Lancement du Projet de services de santé communautaires en Sierra Leone

31/01/2008
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Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a participé, le 30 janvier 2008 à Freetown, au lancement du Projet de renforcement des services communautaires, qui vise à améliorer l’accès à la qualité des soins de santé dans cinq districts du pays: Bonthe, Port Loko, Bo, Kenema et Tonkolili. Le projet va également renforcer les capacités institutionnelles du ministère de la santé et de l’assainissement.

Le projet coûtera 18,9 millions d’UC (unités de compte), équivalent à 86,3 milliards de Leones. Un prêt de 17 millions d’UC du Fonds africain de développement (FAD), équivalent à 77,6 milliards de Leones, aidera à financer le projet. Le gouvernement du pays, quant à lui, déboursera 1,9 million d’UC, équivalent à 8,6 milliards de Leones. L’exécution du projet sera assurée par le ministère de la Santé, avec le soutien du FNUAP. Le ministère sera responsable des travaux de réhabilitation des équipements, de la fourniture de produits pharmaceutiques de base et de l’assistance technique visant l’amélioration de la qualité des salles de maternité, et des équipements d’unités de soins de santé des cinq districts. Le projet permettra également d’accroître les capacités du personnel de santé dans des domaines essentiels tels que la reproduction, les soins obstétriques et le planning familial.

Le projet devrait améliorer les systèmes de santé et la qualité des soins dans les cinq districts, en particulier grâce à de meilleurs équipements, une disponibilité accrue des médicaments et des fournitures médicales, et une meilleure formation du personnel. En conséquence, l’utilisation des équipements de santé dans les districts concernés devrait augmenter, plus de naissances sont attendues gérées par un personnel médical mieux formé. Le taux de mortalité maternelle et infantile devrait être réduit.

S’adressant aux représentants de la BAD en Sierra Leone après le lancement du projet, les bénéficiaires ont déclaré être pleins d’espoir quant aux bénéfices du projet, vu l’état actuel de la santé maternelle et du taux de mortalité infantile dans le pays en général et dans les districts concernés en particulier. Ils se sont dits enthousiastes et optimistes quant aux buts et objectifs du projet, du fait que celui-ci permettra d’améliorer la qualité des soins de santé en faveur des résidents des districts et, par extension, l’état de santé général de la population.

Le Docteur Matt-Labbi, pour sa part, a parlé des problèmes auxquels font face les districts. Il a souligné le manque de personnel bien formé, notamment les médecins et les sages femmes. Selon lui, Port Lokko, un des districts bénéficiaires, ne dispose que d’une seule sage femme formée, une situation qui pénalise les populations. Il a déploré le manque d’équipements dans les hôpitaux, notamment pour les salles dédiées aux enfants qui, en général, sont en décrépitude et manquent de lits pour les accouchements, ainsi que le manque d’équipements sanitaires et de désinfectants. Port Lokko, a-t-il expliqué, compte une centaine de centres de maternité, mais les salles ne sont le plus souvent que de simples pièces qui se trouvent dans des résidences privées où la qualité des services ne peut être garantie.

La BAD  accompagne la Sierra Leone dans la reconstruction de son système de santé. Plusieurs années de guerre civile ont eu des impacts négatifs sur le secteur de la santé. La plupart des infrastructures se sont détériorées et le pays a des besoins urgents en personnel de qualité. Environ 75 % des équipements de soins de santé ou environ 415 unités, y compris 15 hôpitaux et 150 centres de première ligne, n’étaient plus fonctionnels à la fin de la guerre, soit en raison de la destruction des équipements, soit que les équipements et les fournitures médicales furent dévalisés ou encore que le personnel médical était  indisponible. Dans plusieurs régions du pays, l’approvisionnement en services sociaux a été proprement interrompu, notamment dans les zones rurales, suite à la destruction systématique et de grande envergure de l’infrastructure sociale du pays.

Pour aider à la reconstruction du système de santé du pays, la BAD a été impliquée dans plusieurs projets qui font une réelle différence dans le pays. La stratégie de la BAD est d’appuyer la restauration des services sociaux. Ceci implique la restauration et le renforcement de la fourniture de services médicaux à travers la réhabilitation des équipements existants et l’amélioration de la gestion des services de santé, ceci dans le but d’assurer la livraison de soins de santé de qualité à la majorité de la population. La stratégie tient compte de la situation socio-économique prévalant dans le pays. L’intervention de la BAD s’inscrit dans une vision qui tient compte des critères d’intervention de la BAD dans les pays post-conflit, une vision qui tient compte des leçons utiles apprises dans l’implantation de projets dans des pays qui sortent de conflits.

La réhabilitation des équipements de santé, comme celui du Jenner Wright Health Center, du Ross Road Health Center et le Kissy Health Center, témoignent de la détermination de la BAD à aider le pays dans ses efforts visant à reconstruire son système de santé. Les projets lancés dans ce secteur ont été en mesure de contribuer à l’objectif d’améliorer les normes de santé en Sierra Leone, sur les plans de la qualité et de la disponibilité des services. Ils ont aidé à renforcer la prestation des soins de santé en dépit des défis énormes liés à la fracture de l’économie et de services sociaux très mal en point. Les projets ont appuyé des politiques qui permettent de consolider la paix et de restaurer la fourniture de services de santé dans le cadre de l’implantation du Programme de restauration nationale du gouvernement. Il ont aussi favorisé la reconstitution de services sociaux de base et permis de restaurer la crédibilité du secteur de la santé, en appuyant des mécanismes permettant d’assurer la livraison de soins de qualité et un meilleur accès aux services, et ce de manière équitable, transparente et fondée sur l’imputabilité.