La BAD et ses partenaires s’engagent à promouvoir les infrastructures au Sommet des chefs d’Etat de l’Union Africaine

31/01/2011
Share |

Une importante initiative multipartite ouvre la voie à l'amélioration des infrastructures en Afrique. Officiellement lancé le 24 juillet 2010 à Kampala, en Ouganda, en marge du 15e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l'Union Africaine, le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA) est entré dans sa phase préparatoire.

En marge du 16e sommet de l’Union africaine, les 30 et 31 janvier 2011, les promoteurs de cette initiative de portée continentale, la Commission de l'Union africaine (CUA), la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence de planification et coordination du NEPAD (APCN), ont présenté les progrès réalisés jusqu'à présent.

Le PIDA vise à développer les réseaux et services prioritaires d’infrastructures régionales et continentales dans 4 secteurs clés : transport, énergie, TIC et eaux transfrontalières.
Il s'étend sur le court, le moyen et le long terme et jusqu'à l'année 2030.

En mettant l’accent sur le développement des infrastructures régionales, le PIDA vise à soutenir l’essor du commerce intra-africain ainsi que la compétitivité de l'Afrique dans une économie de plus en plus mondialisée.

Le PIDA rassemblera ou agrégera, dans un programme cohérent pour l'ensemble du continent, les diverses initiatives régionales et continentales sur les infrastructures, telles que le Plan d’action à court terme (PACT) du NEPAD, les plans directeurs de l'UA sur les infrastructures et les diverses initiatives au niveau des communautés économiques régionales (CER).

Ce programme sera fondé sur une vision commune pour le développement socio-économique du continent et conforme au cadre stratégique ainsi qu’aux objectifs des politiques sectorielles définis dans le cadre des études.

Le programme est en cours d'élaboration, au sein de consultations approfondies avec les parties prenantes, avec la participation des CER, des institutions spécialisées de l'UA et des partenaires au développement.

Il doit également comprendre une stratégie et des processus de mise en œuvre, avec un plan d'action prioritaire roulant sur l'horizon du PIDA.

Le PIDA sera le principal document de planification et de programmation de l’Afrique pour orienter le développement des infrastructures régionales et continentales sur le court terme, le moyen et le long terme.

L'initiative pilotera l'ensemble des interactions futures avec les partenaires au développement de l’Afrique prêts à soutenir ses infrastructures régionales et continentales.

Comment la BAD voit le PIDA

« Pour nous, Banque africaine de développement, l'initiative du PIDA est une entreprise très importante et essentielle qui allie, d'une part, une politique globale et coordonnée à un cadre stratégique et, d'autre part, un programme d'infrastructures régionales et continentales en Afrique, avec le consensus des intervenants et un partenariat mondial pour sa mise en œuvre», a déclaré Alex Rugamba, directeur du département de l'Intégration régionale.

La BAD est donc très favorable à l'initiative et est pleinement engagée à assurer son succès, comme le démontre son rôle comme agence d'exécution pour les études. À ce titre, la Banque est l'un des trois maîtres d’œuvre du programme.

« Nous croyons fermement que la mise en œuvre de ce programme permettra de renforcer l'intégration économique régionale pour le développement de l'Afrique », a ajouté Ralph Olaye, chef de division, NEPAD.

Le PIDA est conçu pour être mis en œuvre dans une stratégie plus large de développement en vue de promouvoir la diversification économique en supprimant les freins à la croissance inhérents aux marchés de petite taille, de réaliser des économies d'échelle, de renforcer les capacités productives des économies africaines, d'accroître le commerce entre les pays et régions d'Afrique, mais aussi de servir de tremplin pour la participation effective de l'Afrique à l'économie mondiale.

Le financement du PIDA

Les études du PIDA développeront les mécanismes de financement des projets prioritaires du PIDA. Toutefois, la BAD estime que ces projets pourraient être financés par un certain nombre de mécanismes différents.

Ces mécanismes comprennent les sources de financement traditionnelles, mais aussi des sources plus innovantes.

