COP21 : Le virtuel et la technologie au service du projet de “Grande Muraille verte”

01/12/2015
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Le jour de l’ouverture de la COP21 à Paris, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a été des premiers à visionner le film virtuel sur la « Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel », un projet de l’Union africaine qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest, et destiné à lutter contre la désertification et la dégradation des sols. L’objectif est de reboiser une bande de 15 km de large de Djibouti jusqu’à Dakar.

Un stand dédié au projet se dresse, bien visible, au coin du Pavillon Afrique. Tout le monde peut y venir et se coiffer du casque futuriste que l’on vous tend pour visionner le film. L’expérience est bluffante : d’un coup, vous voilà projeté au cœur du Sahel, avec une vision à 360°. Vous pouvez tourner ou pencher la tête, lever ou baisser les yeux, tout est à portée de vue, comme si vous y étiez « pour de vrai ». Dans les écouteurs, la voix de Binta, 8 ans, raconte comment son grand père l’a initiée au projet de muraille verte. Les nombreux arbres plantés à la lisière de leur village, au nord du Sénégal, menacé par la désertification, ont d’ailleurs son âge. Tous ont été plantés par les villageois des environs, soucieux de faire barrage par eux-mêmes au désert qui menace leurs moyens de subsistance et leur cadre de vie.

Se prêtant au jeu dès le premier jour de la COP21 en venant visiter le Pavillon Afrique, le président Adesina a apprécié l’expérience: « La technologie est plutôt innovante, on peut non seulement entendre ce qui se passe sur le terrain, dans d’autres pays, mais aussi le vivre vraiment en regardant ce film virtuel ».

« Ce n’est qu’un projet parmi d’autres et nous avons hâte de produire d’autres films à la diffusion et au rayonnement plus larges », a précisé Abdoulaye Dia, secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la “Grande Muraille verte”.

Le président Adesina a tenu à saluer la qualité du film et sa dimension innovante : « Nous sommes témoins des réalités du changement climatique et prêts à soutenir des approches novatrices qui aideront les communautés, en Afrique, à mieux faire face à ces défis », a-t-il dit au coordonnateur du projet de “Grande Muraille verte”.

Intitulée « L’initiative de Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel », une conférence sur le projet est d’ailleurs au menu du Pavillon Afrique, le mercredi 2 décembre (voir le programme en détails ici). Le président de la BAD y participera, ainsi que d’autres décideurs et personnalités de haut rang du continent, à l’instar de la Commissaire de l'Union africaine chargée de l'Agriculture et de l'Economie rurale, Tumusiime Rhoda Peace, ainsi que – entres autres éminent participants – le ministre mauritanien de l'Environnement et du Développement durable Amedy Camara, le ministre éthiopien de l’Environnement, du Développement des forêts et du Changement climatique Shiferaw Teklemariam, la ministre nigériane de l’environnement Amina Mohamed, et le ministre ghanéen de l’Environnement, de la Science, de la Technologie et de l’Innovation Mahama Ayariga,  qui co-présidera la table-ronde avec Akinwumi Adesina.

Présent pour accueillir le président de la BAD, Adam Vahed, directeur général de la société britannique qui a conçu le film, a indiqué qu’ils avaient collaboré avec un opérateur de téléphonie mobile pour le mettre au point. Six caméras spéciales ont été nécessaires pour filmer et restituer les différents angles et profondeurs de champ. Toutes les images filmées ont ensuite été traitées par logiciel et assemblées pour produire ce film d’une durée de quatre minutes.

« Le film plonge le spectateur dans la réalité de terrain, pour mieux mesurer et évaluer l’impact du changement climatique sur les communautés vulnérables, tout en montrant les différents efforts déployés en matière d’adaptation », a expliqué Adam Vahed.

Venu faire un tour du Pavillon Afrique, Macky Sall, président du Sénégal – où la “Grande muraille verte” a déjà commencé d’essaimer, comme le démontre le film en images – a déclaré : « Les choses sérieuses ont vraiment commencé à Paris avec la présence massive de chefs d’État et de délégations. Mais, quel que soit l’accord qui sera trouvé, il doit être suffisamment ambitieux et faire clairement preuve de solidarité envers les victimes du changement climatique, surtout en Afrique ».

La Conférence sur le climat s’est ouverte à Paris, suscitant l’espoir de mettre en œuvre un programme ambitieux, et de parvenir à un accord mondial sur le climat plus ambitieux encore.