La BAD jour un rôle clé dans la coordination de l’aide au Mali

03/11/2013
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La Banque africaine de développement (BAD) intervient au Mali depuis près de 40 ans et compte aujourd’hui un portefeuille actif de plus de 100 milliards de francs CFA. Lors de la conférence de Bruxelles pour le renouveau du Mali qui s’est tenue en mai 2013, elle s’est engagée pour un montant de 240 millions d’euros pour la période 2013-2014. D’ici à la fin de l’année 2013 elle aura engagé plus de la moitié de cette somme. 

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration de Paris, la BAD participe activement au processus de coordination de l'aide au Mali. Elle a été chef de file du Collectif des partenaires techniques et financiers (PTF) au Mali en 2011 et membre de la Troïka pour la période 2010-2012. 

La BAD est actuellement chef de file du Groupe « Economie/Finance ». Ce qui la place en première ligne pour le dialogue politique avec le gouvernement sur les questions relatives à la gestion macroéconomique, à l’amélioration de la gestion des finances publiques et en particulier à la Revue Budgétaire Conjointe qui constitue un temps fort pour les discussions sur les appuis budgétaires au Mali. 

La BAD est également co-chef de file du Groupe « Infrastructures » qui regroupe les sous-groupes énergie, transport, et développement urbain et chef du sous-groupe énergie.  Ce qui, compte tenu de la situation énergétique du Mali et de l’intérêt porté au secteur par les autorités maliennes et les PTFs lui octroie un rôle de premier ordre.  

La BAD est également un membre actif  du nouveau « Groupe Réhabilitation Zones post-conflit ».  Celui-ci a pour rôle essentiel l’harmonisation trans-sectorielle des interventions dans les zones post-conflit et la définition des orientations stratégiques et opérationnelles.  

Elle est également membre  du groupe économie agricole et rurale compte tenu de son positionnement comme le principal intervenant dans le secteur. Enfin, la BAD  est  chef de file du sous-groupe « Secteur privé » et s’implique dans la redynamisation du secteur privé comme moteur de croissance économique. 

Stratégie de la BAD et portefeuille

Dans un souci de réactivité et de souplesse, la BAD a adopté en 2013 une stratégie d’appui à la gestion de la transition dont les deux axes d’intervention sont les suivants : (i)  l’atténuation de l’impact de la crise et le renforcement de la résilience des populations les plus vulnérables et (ii) la consolidation des bases de la stabilité d’un État de droit, en vue de jeter les bases de la reprise économique.  

Bien que très limitée dans le temps, cette stratégie  s’aligne sur les politiques nationales de développement du Mali, en particulier le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP 2012-2017) et le Plan pour la relance durable du Mali (PRED 2013-2014). Elle a également restructuré son portefeuille afin de l’adapter aux changements socio-politiques et économiques et avoir un plus grand impact sur le développement du pays.

A ce jour, le portefeuille actif de la BAD au Mali comprend onze (11) opérations pour un montant total de 136,05 millions d'UC (102 milliards FCFA). Le portefeuille actif est reparti en cinq secteurs : i) quatre projets pour appuyer le développement rural ( 74.32 millions d’UC ou 54.6% du portefeuille), ii) deux projets dans le secteur de l'eau et l'assainissement (33.11 millions d’UC ou 24,2% du portefeuille), iii) deux projets dans le secteur social (15.65 millions d’UC ou 11,5% du portefeuille), iv) un projet dans le transport (12 millions d’UC ou 9% du portefeuille), et v) deux projets dans le secteur de l'énergie (0,96 millions d’UC ou 0,7% du portefeuille). 

Il est important de noter que certains projets de développement rural comportent des volets infrastructure et énergie, contribuant ainsi au désenclavement des zones rurales et à leur alimentation en électricité. Tel est le cas du programme Développement de l’Irrigation Bassin Bani et Selingué.

La BAD a par ailleurs approuvé quatre (4) autres opérations qui ne sont pas encore mises en vigueur à savoir :  

  • une ligne de crédit d'un montant de 4,8 millions d'Unité de compte (UC) (soit 3,6 milliards de francs CFA en prêt) accordée à la Banque Malienne de Solidarité (BMS),
  • le Programme d'urgence d'appui à la reprise économique (40 millions d'UC soit 30 milliards de francs CFA) dont le décaissement est en cours,
  • le projet d'appui à la gestion économique (10 millions d'UC soit 7,5 milliards de francs CFA exclusivement en dons) approuvé en juillet dont la signature est pendante, et
  • le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de la station de pompage de Kabala (50 millions d’UC, soit 37,3 milliards de francs CFA).  Ce projet a été approuvé en octobre 2013 (projet phare pour lequel la Banque est chef de file et qui regroupe près de 10 PTFs)

La BAD prévoit par ailleurs d’approuver le Projet de renforcement de la sécurité alimentaire par le développement des cultures irriguées (PRESA/DCI). Le PRESA/DCI permettra de consolider les acquis de ces opérations et d’accroitre la production et la productivité agricole au niveau de nouveaux sites.

Agriculture et sécurité alimentaire au Mali

La BAD est le principal bailleur de fonds du Mali dans le secteur agricole. Elle intervient dans le secteur depuis les années 1970, et a notamment financé une quarantaine de projets pour un montant global de 366,56 millions d’UC. Ces projets ont permis d’accroître la sécurité alimentaire, dynamiser l’économie locale, renforcer la résilience des populations et  sécuriser les productions agricoles face aux aléas climatiques. 

Actuellement le portefeuille de la BAD au Mali dans le secteur  est constitué de quatre (4) opérations dont deux projets multinationaux et deux projets nationaux. Deux projets sont dans le sous-secteur élevage et deux  dans le sous-secteur agriculture. Le montant total des engagements  dans le secteur agricole est de 74,32 millions d’UC, soit environ 55,75 milliards de F CFA. Le taux de croissance du secteur primaire s’est établi à 8,6% en 2012 contre -1,3% en 2011. Cette croissance a été tirée principalement par l’agriculture (13,9%). 

Les perspectives de collaboration dans le secteur portent sur les opérations ci-après :

  • Projet de renforcement de la sécurité alimentaire par le développement des cultures irriguées (PRESA-DCI), 
  • Programme de renforcement de la résilience à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS),
  • Proposition GAFSP : la proposition du Mali au fonds  Global Agriculture and Food Security Program (GAFSP) – Programme pour l’agriculture et la sécurité alimentaire -  formulée avec l’appui de la BAD a été acceptée par le comité de pilotage du GAFSP en sa session de septembre 2013.  

Ainsi le GAFSP a octroyé au Mali un don de 37,21 millions de Dollars des EU pour la réalisation d’un projet de renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnel. Des perspectives en phase d’identification concernent  l’appui à la relance du secteur agricole des régions Nord du Mali -  avec comme toile de fond le projet de développement rural du cercle de Douentza dont les études ont été financées par la BAD -  et l’appui aux infrastructures d’élevage et de pêche.

Le secteur primaire enregistrerait un taux de croissance de 5,3% en 2013 contre 5,8% en 2012. La croissance dans ce secteur  restera soutenue principalement par la production du riz et du coton en 2013. Les branches riz et coton devraient continuer à bénéficier du soutien des pouvoirs publics à travers la poursuite de la politique de subvention aux intrants, des aménagements et le renforcement de la mécanisation du secteur agricole.