La BAD place l’énergie au premier rang de son programme de développement pour l’Afrique

18/09/2015
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La Banque africaine de développement (BAD) met résolument la question de l’énergie en tête de son programme de développement pour un continent où environ 645 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ne bénéficient pas d’un accès à un réseau électrique fiable. La « pauvreté énergétique » de l’Afrique demeure un paradoxe, étant donné l’abondance des ressources énergétiques brutes qu’elle possède. Un débat de deux jours sur cette question s’est achevé le 18 septembre à Abidjan.

Selon le président de la BAD, Akinwumi Adesina, le déficit énergétique de l’Afrique constitue le défi le plus évident du continent, et il le place en tête de liste des cinq grands axes du programme de sa présidence : « éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, nourrir l’Afrique, intégrer l’Afrique, industrialiser l’Afrique et améliorer la qualité de vie de la population africaine ».

Le jeudi 17 septembre 2015, le président a présenté son pacte pour l’énergie en Afrique (« New Deal ») pour l’énergie en Afrique à des centaines de partenaires gouvernementaux et professionnels éminents au siège de la Banque à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Ce pacte, qui prépare la voie à un partenariat transformateur en matière d’énergie, est essentiellement axé sur la mobilisation de fonds et d’un soutien pour aboutir à la réalisation de cette initiative.

Dans le cadre de ce pacte, la BAD renforcera considérablement son soutien au secteur énergétique du continent africain. Il sera demandé aux partenaires de développement d’intensifier leurs efforts en cours, les pays devant eux aussi accroître leur propre participation au financement du secteur énergétique, tout en affichant une forte volonté politique de garantir la réussite de ce « New Deal ». Les partenaires de développement devront également travailler ensemble et coordonner leurs efforts pour mener à bien des réformes politiques et réglementaires cruciales du secteur énergétique en vue d’accélérer les investissements grâce à de meilleures mesures d'incitation.

 « Nous devons agir différemment en établissant des partenariats stratégiques en faveur de l’énergie en Afrique, qui nous permettront d’atteindre des objectifs plus ambitieux et d'assurer une meilleure mise en œuvre, » a déclaré Adesina.

Au cours de ces deux journées de discussion, les participants ont abordé toute une série de questions politiques, sociales et économiques potentielles touchant ce partenariat transformateur ayant pour vocation le développement énergétique de l’Afrique, notamment les cadres politiques et réglementaires, la mobilisation des ressources, les solutions énergétiques sur réseau et hors réseau ainsi que l’accès à l’énergie des populations à bas revenus.

Les questions portant sur l’accès aux solutions énergétiques pour une cuisson propre, la transformation et la consolidation des commodités ainsi que la gestion de l’utilisation conjointe des énergies renouvelables et non renouvelables ont été également traitées.

« La Banque a ici l’opportunité de vraiment faire la différence », a souligné un participant. 

Et un autre participant d’ajouter : « Il s’agit là d’une opportunité sans précédent pour la Banque ». 

Cette initiative de la BAD et le potentiel qu’elle représente ont suscité un réel sentiment d’enthousiasme. Parmi les participants figuraient le Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, le Premier ministre adjoint de la République démocratique du Congo, Thomas Luhaka, plusieurs ministres chargés de l’énergie, des directeurs généraux d’entreprises internationales du secteur de l’énergie ainsi que d’autres entrepreneurs évoluant sur la scène internationale des affaires.

Selon Solomon Asamoah, vice-président de la Banque pour l’infrastructure, le secteur privé et l’intégration régionale, et coordinateur de cette rencontre de deux jours, la Banque énoncera les grandes lignes de son plan d’action de suivi dans les jours à venir.