacts pour le continent africain. Il a attiré l’attention sur la nécessité de rétablir la confiance dans le système financier international et la réglementation, appelant au redressement du déficit de la gouvernance internationale.

Se référant aux propositions du Sommet du G20 à Washington, M. Kaberuka a souligné que tous les pays devraient être représentés aux échanges, ajoutant que la crise devrait affecter les pays pauvres et les pays riches ainsi que les marchés émergeants. Il a dit que la situation actuelle ne doit pas être vue comme une simple crise épisodique, car l’Afrique doit composer avec une crise énergétique, une crise alimentaire, la pauvreté et les changements climatiques.

Il préconise la mise en place d’un « nouveau multilatéralisme », devant fournir des réponses globales et cohérentes à ces enjeux correlés. Les changements à l’architecture financière internationale doivent être développés en tenant compte de cette réalité. Il a rappelé les conclusions à la rencontre des ministres africains et des gouverneurs de banque centrale, qui s’est tenue à Tunis le 12 novembre 2008, soulignant que l’Afrique doit prendre sa place et exprimer sa voix. La BAD est prête à jouer un rôle actif à cet égard.

Parlant dans le même panel, Yayi Boni, président du Bénin, et Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, ont aussi souligné l’importance d’entendre la voix de l’Afrique, affirmant que les décisions ne peuvent pas se prendre les portes closes pour être imposées aux pays plus démunis.

L’événement a attiré plus de 300 participants de tous les continents, incluant des représentants de diverses organisations internationales et associations, des ONGs, ainsi que du secteur privé. Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, et la dirigeante du « Green Belt Movement » et Prix Nobel 2004 de la paix, Wangari Maathai, étaient parmi les invités de marque.

Dans le cadre d’un blogue, M. Kaberuka a expliqué que « la réunion du G20 de ce week-end était un bon début. Cependant, la représentation de l’Afrique et ses principaux enjeux restent des questions non résolues. Il est essentiel, durant la phase préparatoire des prochaines rencontres internationales prévues pour régler la crise, de développer une entente commune pour une solution acceptable à tous». Il a expliqué que la planète ne vit pas qu’une crise financière, mais aussi une « crise économique (…) qui requiert une solution globale qui doit être trouvée de concert avec les pauvres et les moins pauvres, bref une solution inclusive. »

Les Journées européennes du développement font suite à la Conférence ministérielle sur la crise financière, organisée le 12 novembre 2008, à Tunis, par la Banque africaine de développement, la Commission de l’Union africaine et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. La rencontre de Tunis a permis à l’Afrique d’adopter une position commune sur la crise financière internationale et de faire connaître ses attentes et ses préoccupations à la réunion du G20 tenue le 15 novembre à Washington D.C.


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