Changement climatique en Afrique : la BAD décroche son accréditation auprès du Fonds vert pour le climat

09/03/2016
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Ce 9 mars 2016, la Banque africaine de développement (BAD) a annoncé avoir été accréditée auprès du Fonds vert pour le climat (FVC) en tant qu’entité multilatérale de mise en œuvre et intermédiaire financier. Cette accréditation permet à la BAD d’accéder à des financements supplémentaires, nécessaires pour faire face aux impacts du changement climatique en Afrique et y favoriser un développement sobre en carbone.

Créé dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le FVC est conçu pour aider les pays en voie de développement dans la mise en œuvre de leurs projets et programmes d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique. Le fonds investira en priorité dans des secteurs clés pour Afrique, comme l’expansion d’une agriculture qui tienne compte du changement climatique, la transition de la production énergétique et l’amélioration de l’accès à l’électricité, l’accroissement des financements pour la protection des forêts et le renforcement de la résilience des petits états insulaires en voie de développement.

Dans le cadre de son plan d’action sur le changement climatique, la BAD a mobilisé, entre 2011 et 2015, environ 12 milliards de dollars EU de finance climatique, destinés à favoriser un développement sobre en carbone et résilient au changement climatique sur le continent.

Mais l’Afrique ne parvient pas à attirer autant que les autres continents les financements requis pour déployer ses initiatives de lutte contre le changement climatique. Grâce au Fonds vert pour le climat, et au rôle d’intermédiaire qu’y jouera désormais la BAD, les pays africains pourront accéder à des ressources supplémentaires. La BAD va donc concentrer ses efforts sur l’accompagnement de ses pays membres dans la soumission de leurs requêtes de financement auprès du FVC.

« La BAD s’est engagée à augmenter massivement ses financements en faveur de la lutte contre le changement climatique, à hauteur de 5 milliards de dollars par an d’ici 2020 », a rappelé Alex Rugamba, directeur du Département énergie, environnement et changement climatique et président du comité de coordination sur le changement climatique à la BAD, après que le conseil d’administration du Fonds vert pour le climat a annoncé l’accréditation de la Banque. Et d’ajouter : « Le partenariat avec le Fonds vert pour le climat est essentiel pour parvenir à cet objectif. Non seulement la BAD sera en mesure d’acheminer les ressources additionnelles du FVC, mais elle pourra aussi les combiner à ses propres financements ou aux financements en provenance d’autres institutions. »

Impliquée dans la conception du Fonds vert pour le climat depuis sa création, la BAD participait jusqu’ici aux réunions de son conseil d’administration en tant qu’observateur. Après l’accord historique sur le climat obtenu lors de la COP21 à Paris, en décembre 2015, l’accréditation de la Banque africaine de développement envoie un nouveau signal fort pour l’Afrique.

Le Fonds vert pour le climat tient son 12e conseil d’administration cette semaine, à Songdo, en Corée du Sud. Treize nouvelles entités de mise en œuvre, dont la BAD, ont été accréditées à cette occasion, portant ainsi à trente-trois le nombre d’institutions partenaires du Fonds.

La BAD est aussi une agence de mise en œuvre du Fonds pour l’environnement mondial, des fonds d’investissement climatiques et du Fonds pour l’adaptation du protocole de Kyoto. La BAD héberge et gère également d’autres instruments financiers, tels que le Fonds pour les changements climatiques en Afrique, la Facilité africaine de l’eau, le fonds spécial Clim-Dev Afrique et le Fonds pour les énergies renouvelables en Afrique.

Pour découvrir le nouveau numéro du Bulletin de finance climatique (N°35), où Alex Rugamba, directeur du Département de l'énergie, de l'environnement et du changement climatique (ONEC) de la BAD, signe un édito sur cette nouvelle accréditation, cliquer ici.