Co-président de la 22e Conférence de Montréal, le président de la BAD amène l’Afrique aux Amériques

17/06/2016
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Pendant trois jours cette semaine, le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a présenté l’Afrique aux Amériques, et la BAD au Canada,  alors qu’il co-présidait le 22e Forum économique international des Amériques ‑ Conférence de Montréal, qui s’est conclu jeudi 16 juin 2016.

Il s’agit de la première visite officielle du président de la BAD au Canada depuis sa prise de fonction, le 1er septembre 2015, et les discours enflammés qu’il y a prononcés ont porté sur un large éventail de sujets : l’immense potentiel de l’Afrique dans les énergies renouvelables, encore largement inexploité ; le changement climatique et la fragilité; l’autonomisation financière des femmes ; l’emploi des jeunes ; et la crise migratoire en Europe. Il a également remercié le Canada pour son soutien continu à la Banque et au Fonds africain de développement, qui contribue à la réduction de la pauvreté et au développement économique dans les pays les plus défavorisés.

Akinwumi Adesina a endossé son rôle de coprésident de la conférence dès mardi soir, au dîner du président, au Club Mont-Royal, où il s’est adressé à quelque 100 dirigeants d’entreprise, et l’a assumé jusqu’au cocktail VIP organisé par le gouvernement de l’Ontario, après avoir prononcé trois allocutions officielles en quelque 24 heures.

En marge de la conférence, M. Adesina a tenu des réunions bilatérales avec le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard et Christine St-Pierre, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, et avec Jean Lebel, président du Centre de recherches pour le développement international à Ottawa.

Aux côtés de M. Couillard, M. Adesina a présenté le Top 5 (les cinq grandes priorités) de la Banque, à savoir  Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, Nourrir l’Afrique, Industrialiser l’Afrique, Intégrer l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique . Il a également appelé à une coopération et à un investissement accrus en Afrique, en particulier dans les domaines de l’énergie et de l'agroalimentaire.

Mercredi matin, M. Adesina était l'invité d’honneur d’un petit-déjeuner VIP dans les bureaux de Dentons, un cabinet d’avocats international de Montréal. Ce fut l’occasion d’un dialogue animé avec l’ancien Premier ministre Jean Chrétien sur l’engagement du Canada en Afrique. Tous deux ont appelé à davantage d’investissements des secteurs public et privé sur le continent.

Lors d’un déjeuner à la Banque Royale du Canada, Michel Fortier, vice-président de RBC Capital Markets, a demandé à M. Adesina son point de vue sur la crise des migrants et la menace du terrorisme qui pèse sur le continent.

« Personne ne veut être pauvre », a répondu M. Adesina, qui a déploré le nombre de jeunes Africains qui risquent ‑ et perdent ‑ leur vie pour une vie meilleure en Europe. « Si vous observez la convergence de plusieurs facteurs ‑ dégradation de l’environnement, niveaux élevés de chômage et de pauvreté ‑ très honnêtement, l’oisiveté fait le jeu du diable. Il est donc très facile pour les terroristes de se déplacer dans les zones rurales en Afrique, qui sont devenues des zones de misère, car elles ont été vidées de leur potentiel économique. Si vous faites un recensement géographique et que vous regardez où les terroristes recrutent, vous voyez que c’est là où il y a une dégradation de l’environnement et infiniment de pauvreté ». Afin de réduire les risques de migration ou de terrorisme, il est impératif de transformer ces zones en espaces de prospérité économique, a-t-il ajouté. Ce qui explique la raison pour laquelle la Banque africaine de développement a lancé l’initiative pour l’Emploi des jeunes en Afrique (JfYA) – visant à faire en sorte que les jeunes Africains restent chez eux et à créer 25 millions d’emplois et former 32 millions de jeunes dans les 10 ans.

Il s’est dégagé un consensus clair selon lequel M. Adesina, la Banque et l’Afrique ont joué un rôle de premier plan dans la conférence sur les Amériques, rapprochant davantage le Canada et l’Afrique.

Le président de la Banque a félicité Marie-France Lalonde, la nouvelle ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs et ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, pour sa nomination à peine deux jours plus tôt.

« Il y a quelque chose de tout à fait exceptionnel à propos de ce forum », a déclaré M. Adesina en le décrivant comme une version plus intime du Forum économique mondial à Kigali, au Cap ou à Davos. « J’ai trouvé que ces discussions étaient vraiment passionnantes. »

« Alors que nous parlons de la prospérité en Afrique, n’oublions pas que les femmes restent le sujet le plus important. Nous devons les aider davantage. À la Banque africaine de développement, nous avons décidé qu’il était nécessaire d’autonomiser les femmes. Il y a trois semaines, nous avons lancé une initiative majeure – que nous avons appelée Discrimination positive en matière de financement pour les femmes d'Afrique ‑ qui est un effort audacieux, avec l’objectif de mobiliser 3 milliards de dollars EU destinés spécifiquement aux entreprises dirigées par des femmes en Afrique. Ceci pour une bonne raison : 97 % des femmes remboursent leurs prêts, et si les 3 % restants n’ont pas remboursé, c’est parce que leurs maris leur ont barré la route ».