Une bonne alimentation profite à la croissance économique, selon le président de la BAD

18/11/2015
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« Une meilleure alimentation entraîne de meilleures performances économiques », a  déclaré le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, qui s’exprimait, mercredi  18 novembre à Accra, lors d’une rencontre sur les différents moyens d’éliminer la malnutrition en modifiant les  systèmes agricoles et alimentaires.  Selon lui, il est inacceptable que la malnutrition stagne depuis des décennies à des niveaux aussi élevés en Afrique.

A l’appui de son propos, Il a cité en exemple des statistiques indiquant que 58 millions d’enfants de moins de 5 ans sont trop petits pour leur âge (en retard de croissance) ; qu’environ 14 millions ont un poids trop faible par rapport à leur taille (malnutris), tandis que 10 millions sont en surpoids. « Voilà des chiffres inquiétants », at-il  souligné.

Le président Adesina s’exprimait lors d’une allocution liminaire devant les participants d’une table ronde de haut niveau sur les liens entre agriculture, systèmes alimentaires et nutrition organisée par le Gobal Panel, un groupe indépendant d’experts influents qui s’intéressent aux défis mondiaux en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. 

Il a suggéré d’envisager la nutrition du point de vue économique. « Une alimentation insuffisante mène à des économies peu performantes. L’UNICEF a estimé à 25 milliards de dollars EU le coût annuel de la sous-nutrition en Afrique subsaharienne. L’Afrique et l’Asie perdent 11 % de leur PNB chaque année en raison d’une alimentation insuffisante. Nous en avons la preuve: une meilleure alimentation entraîne de meilleures performances économiques », a t-il indiqué. 

Entre autres suggestions, le président de la BAD considère nécessaire de créer davantage de demande pour des cultures bio-fortifiées dans le cadre des programmes nationaux de nutrition. En outre, il faut selon lui lancer des initiatives de  fortification des aliments à grande échelle dans les systèmes alimentaires et mobiliser les plateformes agricoles pour promouvoir les innovations, telles que les micronutriments en poudre. « Cela accélérera la réduction de l’anémie et des autres formes de malnutrition parmi les femmes et les enfants dans les économies africaines dépendant de l’agriculture », a t-il précisé. 

Il considère également que le secteur privé doit jouer un rôle central,  et qu’il est nécessaire de l’aider à exploiter les ressources alimentaires de l’Afrique pour répondre aux besoins nutritionnels du continent. De même, le président de la BAD a insisté sur le rôle essentiel joué par les femmes dans ce domaine. Selon lui, il faut veiller à ce que les femmes exploitantes agricoles bénéficient de manière substantielle des nouveaux efforts de développement de l’agriculture. Elles représentent une part significative de la population agricole mais continuent de faire face à des difficultés en termes d’accès aux titres fonciers, aux technologies peu intensives en main d’œuvre et au crédit. 

« Les pays doivent renforcer leur responsabilité face à la malnutrition, au moment où le monde se fixe des objectifs de développement durable. Mettons fin au fléau de la malnutrition. Nous en avons la capacité, et les preuves accablantes sont là: nous devons agir – et maintenant », a conclu le président Adesina.

John Kufuor, ancien président du Ghana et co-président du Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition, était présent à cette réunion.

Le président de la BAD a été reçu par le vice-président du Ghana, Kwesi Amissah-Arthur, qui a brièvement présenté les réformes économiques engagées par le Ghana, en particulier dans le domaine fiscal. Pour sa part, le président de la BAD a réaffirmé au vice-président que la Banque se tenait prête à fournir l’aide nécessaire au gouvernement du Ghana pour le soutenir dans ses efforts de développement.