Forte de ses bonnes performances en 2012, la BAD lance sa nouvelle stratégie, axée sur « une croissance inclusive »

29/05/2013
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La Banque africaine de développement (BAD) a présenté de très bons résultats financiers pour 2012, mercredi 29 mai à Marrakech, dans le cadre de ses Assemblées annuelles, et annoncé la mise en place d’une nouvelle stratégie tournée vers une « croissance inclusive ».

Au cours de la présentation des résultats, qui a rassemblé plus d’un millier de personnes, le trésorier de la BAD, Pierre Van Peteghem, a précisé que l’institution « est notée AAA avec perspectives stables, par toutes les agences de notation ». Un résultat dû, selon lui, à « la valeur élevée de la capitalisation de la banque, et à une gestion financière marquée du sceau de la prudence mais pas de la défiance. À la fin 2012, les fonds propres de la Banque s’élevaient à 8,2 milliards de dollars ».

Quelques chiffres soulignent la bonne santé financière de l’institution, fondée au début des années soixante : le ratio d’endettement était de 50 % fin 2012 (contre 86 % en 2009), 95 % des liquidités figuraient à la même période sur des placements notés AA ou mieux ; enfin, 339 millions de dollars étaient disponibles pour affectation (réserve, initiative de développement, compte d’excédent), a précisé M. Van Peteghem.

Ces bons résultats, couplés à une forte croissance économique du continent africains – 6,6 %, un taux équivalent à celui de l’Asie, et bien supérieur à celui de l’Union européenne (0,6 % en 2012) – permettent à la BAD de mettre en œuvre une nouvelle stratégie de développement.

Selon le trésorier de la Banque, cette stratégie a deux objectifs à même de concrétiser la transformation structurelle de l’Afrique : « une croissance inclusive et le financement de la croissance verte ».

Atteindre ces objectifs passe par cinq priorités opérationnelles participant du développement de l’Afrique sur le long terme : le développement des infrastructures, l’intégration régionale, le développement du secteur privé, une meilleure transparence couplée à la bonne gouvernance, l’appui à la formation et aux technologies.

Selon les chiffres publiés dans le rapport annuel 2012, la BAD, consacre 49 % de son budget d’investissement à des projets d’infrastructures (énergie, eau et transport), soit un total de 2,7 milliards de dollars EU en 2012.

C’est ainsi qu’a pu être financé et construit le corridor routier Bamako-Dakar (quatre voies bitumées, gain de de 200 km sur le trajet initial, des milliers d’emplois créés), a indiqué Pierre Van Peteghem, ainsi que le projet solaire de production électrique de Ouarzazate au Maroc (à terme 500 KW), ou les 1 000 km de lignes à haute tension entre l’Ethiopie et le Kenya qui permettront de raccorder 1,4 million de personnes à l’électricité et d’entraîner une baisse des émission de CO2 estimée à 7 millions de tonnes par an.

Pour pérenniser ces bons résultats, la Banque veut également faire preuve d’innovation en termes de recherche de nouveaux financements, notamment par l’émission d’obligations sur les marchés financiers internationaux (30 % en Asie, 19 % en Afrique, 14 % en Europe, et 20 % au Proche Orient) et nationaux.

Dans la même veine, la BAD propose la création d’un « Fonds 50 Afrique », c’est-à-dire, selon M. Van Peteghem, « une capacité spécifique pour attirer de nouveaux capitaux (…), qui sera complémentaire de la BAD ».

Avec ce fonds, la Banque se donnera les moyens de structuration des projets de développement, pour qu’ils puissent bénéficier notamment des nouveaux fonds souverains et internationaux.

S’agissant de décentralisation et de la représentation de la Banque, un calendrier doit être établi pour le retour du personnel de la BAD à Abidjan, et quatre nouveaux bureaux de la Banque doivent être ouverts en 2013 au Congo, au Bénin, en Guinée équatoriale et en Mauritanie.