Réponse de la BAD à l’impact économique de la crise financière

05/03/2009
Share |

Devant la gravité de la crise et en sa qualité de première banque de développement du continent, la BAD apporte son soutien concret aux institutions et aux projets en Afrique face à l’intensité des chocs extérieurs et à l’assèchement des liquidités.

En effet le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a adopté, le mercredi 4 mars 2009 à Tunis, un document de politique portant « Réponse de la Banque à l’impact économique de la crise financière ».  Ce dispositif comprend quatre initiatives devant être considérées dans leur ensemble :

  • Une Facilité de liquidité d’urgence
  • Une Initiative de financement du commerce
  • Un plan d'action pour l’accélération du transfert des ressources aux pays éligibles au Fonds africain de développement (FAD)
  • Renforcer le rôle de conseil en matière de politiques économiques.

Cette réponse est grandement basée sur les conclusions de la Conférence des ministres africains des finances, réunis à Tunis en novembre 2008, à l’initiative de la BAD. Son contenu reflète des besoins réels ainsi qu’une véritable demande et la prise en considération des actions des autres partenaires de la Banque.

Une réponse ciblée et adaptée à la crise

La vitesse de propagation et l’intensité de la crise financière mondiale ont donné lieu à un déficit soudain et marqué des ressources de financement à court terme, et ont nécessité l’élaboration d’une réponse appropriée. En effet, à l’instar de bon nombre de Banques multilatérales de développement (BMD), la BAD avait été invitée par le G20 ainsi que par la déclaration des ministres africains qui a sanctionné leur réunion du 12 novembre 2008 à Tunis, à tout mettre en œuvre pour apporter en temps opportun une réponse ciblée et adaptée à la crise.

Cette « Réponse de la Banque à l’impact économique de la crise financière » part du constat que l’intégration marginale de l’Afrique au sein du commerce international et de l’environnement financier ne l’a pas épargnée des effets contagieux de la crise financière et qu’il ne s’agit pas d’une crise temporaire. Non seulement, cette crise se superpose aux vulnérabilités préexistantes, mais elle nécessitera des efforts concertés et soutenus pour permettre de retrouver la trajectoire de croissance. Cet effort doit commencer par la prise de mesures qui permettront dès à présent d’éviter des dommages supplémentaires et une importante régression.  

La combinaison d’instruments tels que ceux proposés -et en travaillant de façon concertée avec les autres partenaires au développement- devrait permettre d’aborder les  étapes les plus importantes : apporter un soutien accéléré aux pays à faible revenu éligibles qui en ont besoin, faire perdurer les échanges commerciaux, apporter des liquidités, aider les PMR à rester sur la voie de cadres politiques sains et répondre aux besoins de financement des principaux projets d’infrastructure.

Les initiatives

  • La création d’une Facilité de liquidité d’urgence (« FLU ») dotée provisoirement de 1,5 milliard de dollars US, permettra à la Banque de décaisser des ressources d’une façon flexible et rapide, pour permettre aux bénéficiaires éligibles de répondre, dans des délais rapides, aux besoins de financement urgents, imprévus et à court terme résultant de la crise financière.
  • La création d’une Initiative de financement du commerce (IFC) de 1 milliard de dollars US, qui sera mise en œuvre par étapes au fur et à mesure que la Banque renforcera sa capacité à cet égard. La Banque propose de lancer, en guise de première phase de l’IFC, une nouvelle ligne de crédit pour le financement du commerce (LCFC) de 500 millions de dollars qui permettra aux banques commerciales et aux établissements de financement du développement en Afrique d’utiliser les ressources BAD pour accompagner les opérations de financement du commerce.
  • Des actions possibles à court-terme pour appuyer les emprunteurs à faible revenu des ressources concessionnelles du Fonds africain de développement (FAD). Ces pays auront probablement besoin de l'appui du FAD dans les secteurs suivants : appui budgétaire afin de compenser des déficits budgétaires en raison de la chute des prix des produits de base, des exportations, des termes de l’échange ; le financement des infrastructures dans les projets clés de long-terme.
  • La crise financière et économique mondiale a révélé le besoin pour les décideurs de partager leurs expériences sur les défis posés par le développement et auxquels l'Afrique doit faire face. La Banque  poursuit l’approfondissement de son analyse de l'impact de la crise afin de développer des réponses politiques appropriées aux niveaux national et régional.

L’innovation, la flexibilité et la rapidité ont été effectifs et grandement appréciés par les pays récipiendaires, lors de la  réponse de la BAD à la crise alimentaire et un certain nombre  de leçons en ont été tirées qui seront d’une grande utilité pour répondre à la crise économique. Lors de la réunion des dirigeants des BMD qui s’est tenue  le 12 février 2009 à Tunis, le rôle déterminant que la BAD peut jouer dans la crise a été souligné.

La mise en place de cette réponse à l’impact de la crise financière renforce la crédibilité de la Banque comme partenaire capable de jouer un tel rôle.