Appel de la BAD et de ses partenaires aux entreprises pour combattre activement la corruption en Afrique

La Côte d’Ivoire adhère au Partenariat sur le financement illicite

28/10/2016
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La Côte d’Ivoire a adhéré au Partenariat sur le financement illicite. L’annonce en a été faite par Fiacre Adopo, conseiller du ministre du Budget, représentant le gouvernement ivoirien, lors de l’atelier organisé par la Banque africaine de développement (BAD) sur la lutte contre la corruption, le commerce illégal et d'autres formes de flux financiers.

La BAD a réitéré durant cet atelier de deux jours organisé à Abidjan l’importance capitale de tarir les canaux des flux financiers illicites (FFI) pour libérer le potentiel de développement du continent.

L'atelier a réuni environ 70 experts en intelligence financière et représentants des gouvernements, des organisations de la société civile, des organismes régionaux de lutte contre la corruption et du secteur privé. Les participants ont passé en revue les moyens novateurs pour combattre les flux financiers illicites en Afrique, dont l’ampleur représente une véritable saignée pour le continent.

Albéric Kacou, vice-président à la BAD, avait donné le ton en ouvrant les travaux de l’atelier : « Les flux financiers illicites sont un sujet de préoccupation majeure pour la BAD, car ils détournent les ressources des secteurs prioritaires tels que l'énergie et l’électricité, l'agriculture, les infrastructures, la santé, et l'éducation. »

L’atelier a permis à la BAD de recueillir les observations des participants pour affiner son Cadre stratégique et plan d'action pour la prévention des flux financiers illicites en Afrique (2016-2020), pour s’assurer qu’il répond avec pertinence aux priorités du continent dans la lutte contre les FFI.

Les participants ont également eu la primeur des résultats d’un rapport du Centre africain des ressources naturelles sur le commerce illicite dans le secteur des ressources naturelles (à paraître bientôt).

« Le commerce illicite des ressources naturelles de l'Afrique coûte des milliards de dollars au continent et prive les économies africaines de millions d'emplois chaque année. Il est particulièrement dommageable car il vole aux peuples africains les avantages qui sont censés découler de la gestion des ressources naturelles, et confisque en somme à des pays entiers leur richesse », a déclaré la directrice de l’ANRC Sheila Khama.

Dans le même ordre d’idée, les participants ont passé en revue une étude sur les flux financiers illicites en Afrique de l'Ouest, réalisée en partenariat avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA), le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et la Banque mondiale.

Le Libéria, le Sénégal et les États-Unis ont présenté leurs plans d'action nationaux pour la lutte contre les flux financiers illicites, mis au point par le Partenariat sur les finances illicite qui compte parmi ses membres la BAD, les États-Unis et de nombreux pays africains.

L’atelier a culminé avec le lancement officiel par la BAD et l’OCDE du Guide de conformité et de lutte contre la corruption pour les entreprises africaines. Ce guide pour les entreprises en Afrique informe et appuie leurs initiatives de lutte contre la corruption.

« La corruption accroit le coût de faire des affaires. Ceci fragilise les entreprises opérant dans des marchés de plus en plus compétitifs et globalisés de l'Afrique », a précisé Patrick Moulette, chef de la division Anticorruption de l’OCDE.

La participation du secteur privé dans la lutte contre la corruption est essentielle, enchérit Anna Bossman, directrice du département de l’Intégrité et de lutte contre la corruption de la BAD. « Les entreprises sont les pourvoyeuses de pots de vin et ont par conséquent un rôle important à jouer dans l'amélioration de l'intégrité et de la responsabilité des entreprises, tout en favorisant la croissance par le biais d'un environnement propice à attirer les investissements étrangers », a-t-elle estimé.

Pour en savoir plus sur le PFI : http://www.afdb.org/fr/topics-and-sectors/initiatives-partnerships/partnership-on-illicit-finance/