Accordons un intérêt accru à l'impact de la flambée des prix sur les économies africaines, exhorte le président de la Bad, Donald Kaberuka

25/09/2005
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Accordons un intérêt accru à l'impact de la flambée des prix sur les économies africaines, exhorte le président de la Bad, Donald Kaberuka

Washington, le 25 septembre 2005 - Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, a exhorté la communauté du financement du développement à faire plus de cas de l'impact, sur les économies africaines, de la flambée du prix du pétrole qui, a-t-il expliqué, menace de remettre en cause les progrès déjà réalisés.

Au cours d'une conférence de presse à Washington - où il participe aux réunions générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale -, il a estimé que si rien n'était fait pour aider à court terme les pays de la région, certains d'entre eux verraient leur capacité à faire des progrès pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire (ODM) sérieusement compromise.

M. Kaberuka a insisté sur la nécessité d'aider ces pays à faire face aux effets à court terme de la hausse des prix. Il a exprimé à cet égard sou souhait que la Bad, le FMI et la Banque mondiale œuvrent, avec les autres bailleurs de fonds, pour accélérer la mise au point de facilités qui les aideraient à résister au choc en même temps qu'ils se préparent à la nouvelle tendance à long terme du marché, les prix devant selon toute vraisemblance se maintenir au-delà de leur niveau de 2005. 

Passant en revue l'actualité africaine récente, le président de la Bad a estimé que la région connaissait une heure pleine d'opportunités. «Il y a des nouvelles encourageantes qui viennent d'Afrique, et la communauté internationale a exprimé des engagements qui devraient maintenant se traduire dans la réalité», a-t-il déclaré à son audience, en appelant la communauté internationale tout comme les gouvernements africains à faire valoir leur pacte de responsabilité mutuelle. Mais cela, a-t-il averti, ne pourra se réaliser qu'à trois conditions: que la communauté internationale respecte ses engagements de Gleneagles et de la Commission pour l'Afrique, que le round de Hong Kong sur les accords commerciaux de Doha fonctionne à présent, et que les gouvernements africains continuent à faire des progrès dans les domaines de la gouvernance, de la gestion économique et du renforcement des capacités.

Répondant à une question sur la siatuation de l'infrastructure en Afrique, M. Kaberuka a annoncé le lancement imminent d'un Consortium africain pour l'infrastructure qui, a-t-il déclaré, devrait être entièrement opérationnel dans les prochains mois. Il a également indiqué que la Bad jouerait dans les années à venir un plus grand rôle dans le domaine de l'infrastructure. 

Le président de la Banque avait estimé, à l'issue d'un entretien qu'il avait précédemment eu avec le secrétaire d'Etat au Trésor John Snow, que les institutions internationales gagneraient à revoir leurs agendas de développement pour identifier les domaines où leurs actions se chavauchent et pour rechercher une plus grande complémentarité dans leur travail. «Il est important, a-t-il déclaré, de savoir qui fait quoi et qui devrait faire quoi en matière de réduction de la pauvreté, d'analyse macroéconomique, de surveillance financière, d'infrastructure, etc.»

Il a annoncé que la Bad s'attèlerait très rapidement à déterminer quels sont ses avantages comparatifs pour améliorer davantage ses performances.

Les deux hommes se sont également entretenus de l'importance d'un plus grand rôle de la Bad dans la région et des réformes qui étaient nécessaires pour accroître son efficacité, combattre la corruption dans les opérations financées par la banque, s'ouvrir davantage au secteur privé et prêter assistance aux PME, et  aider les pays africains à mettre en place un environnement favorable aux affaires.

Contact: Eric Chinje - e.chinje@afdb.org ou au +216.2220.1376 (à Washington) ou Felix Njoku - f.njoku@afdb.org ou au +216.7110.2612 (in Tunis)