La BAD privilégie des partenariats avec des agences internationales pour soutenir la production agricole

10/05/2009
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Abou sabaa

La Banque africaine de développement (BAD) travaille en collaboration avec le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) pour fournir des engrais à des prix abordables aux agriculteurs en Afrique de l'Est, dans le cadre de mesures visant à stimuler la production agricole en Afrique.

C’est ce qu’a déclaré dimanche, 10 mai, à Dakar, M. Aly Abou-Saaba, directeur  du Département de l'agriculture et de l’agro-industrie de la BAD, lors du forum sur le thème "Les défis de la sécurité alimentaire en Afrique", en marge des Assemblées annuelles  2009 du Groupe de la BAD. Il a ajouté que le programme, visant à réduire les difficultés rencontrées par les agriculteurs à se procurer des engrais et autres intrants agricoles, serait étendu aux autres régions de l'Afrique.

M. Abou-Saba a en outre indiqué que l'intervention de la Banque dans les différents défis auxquels est confrontée l'agriculture en Afrique, notamment dans les domaines des infrastructures, se ferait en collaboration avec l'Union africaine (UA) et certains organismes internationaux tels que l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), et le FIDA, afin d'éviter la duplication des efforts et des ressources.

Selon lui, la BAD  s’emploie à réduire les pertes de récolte ainsi qu’à la fourniture de l'eau pour la production agricole en faveur des zones rurales où résident la plupart des petits exploitants agricoles. La Banque reconnaît aussi le rôle important du secteur privé dans la production agricole en Afrique et a assuré que le nouveau Fonds pour l'agriculture en Afrique  aurait pour effet de susciter davantage l'implication du secteur privé dans l'agriculture.

Pour sa part, M. Salifou Ousseini du FIDA a indiqué que la notion de fournir un appui aux petits exploitants agricoles a considérablement évolué et que c’était devenu un enjeu politique.

M. Salifou a aussi précisé que la mise en place d'un groupe de travail de haut niveau sur l'agriculture par le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a été la démonstration du niveau de préoccupation et d'intérêt  de l’organisation pour l'agriculture et la crise alimentaire.

Il a noté que les prix des denrées alimentaires restent élevés en Afrique et dans les autres pays en développement et que la force motrice de l'investisseur privé dans l'agriculture a été le prix élevé des denrées alimentaires et autres produits agricoles de base.

Selon lui, les investissements dans l'agriculture attirent des rendements énormes qui peuvent être quatre fois plus que tout investissement dans un autre secteur.

M. Salifou a noté le rôle que le secteur agricole peut jouer dans la réduction de la pauvreté en Afrique et a suggéré que les défis auxquels font face plus de 450 millions de petits exploitants agricoles en Afrique doivent être relevés pour accroître la croissance dans le secteur.

Il a  également souligné que certains défis nécessitent une urgente attention et de l'investissement. Il s’agit  notamment de l'inefficacité du système de commercialisation, les droits de propriété, l’accès limité au financement, la fragmentation des marchés nationaux et régionaux et  le manque d’expression des agriculteurs. En ce qui le concerne, M. Gilles Peltier, conseiller spécial du directeur-général de l'Agence française de développement (AFD), a déclaré dans son exposé que le nouveau Fonds pour l'agriculture en Afrique permettrait d'augmenter la participation du secteur privé dans l'agriculture.

M. Peltier a  également indiqué que le fonds va «renforcer la structure financière des entreprises privées et coopératives. Il va  conséquemment renforcer leurs programmes d'investissement pour moderniser et accroître et diversifier les produits », a t-il ajouté.

Il a  aussi noté que peu de fonds d'investissement avaient été entièrement consacrés au secteur agricole en Afrique et que la raison est que la rentabilité d’avant reste bien en deçà de la performance attendue et que la hausse des prix des denrées alimentaires est devenue avantageuse pour les investisseurs dans le secteur.

Il a également déclaré que la crise alimentaire a attiré plus de financement pour le secteur agricole par la communauté internationale et que l'énorme potentiel en Afrique pour la production agricole et l'exportation attire plus d'investisseurs institutionnels et privés vers le continent.

M. Peltier a,  par ailleurs, révélé que l'AFD va engager 200 millions d'euros pour l'investissement dans le développement agricole en Afrique et que les fonds seraient disponibles pour le décaissement en 2010.