Investir dans les infrastructures et les compétences en Afrique est une nécessité, selon Donald Kaberuka

31/05/2013
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Lors des Assemblées annuelles de la BAD à Marrakech, au Maroc, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a plaidé auprès des participants pour davantage d’investissements dans les infrastructures et les compétences, nécessaires pour transformer les économies du continent.

Les pays africains ont connu une croissance soutenue, malgré la crise financière mondiale, de l’ordre de 6,6 % en moyenne. Dans son allocution en ouverture des Assemblées annuelles, le 30 mai 2013, Donald Kaberuka a souligné que, tandis que le continent se repositionnait dans un nouveau contexte économique mondial, les marchés émergents étaient ceux-là même qui donnent l’impulsion nécessaire à une économie mondiale atone. Et d’ajouter : « le monde a besoin de l’Afrique, comme l’Afrique a besoin du monde. »

L’Afrique a doublé son PIB au cours de la dernière décennie. Toutefois, comme l’a souligné Donald Kaberuka, tandis que le volume et la valeur des ressources naturelles du continent avaient augmenté, la structure des économies était restée la même, entraînant un déficit d'opportunités de travail pour une population grandissante. Pour souligner le manque de production à valeur ajoutée sur le continent, le président de la BAD a cité l’exemple de l’utilisation des téléphones portables en Afrique, devançant rapidement l’Europe ou les États-Unis, alors qu'aucun des composants des téléphones n'est fabriqué sur le continent africain.

« Nous avons des entrepreneurs et des artistes créatifs qui déploient leurs talents, mais aussi des jeunes au chômage, désespérés, bien formés, mais qui n'ont guère de chances de trouver un emploi décent », a déclaré Kaberuka, soulignant l’énorme déficit en infrastructures et compétences en Afrique.

Les Assemblées annuelles 2013 de la BAD mettent l’accent sur la nécessité d’une transformation structurelle de l'Afrique. Les participants y débattent de la nécessité de réglementer et d’optimiser les gains issus de ses industries extractives ; de créer une valeur ajoutée pour faire de l’Afrique un leader mondial dans l'agriculture et l’industrie ; d’accélérer l'intégration régionale en investissant dans les infrastructures ; de garantir une croissance inclusive qui profite à tous les Africains ; d'investir dans le capital humain ; et de faire en sorte que l'urbanisation de l’Afrique soit un moteur du développement économique.

Le président de la BAD a remercié le personnel de l’institution, pour la capacité d’endurance et la résilience de la BAD dans cette conjoncture économique mondiale difficile, et a assuré  que les perspectives financières de la Banque restaient bonnes.