La BAD fait de l’eau la priorité du forum de Durban sur le changement climatique

01/12/2011
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Les experts de la Banque africaine de développement (BAD) ont souligné la gravité de l'impact du changement climatique sur les ressources en eau en Afrique. Ils ont également appelé l’attention sur l'importance de mettre l'eau au centre des négociations sur le climat, lors d'une session de la conférence de COP 17 sur le climat, à Durban.

Les experts ont indiqué que le changement climatique se fait sentir surtout dans les phénomènes naturels liés à l'eau, et l’Afrique, ont-ils signalé, est le continent le plus vulnérable aux changements des conditions climatiques qui affectent les ressources en eau, en raison de sa faible capacité d'adaptation.

Sering Jallow, le directeur du département Eau et assainissement de la BAD, a lancé la discussion en définissant le contexte, en établissant des relations claires entre l'eau et le changement climatique. «La plupart des effets du changement climatique », a-t-il déclaré, «peuvent sont perceptibles dans le secteur de l'eau, avec les changements de la qualité de l'eau, la montée du niveau des mers, les précipitations imprévisibles, l’influence des changements climatiques sur l'agriculture.»

Les délégués de la BAD ont été rejoints par d'autres experts de l'eau et du climat pour examiner comment faire remonter la question de la gestion de l'eau sur l'ordre du jour de COP17.

Lors de cet événement, Alan Miller, de la Société financière internationale, a souligné que la croissance économique en Afrique suscite une demande d’amélioration du niveau de vie, ce qui a un effet sur la demande d’eau.

Il a déclaré : «Avec l’augmentation des revenus, la consommation de viande augmente, et un régime plus carné demande plus d’eau qu’un régime riche en légumes. C'est l'un des modes occultes par lesquels nos modes de vie contribuent au changement climatique. »

Patience Damptey, membre du Groupe africain des négociateurs, ne dit pas autre chose : «Nous considérons les signes du changement climatique comme une question de développement, et non comme une question scientifique. Il ne peut pas être séparé des autres secteurs essentiels tels que l'agriculture. »

Ania Grobicki, de Global Water Partnership, a souligné que «très peu de gens réalisent que l'eau est l'ultime ressource non renouvelable. La proportion d'eau douce diminue. Il est urgent de gérer cette eau douce. L'Afrique doit augmenter ses capacités de stockage de l’eau. »

Ken Johm, de la BAD, a souligné que les investissements dans le stockage de l'eau peuvent apporter de nouvelles opportunités de développement : «En Afrique, pour le moment, 60 pour cent des personnes dépendent de l'agriculture pour leur subsistance. Une stratégie de gestion de l'eau doit inclure l'augmentation des infrastructures de stockage de petite taille. »

Il a ajouté que la gestion de l'eau et les stratégies de planification de stockage ne peuvent pas se faire  pays par pays. «L'eau ne respecte pas les frontières nationales. Les pays africains doivent collaborer et faire attention aux ressources en eau partagées », a-t-il fait constater.

Les membres du panel et les participants ont reconnu que sauf une prompte action sur la gestion des ressources en eau, particulièrement en Afrique, il y a des risques de soulèvements populaires.

« C’est ce qui pourrait se passer », a déclaré Sanusi Abdullahi, membre du panel de la Commission du bassin du Lac Tchad. «Les jeunes Africains sont les plus concernés par leur avenir sur ce continent. Si les jeunes n'ont pas de nourriture, pas d'emploi, ils pourraient perdre tout espoir. C'est pourquoi nous devons faire quelque chose maintenant. »

Le meilleur résumé de l'urgence à ce que les pays africains élaborent des stratégies intégrées de gestion de l'eau pour s'adapter au changement climatique est venu d'un membre de l’auditoire : «Nous ne pouvons pas parler de priorités et de planification, et attendre que des cadres soient mis en place. Nous ne pouvons pas attendre, - le changement climatique n’attend pas. »