La BAD veut établir un partenariat stratégique avec l’Angola

30/07/2014
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Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement (BAD), a été reçu le 28 juillet 2014 par le président de la République d’Angola, José Eduardo dos Santos, au Palácio da Cidade Alta(le Palais présidentiel) à Luanda. Au cours de cette audience, le président de la BAD s’est entretenu avec son hôte des perspectives d’accroissement de la coopération entre l’institution qu’il dirige et le gouvernement angolais.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience, Kaberuka a indiqué qu’il s’agissait de sa troisième visite en Angola depuis qu’il occupe les fonctions de président de la BAD. Il a aussi souligné le souhait de l’institution bancaire africaine à renforcer sa « relation stratégique » avec l’Angola, compte tenu du rôle grandissant et de l’importance croissante du pays au niveau du continent africain. Aussi, Kaberuka a-t-il discuté avec le chef de l’Etat angolais de la réforme économique et des programmes de développement en Angola, en mettant l’accent sur la stratégie du pays pour combattre la pauvreté. 

Pour Kaberuka, grâce aux profondes réformes macroéconomiques entreprises en Angola, le pays fait aujourd’hui partie des trois plus grandes économies de la région après le Nigéria et l’Afrique du Sud. L’Angola, selon lui, a accompli d’importantes réalisations en matière de lutte contre la pauvreté. Kaberuka a déclaré que la BAD prend note des efforts déployés et souhaite y participer activement.

« Lors de cette rencontre, nous avons abordé des questions très spécifiques relatives notamment à la création d’emplois, à la réduction de la pauvreté, à l’autonomisation des femmes et à la diversification de l’économie, mais l’accent a principalement été mis sur la réduction de la pauvreté », a affirmé le président de la BAD.  Et de souligner que l’Angola a réalisé des avancées remarquables en réduisant les niveaux de pauvreté du pays de 60 à 38%.

L’Angola déploie de plus en plus d’efforts  en matière de réformes économiques et d’infrastructures afin de développer l’industrie et  diversifier l’économie. Il s’emploie aussi à réduire la dépendance vis à  vis des revenus pétroliers et à améliorer le bien-être de la population.

« Le développement des infrastructures englobe plusieurs domaines tels que l’énergie, les transports et bien d’autres secteurs vitaux de l’économie d’un pays. Nous saluons les efforts déployés par le gouvernement de l’Angola dans ces secteurs, qui sont problématiques dans la plupart des pays africains », a dit Kaberuka.

Accompagné de Armando Manuel, ministre angolais des Finances, Kaberuka a visité le Palais présidentiel, à Cidade Alta. Les deux hommes se sont rencontrés quelques heures plus tôt pour signer un accord qui permettra à l’institution bancaire d’injecter près d’un milliard de dollars au budget de l’État en faveur de projets dans le domaine de l’énergie.

« L’accord d’un milliard de dollars signé aujourd’hui vise à appuyer les réformes du secteur de l’énergie, de manière à ce que l’Angola puisse, à l’avenir, produire de l’énergie de manière efficace et généralisée. Nous travaillerons avec le ministre angolais des Finances pour appuyer les réformes financières et institutionnelles », a affirmé Kaberuka. A sa suite, le ministre angolais a annoncé que le premier décaissement s’élèvera à 600 millions de dollars.

La BAD soutient les réformes en Angola ainsi que la construction d’infrastructures, particulièrement dans le secteur de l’énergie, en reconnaissant qu’une économie en croissance rapide comme celle de l’Angola a besoin d’une production énergétique fiable. Le pays s’efforce de réformer le secteur de l’énergie pour que l’ensemble de sa population ait un accès suffisant à l’énergie.

Le président de la BAD s’est émerveillé des « transformations majeures » qu’il constate à chaque visite en Angola. Il a, à cet égard, salué les efforts déployés par les autorités. « Il reste encore beaucoup à faire. Sur le plan macroéconomique, il est important de rester vigilant pour s’assurer que les acquis soient préservés et pour éviter tout écart, mais c’est un bon début », a indiqué Kaberuka, en se référant aux réformes macroéconomiques et fiscales dans le secteur pétrolier. « L’Angola doit encore relever de nombreux défis, comme c’est le cas dans de nombreux autres pays africains, mais nous pouvons travailler ensemble pour trouver des solutions, » a estimé le président de la BAD.

Les quatre domaines dans lesquels les efforts doivent désormais être concentrés sont : la réduction des niveaux de pauvreté, la réduction des inégalités et l’accélération du développement humain, la diversification de l’activité économique pour favoriser la création d’emplois, et la gestion efficace du secteur pétrolier pour maximiser les bénéfices.

Kaberuka a félicité les autorités angolaises et a réitéré l’engagement de la BAD à instaurer une relation plus étroite avec l’Angola et à appuyer les projets à venir, en particulier dans le secteur énergétique. Ils ont, à cet égard, fixé un objectif clair : celui de rendre le secteur de l’énergie plus efficace et plus attrayant pour les investisseurs.

« L’Angola, à l’instar d’autres pays africains qui dépendent fortement du pétrole, doit intensifier le rythme de ses réformes », a affirmé le président de la BAD. « La richesse d’une nation ne tient pas nécessairement aux ressources de son sol et de son sous-sol, mais plutôt aux connaissances des hommes et des femmes, des enfants et des jeunes », a-t-il indiqué.

Lors de son séjour à Luanda, Kaberuka a rendu une visite de courtoisie au vice-président de la République de l’Angola, Manuel Domingos Vicente. Il a également rencontré José Filomeno Dos Santos, président du Fonds Souverain d’Angola (le Fundo Soberano de Angola), avec qui il s’est entretenu au sujet du Fonds Afrique 50 de la BAD.