La BAD publie une note conceptuelle sur les ports, la logistique et le commerce sur le continent

22/04/2009
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Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a publié une note conceptuelle relative à un rapport qui sera publié prochainement sur l’état des ports, la logistique et le commerce sur le continent africain. Le rapport, l’une des publications majeures de la BAD, sera axé sur les thèmes qui permettront de dégager des solutions aux défis majeurs auxquels est confronté le continent. L’édition de 2010 se focalisera, en particulier, sur “les ports, les logistiques et le commerce en Afrique”, étant donné les opportunités qu’offrent la mondialisation et la nécessité pour le continent d’être efficace dans ce domaine stratégique. Le thème de 2010 est crucial, étant donné que le commerce constitue l’une de conditions nécessaires pour placer le continent sur une trajectoire de plus forte croissance ; croissance qui est une condition sine qua non pour accélérer les efforts visant à atteindre des Objectifs du développement pour le millénaire à l’horizon 2015.

Il est certes préoccupant que la part de marché du continent dans le commerce reste négligeable, soit seulement 3,1 % du commerce mondial en 2007. Le commerce entre les pays africains est à la traine, avec les exportations et les importations qui s’élèvent à un peu plus de 9 % du commerce mondial. La prestation du commerce africain est due à différentes causes, allant des politiques internes aux restrictions commerciales dans les pays développés. Au fur et à mesure que la libéralisation progresse, les barrières naturelles, tels que les tarifs, deviennent de moins en moins importantes, laissant les barrières artificielles, telles que les infrastructures portuaires, routières et poste-frontalières de contrôle, entre autres, agir comme des contraintes majeures au commerce. Des préoccupations existent aussi par rapport aux questions d’inefficacité des ports africains. Ces divers goulots d’étranglement imposent des  coûts exorbitants, qui affectent de manière négative la compétitivité des économies africaines, réduisant d’autant la performance du commerce.

Le Rapport sur la compétitivité de 2007 indique que les coûts indirects du commerce, particulièrement dans les domaines des transports et de l’énergie, s’élèvent à presque 30 % du prix payé par le consommateur. Les coûts relatifs au fret constituent environ 10 % de la valeur des importations dans les pays en développement, par rapport aux 3 % dans les pays développés. En ce qui concerne les pays enclavés, le défi est plus grand. Les coûts de fret représentent plus de 20 % de la valeur des importations du Rwanda, 24 % du Mali et 23 % du Niger. Les retards aux postes de contrôle, au niveau des frontières, représentent environ 40 % du temps de transport, et ceci implique des coûts importants associés à la détérioration de la qualité du produit.

A l’exception de l’Afrique du Sud, qui se classe au 24eme rang, les pays africains figurent dans le bas du classement du « Global Logistics Performance Index » (LPI). Seuls São Tomé et Principe, la Tunisie, la Guinée, le Soudan et la Mauritanie se trouvent dans le second tableau de la liste de 150 pays. En tant que nœud important dans le système de transport africain, les ports jouent un rôle essentiel dans les efforts destinés à améliorer la performance du commerce. Plus de  80 % du commerce africain concerne en effet le transport des marchandises, dans et à l’extérieur du continent, et la demande pour les services portuaires et les logistiques connexes est à la hausse. Toutefois, les ports existants ne sont pas en mesure de répondre à cette demande.

Par ailleurs, en Asie de l’Est, le temps que l’on perd dans les ports s’élève à 20 % du temps global du temps de transport des marchandises. En Afrique, ce ratio est de plus de 80 %. En 2004, quelque cinq millions de dollars américains a été perdu sur les services hebdomadaires entre l’Europe et l’Afrique, en raison des embouteillages aux ports. Ces coûts sont encourus par les compagnies maritimes, à travers les frais d’encombrements qui poussent à la hausse les frais de transport en Afrique. La qualité et la quantité des infrastructures portuaires, la logistique et les procédures nécessitent donc une évaluation critique, étant donné leur impact sur les prix des produits commercialisables.

Le rapport 2010  appellera à un renforcement des efforts pour relever tous ces défis, en vue d’améliorer la performance des ports et leur logistique, éléments clés pour renforcer la compétitivité et le commerce. Le document soulignera aussi le fait que de meilleures opportunités de commerce offrent des perspectives d’emplois, une condition nécessaire pour l’augmentation des revenus nationaux et, par conséquent, la réduction de la pauvreté.  

Le rapport de développement africain de 2010 se focalisera donc sur les ports et leurs implications pour le commerce en Afrique. Il examinera l’état et l’efficacité des infrastructures portuaires, le cadre réglementaire et les coûts induits ; et des discussions relatives à la facilitation du commerce. L’ultime objectif est de contribuer aux débats relatifs aux stratégies visant à améliorer la connectivité entre les pays africains et aux marchés régionaux et mondiaux, en vue de promouvoir le commerce et de contribuer au processus de développement économique. Le thème du document entre en droite ligne avec la Stratégie à moyen terme de la BAD, notamment dans le domaine des investissements dans les infrastructures, l’intégration régionale et le développement du secteur privé.