Le président de la BAD salue l’importance que prête le G8 à plus de transparence en matière de fiscalité

17/06/2013
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Le 17 juin 2013, Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD), a félicité le G8 pour la grande attention qu’il porte aux enjeux liés à la mobilisation des ressources moyennant plus de transparence en matière de fiscalité appliquée aux ressources naturelles de l'Afrique.

S’exprimant alors que les dirigeants du G8 entamaient leur sommet au Royaume-Uni, Donald Kaberuka a exhorté la communauté internationale à promouvoir la transparence, à lutter contre l'évasion fiscale et à veiller à un meilleur équilibre des contrats dans le secteur des ressources naturelles. Il a fait observer que les transactions dans le secteur sont très opaques.

« C'est ainsi seulement, que nos pays pourront trouver les ressources financières nécessaires au financement des infrastructures et des circuits commerciaux qui, jusqu'à présent, restent fortement tributaires des financements des bailleurs de fonds », a déclaré le président de la BAD.

« La Banque africaine de développement est très en retard sur ce programme. C’est la raison pour laquelle nous avons créé la Facilité africaine de soutien juridique, un mécanisme d'assistance juridique et technique pour aider les pays à faible revenu à faire face au problème croissant des contentieux qu’engendrent les activités des fonds vautours. Nous avons également mis en place un organe de conseil technique pour aider les pays membres régionaux à négocier les contrats d'extraction des ressources, et pour créer un environnement approprié et propice dans le secteur des ressources extractives, doté d’un cadre juridique et réglementaire moderne. »

« La facilité africaine de soutien juridique a contribué à aider un certain nombre de pays à négocier des contrats complexes, à dégrouper d’autres contrats, pour que les pays concernés obtiennent leur dû, les investisseurs le rendement qu'ils recherchent, et que tout le monde soit gagnant.»
Donald Kaberuka a néanmoins reconnu que la gouvernance interne du secteur des ressources naturelles en Afrique exige également des améliorations. Il a aussi mentionné l'importance du commerce en tant que moteur de lutte contre la pauvreté.

Il a indiqué que l'Afrique veut s’extraire de la pauvreté. À cet effet, un changement de paradigme s’impose dans sa relation avec le G8, au moment où les fonds d’aide en direction du continent ont chuté de 20 % – la première baisse en une décennie.

« À travers le monde et à travers les époques, les nations ont prospéré grâce au commerce et à l'investissement. Cela s'applique même à celles qui sont riches en richesses naturelles », a déclaré M. Kaberuka. « L'Afrique cherche elle aussi sa voie de sortie de la  pauvreté grâce au commerce. »

Et d’ajouter : « Mais l'Afrique doit faire face à la question du coût et des risques des transactions, ainsi qu’aux défis de morcellement des petits marchés. Ces coûts et ces risques sont extrêmement élevés. Certains pays sont mieux nantis en termes de ressources naturelles. C’est un atout qui peut être utile, à conditions que ces ressources soient gérées à bon escient et investies dans la création de richesses. »

Kaberuka a fait observer que la BAD a engagé près de 2 milliards de dollars EU par an en faveur de l'intégration économique, concentrant ses interventions sur le soutien aux communautés économiques régionales ; sur les infrastructures d’appui au commerce, de transports et de liaisons par fibre optique ; sur la facilitation du commerce et des infrastructures immatérielles ; sur les pools énergétiques ; sur le  développement des corridors de transport ; sur la gestion des cours d'eau partagés.