Le président de la BAD invite les jeunes professionnels à l’audace et à la créativité

02/03/2012
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Le président de la BAD, Donald Kaberuka, s’est entretenu cette semaine avec une soixantaine de jeunes professionnels de la Banque. Leur rôle dans le cadre des activités générales, la vision et la stratégie de l’institution étaient au cœur des débats.

Il leur a demandé d’être plus confiants, plus audacieux et plus créatifs. « Nous commettons tous des erreurs, mais la plus grave, c’est de ne rien faire », a-t-il fait observer.

La rencontre a été principalement consacrée à la stratégie à long terme de la BAD pour la période 2013-2022, actuellement en cours d’élaboration à travers de larges consultations avec les parties concernées, à l’intérieur et en dehors de la Banque.

Les autres questions abordées concernaient la croissance, le changement climatique, l’intégration régionale et les améliorations qui peuvent être introduites dans le programme Jeunes professionnels (JP). A cette fin, M. Kaberuka a encouragé les jeunes professionnels à offrir leur contribution au département de la gestion des ressources humaines sur les possibilités d’amélioration. Les processus internes de la Banque, le cycle des projets et le dialogue avec les pays membres ont également été passés en revue.

M. Kaberuka a souligné que le programme Jeunes professionnels se rapproche beaucoup d’un programme de leadership, et c’est l’un sur lesquels “nous n’avons pas le droit à l’échec.”

S’exprimant après la réunion, les porte-parole des jeunes professionnels, Yoannes Kassahun Bitsat et Nana Spio-Garbrah, ont déclaré qu’ils avaient déjà eu de longues discussions  fructueuses entre eux sur la stratégie à long terme de la Banque. Ils ont indiqué qu’ils sont satisfaits des objectifs du programme et prêts à contribuer à l’améliorer.

Répondant à une question sur ce que devraient être les priorités de l’Afrique pour la prochaine décennie, les jeunes professionnels ont identifié la croissance inclusive, l’éducation, le changement climatique, la gestion de l’eau et l’intégration régionale comme moteurs stratégiques du développement.

En conclusion, M. Kaberuka a rappelé que la Banque célébrera en 2014 le cinquantenaire de sa présence à l’avant-scène du développement de l’Afrique. Il a déclaré : « Nous sommes la Banque africaine de développement. Nous devons tout d’abord comparer notre institution à ce qu’elle était il y a 50 ans, et à partir de là voir où nous allons. »

De leur côté, les jeunes professionnels se sont déclarés heureux de cette réunion. Succès Masra, actuellement au bureau de l’économiste en chef, a déclaré : «Nous avons entendu des messages d’espoir.»


Bitsat Yohannes, Young professional, Agricultural department

On behalf of all our YP colleagues present and those who are unable to attend, we would like to thank the president for spending some time with us. We know he is very busy so we genuinely appreciate the opportunity to have his undivided attention. The interaction we have just had with him, drawing on practical Africa’s development case studies is encouraging. It felt like  a brainstorming session prior to taking major development decisions. The quality of the discussions was high and most if not all of us here really appreciate the interaction with the Bank’s senior management.

Our various experiences at the Bank as young professionals are exciting. Some of us have had opportunities to meet our continent’s leaders and to learn from them about significant challenges that Africa is striving to overcome; we were part of negotiations, Country strategy papers (CSPs) and Regional integration strategy papers (RISPs) that have far reaching impacts on countries, regions and the continent as a whole.

In terms of the Bank’s overall Business, vision and strategy, we have had long and fruitful discussions among ourselves on the Bank LTS and we will continue to do so with the president’s remarks in mind. The Young professional program gives us rich experiences but it also has its challenges. As explained by our colleagues, we will continue to work with Human resources (CHRM) and the YP Programme Steering Committee to enhance the positive experiences and to address areas where there is room for improvement. We are  aware that CHRM is working on a career mapping framework which will be available to all personnel in the Bank. We appreciate these efforts and urge management to the greatest extent possible, to not lose momentum on this project.


Succès Masra, jeune professionnel au complexe de l’économiste en chef

« Je suis fier de faire partie de ces jeunes qui croient en l’avenir du continent africain » - Succès Masra.

Dans cette entrevue, Succès Masra, jeune professionnel au complexe de l’économiste en chef, donne son point de vue sur  la nouvelle stratégie de la BAD pour la prochaine décennie et tire des enseignements de l’interaction avec le président de la Banque.  Selon M. Masra  « Cette Banque est l’endroit idéal pour donner corps à nos idées de contribuer concrètement et amplement au développement du continent africain.» Lire l’entrevue.

Question : Quels enseignements tirez-vous des échanges avec le président ?

Réponse : Le fait que le président ait décidé de nous rencontrer et d’échanger directement avec nous, est une attitude managériale très positive que nous apprécions à sa juste valeur. Cela témoigne aussi de l’importance stratégique qu’il accorde à ce programme pour l’avenir de l’institution. Notre engouement à interagir avec lui est révélateur. Nous avons passé deux bonnes heures de discussions au cours desquelles M. Kaberuka a fait montre de pragmatisme et de volonté de faire traduire en actions concrètes les différents points évoqués. Nous en sommes très heureux.

Question : Pensez-vous  avoir eu la meilleure opportunité en rejoignant la Banque africaine comme jeune professionnel ?

Réponse : Je suis fier de faire partie de ces jeunes qui croient en l’avenir du continent africain. L’expérience Jeunes Professionnels de la BAD est enrichissante. Elle est aussi stratégique et intellectuellement stimulante quand vous pouvez apporter votre contribution dans la définition des stratégies et politiques appliquées par l’institution panafricaine. Le fait que le président Kaberuka reçoive tous les  jeunes professionnels aujourd’hui pour écouter leurs propositions sur des questions opérationnelles et stratégiques témoigne du fait que ce programme est vu au sein de l’Institution comme un outil stratégique pour attirer les futurs décideurs de la Banque.

Question : Quel est votre point de vue sur  la nouvelle stratégie de la Banque pour la prochaine décennie axée sur la croissance inclusive ?

Réponse : A mon avis, le fait que la Banque ait décidé d’aller vers une stratégie de développement inclusif est une excellente chose. C’est la meilleure réponse à apporter aux syndromes de croissance sans développement  et de création de richesse sans partage équitable. C’est aussi de cette façon que la Banque pourrait aider ses 54 pays membres régionaux à réduire les fractures sociales et les questions de gouvernance que le printemps arabe a révélé.  Le défi sera donc d’innover dans les processus internes de la Banque, les cycles de projets, les dialogues  avec les décideurs des pays africains, la manière de booster le secteur privé africain et l’approche efficiente sur la question du  dividende démographique. Je suis heureux de savoir que le président en fait une question prioritaire et demande une contribution spécifique des jeunes professionnels afin de définir les piliers et axes stratégiques de cette nouvelle stratégie à long terme qui est en cours de définition.

Question : Avez-vous un  message à l’endroit des autres jeunes qui pensent rejoindre la Banque africaine de développement ?

Réponse : J’ai étudié hors de l’Afrique, notamment à Sciences Po Paris. Après mes études j’ai commencé à travailler hors du continent en me demandant comment être utile au développement du continent africain. Je crois que de nombreux jeunes, qui, en Asie, en Europe, aux USA se posent les mêmes questions. Je puis leur dire que cette Banque est l’endroit pour donner corps à leurs idées de contribuer concrètement et amplement au développement du continent. Il y a encore des choses à améliorer, mais ensemble, on peut le faire et le programme jeunes professionnels est une belle por te d’entrée !