Entrent dans le cadre des sources traditionnelles de financement :

  • les ressources internes des budgets nationaux d'investissement ;
  • les financements publics venant des partenaires au développement : dons et prêts à taux bonifiés des agences multilatérales et bilatérales ;
  • les financements du secteur privé, par le biais des partenariats public-privé et des prises de participation, l’utilisation des prêts non souverains et consortiaux, les mécanismes de financements institutionnels ou de projets, les investissements directs, les investissements non directs sur la base de fonds d’actions et de quasi-fonds propres ;
  • les obligations et ressources des marchés des capitaux.
  • Pourraient entrer dans les sources novatrices :
  • les fonds souverains de pays ayant des excédents budgétaires ;
  • les capitaux provenant de sources alternatives, comme l'épargne du secteur privé et les fonds excédentaires ;
  • d’autres ressources endogènes - peut-être par le biais de nouvelles taxes (d’appui à l'intégration régionale).

Le rôle de la BAD dans le financement du PIDA

« Les investissements dans les infrastructures restent une priorité pour la BAD, et sont l'un des quatre piliers de sa stratégie de coopération avec ses pays membres régionaux», a souligné Bobby J. Pittman, vice-président, Infrastructure, intégration régionale et secteur privé.

Depuis sa création en 1967, environ 40 % des engagements de la BAD ont été consacrés aux infrastructures. Pour la seule année 2009, elle a engagé plus de 6 milliards de dollars EU dans les infrastructures, dont 700 millions de dollars pour l’appui aux infrastructures régionales. A la suite de l'augmentation de capital de 2010 et l’accroissement des allocations de ressources aux projets régionaux au titre du Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe, la BAD est en meilleure position pour augmenter ses financements de projets d'infrastructure, sur des prêts concessionnels comme non concessionnels.

«La Banque poursuivra donc son orientation stratégique d’appui au développement des infrastructures sur le continent, et particulièrement des infrastructures prioritaires régionales», a ajouté le VP Pittman.

Une fois le PIDA adopté et lancé, la Banque devra accorder la priorité de son soutien à la fois à la préparation des projets et aux investissements physiques pour les actions prioritaires contenues dans le programme.

Pour Ralph Olaye, «En interne, cette hiérarchisation doit être appliquée lors de la préparation du portefeuille de projets et de l'allocation des ressources à des projets en concurrence ».

La BAD doit utiliser ses instruments de financement existants et nouveaux, tels que :

  • Les guichets de la BAD et du FAD pour le financement du secteur public ;
  • les dons d’assistance technique tels que le Fonds de préparation des projets d'infrastructure du NEPAD, le Fonds d'aide au secteur privé africain (FAPA - pour le financement des études et services consultatifs), les fonds spéciaux pour les pays à revenu intermédiaire et les autres fonds fiduciaires bilatéraux logés à la Banque ;
  • Les options de financement du secteur privé ;
    • les financements publics pour les partenariats public-privé
    • les prêts, capitaux propres, instruments de risque (garanties et produits de couverture)
    • les fonds d’infrastructures/obligations
  • Les fonds climatiques pour les investissements énergétiques qualifiés, dont le Fonds vert africain, avec pour but d’appuyer en Afrique les investissements compatibles au climat.

En plus de l'utilisation des instruments de financement en interne, la BAD doit faire jouer son rôle de catalyseur pour mobiliser des financements supplémentaires auprès des partenaires bilatéraux et des autres partenaires multilatéraux, et promouvoir le financement des projets du PIDA par diverses instances internationales.

La Banque bâtira des partenariats mondiaux pour la mise en œuvre du PIDA, à travers le Consortium africain pour les infrastructures qui est logé à la Banque, et en s’adressant aux autres parties intéressées qui ont manifesté le désir de contribuer à combler le déficit infrastructurel de l'Afrique.

«La Banque est pleinement engagée à la réussite du PIDA, et elle consacrera ses ressources pour assurer le succès du programme. Le programme fera en sorte que les acteurs du secteur privé soient bien intégrés à l'élaboration et la mise en œuvre d’infrastructures capables de favoriser le développement de l'Afrique », a déclaré le VP Pittman.