Le président de la BAD en visite au Congo : « La BAD croit fermement aux projets régionaux »

27/02/2014
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C’est par le Congo, que Donald Kaberuka, président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), a entamé sa visite de travail en Afrique centrale, les 24 au 25 février 2014. Prévue sur quatre jours, celle-ci s’achèvera à Libreville, au Gabon, le 27 février.

Lors de son audience avec le président de la république du Congo, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, Donald Kaberuka a pu apprécier les récentes performances du pays sur le plan économique, notamment le taux d’investissements, qui figure parmi les plus élevés du continent.

Outre le chef d’Etat, le président de la BAD a tenu à rencontrer les membres du gouvernement qui sont au cœur du redressement économique du Congo : les ministres chargés, respectivement, du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé, des Transports, des Mines, de l’Economie forestière, de l’Energie, des PME, des Affaires sociales, des Zones économiques spéciales, de l’Enseignement technique et du Plan et de l’Intégration. L’occasion de passer en revue, les uns après les autres, les différents projets du portefeuille de la BAD dans le pays, les perspectives sectorielles, et d’exposer la stratégie de la Banque au Congo.

« L’Afrique centrale doit rattraper son retard eu égard à l’intégration régionale », a souligné Donald Kaberuka. Et d’ajouter, à l’adresse des  membres du gouvernement congolais : « La Banque croit fermement aux projets régionaux. Les infrastructures routières et fluviales doivent donc être développées au Congo pour renforcer les échanges avec les pays voisins et permettre l’émergence d’un marché viable et la diversification économique que nous souhaitons tous ». Encore faut-il – et le président de la BAD l’a répété à plusieurs reprises au cours de ses interventions – s’assurer de l’efficience des investissements.  

L’Afrique centrale doit faire face à de nombreux défis – à l’instar du reste du continent. Au cours de cette visite à Brazzaville, l’accent a été mis sur l’intégration régionale et le développement des infrastructures. Donald Kaberuka s’est fait fort de présenter le Fonds Afrique50, une nouvelle structure financière à caractère commercial proposée et conçue par la BAD, et inspirée des succès que la Banque a récemment enregistrés en matière d’infrastructures. La création de ce fonds fait suite à l’appel qu’avaient lancé les chefs d’Etat africains en 2012 : dans leur déclaration du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), ceux-ci avaient invité à des solutions innovantes à même de faciliter et d’accélérer la réalisation d’infrastructures et, partant, l’intégration régionale.

Pour ce faire, le Fonds Afrique50 entend mobiliser des financements tant publics que privés, et ainsi créer une nouvelle plateforme pour la croissance africaine. Il cible trois grands groupes d’investisseurs : les pays africains d’une part, la BAD et les institutions paires qui financent le développement d’autre part, ainsi que les investisseurs institutionnels.

C’est d’ailleurs dans le cadre du PIDA que la BAD a octroyé, en décembre 2013, un prêt de 152,3 millions de dollars EU, pour financer la première phase du projet routier Ndende-Dolisie, entre le Gabon et le Congo, qui consiste à aménager et bitumer les chaînons manquants du corridor Libreville-Brazzaville. Ce corridor induit d’aménager 274 km de route principale, dont 144 km seront bitumés.

La BAD intervient également dans le projet de construction de pont route-rail sur le fleuve Congo, reliant les capitales respectives de la République du Congo à la République démocratique du Congo (RDC), Brazzaville et Kinshasa, distantes de 4 km. Une telle structure permettrait de relier Kinshasa au port en eau profonde de Pointe-Noire via une seule ligne ferroviaire.

La BAD intervient au Congo dans de nombreux domaines : infrastructures, agriculture, eau, assainissement et énergie.