De 2013 à 2014, les projets financés par la BAD augmentent de 15 % et atteignent un total de 7,6 milliards de dollars US

27/05/2015
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«En dépit de la difficile conjoncture économique régionale et mondiale, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) est parvenu à accroître la valeur totale de son volume d’interventions de 15,3 pour cent en 2014 par rapport à 2013,»  indique le rapport annuel 2014 de la BAD.

A 7,6 milliards de dollars US, le soutien accordé par la Banque au développement des infrastructures de ses pays membres régionaux (PMR) a représenté plus de la moitié de ce montant, en progression sensible par rapport au portefeuille de financement de la Banque tel qu’il se présentait en 2013.

Comme le précise ce rapport annuel, qui récapitule les activités de l’institution en 2014, son programme d’activités pour 2015 a été rendu public le mercredi 27 mai à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD à Abidjan. Les projets d’infrastructures (en énergie, transports, eau et assainissement) ont été jugés prioritaires par rapport aux quatre autres domaines opérationnels, notamment l’intégration régionale, le développement du secteur privé, les compétences et la technologie, et la gouvernance et la redevabilité.

Les autres financements approuvés par la Banque pour l’année ont été affectés au secteur financier, ce qui a permis de financer 17,9 pour cent des prêts alloués aux petites et moyennes entreprises (PME) du continent afin d’alléger leurs contraintes de financement et de promouvoir leur inclusion financière. Les concours destinés à l’agriculture, qui ont représenté 10,8 pour cent des prêts et des dons, ont servi principalement à relever les défis de la sécurité alimentaire et la productivité. Le secteur social a reçu 8,3 pour cent du total des agréments de financement, qui ont surtout porté sur le développement des compétences, l’innovation technologique et l’amélioration de la fourniture de services de santé.

Les efforts de la Banque visant à diversifier sa clientèle lui ont donné l’occasion d’étendre ses opérations de prêt au secteur public dans 11 pays, soit près du double des pays bénéficiaires de 2013. Par ailleurs, le guichet « secteur privé » de la BAD a contribué à lever environ 19,5 milliards de dollars en cofinancements, ce qui représente plus du double des 9 milliards de dollars ciblés pour l’année.

En outre, les initiatives de la Banque en vue de mobiliser des financements innovants pour le développement des infrastructures en Afrique se sont concrétisées suite à l’incorporation du fonds Afrique50 au Maroc, qui en 2014 disposait déjà d’un capital initial de 100 millions de dollars, à peine un an après sa création.

Initiatives marquantes

L’une des initiatives marquantes lancées par la Banque en soutien de la croissance de ses opérations a été l’approbation de sa stratégie en matière de genre en janvier 2014, en prélude à des interventions plus ciblées dans ce domaine. Cette stratégie vise à réduire les inégalités de genre en renforçant les droits juridiques et fonciers des femmes, en promouvant leur autonomisation économique, et en relevant la gestion des connaissances et le renforcement des capacités au profit de l’égalité de genre. Parmi les opérations du Groupe de la Banque traitant spécifiquement de questions de genre figurent le projet d’infrastructure en eau et d’assainissement en milieu rural pour l’amélioration de la santé et des moyens de subsistance au Malawi, et le Programme de gouvernance économique et de croissance inclusive au Mozambique.

Dans une situation semblable à celle entraînée par la crise financière de 2008-2009, la direction de la Banque a anticipé sur une éventuelle détérioration de la conjoncture sur une partie du continent, en adoptant une stratégie appelée « Remédier à la fragilité et renforcer la résilience en Afrique, 2014-2019 ». Cette stratégie a été appliquée après le relèvement du statut de l’unité concernée à celui de département et par l’affectation de 548,7 millions de dollars US dans des opérations intéressant les pays en proie à des situations fragiles, y compris un appui budgétaire de 41,7 millions de dollars à des pays qui, en plus de leur situation fragile, ont également été touchés par l’épidémie de l’Ebola.

Lorsque l’épidémie de l’Ebola a frappé l’Afrique de l’Ouest, au moment où l’on ne parlait que de « l’essor de l’Afrique », la Banque a pris la situation en main et a immédiatement lancé une opération soutenue, pour venir en aide aux populations à risque et alléger les incidences socio-économiques de la maladie. Elle a approuvé des débours se montant à 221,85 millions de dollars US pour différentes initiatives dans les pays affectés - Guinée, Liberia et Sierra Leone. Ces concours ont couvert l’appui budgétaire, le renforcement de systèmes de santé publique de l’Afrique de l’Ouest, une assistance technique dans les interventions face à la crise et les opérations de secours d’urgence. Cette aide a été canalisée par l’Organisation mondiale de la santé, ou accordée directement aux gouvernements individuels.

Réformes transformatrices

En plus du retour à son siège à Abidjan, qui a été l’une des principales préoccupations de la Banque en 2014, elle a également lancé une série de réformes destinées à harmoniser ses activités sur les objectifs clés de sa Stratégie décennale relative à la budgétisation, la décentralisation et les structures d’organisation. Ces réformes ont été encore renforcées par la mise en place d’une série de politiques et de stratégies, concernant notamment la gestion de la Banque, la diversification de ses produits, l’intégration régionale, la stratégie du capital humain et les politiques et stratégies de développement du secteur financier.

Ces initiatives ont toutes permis à la Banque de maintenir sa position financière saine dans une conjoncture économique mondiale et régionale difficile. Les quatre principales agences de notation financière (Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch Ratings et la Japan Credit Rating Agency) ont confirmé leurs notations AAA et AA+ de la Banque pour sa dette privilégiée, reflétant ainsi la solidité de son assise financière, le soutien ferme de ses actionnaires, et la valeur de sa gestion financière et prudentielle.

A la fin de 2014, le capital libéré de la Banque s’élevait à 7,29 milliards de dollars US.

Pour télécharger le rapport entier : http://www.afdb.org/en/knowledge/publications/annual-report/

 


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