La BAD met en place des mécanismes pour atténuer l’impact de la crise financière sur les économies africaines

10/03/2009
Share |

Tunis, 7 mars 2009 - Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) met en place un train de mesures permettant d’apporter son soutien concret aux institutions et aux projets en Afrique afin d’atténuer l’impact de la crise financière sur ses pays membres régionaux (PMR). Ces mesures sont contenues dans un document de politique intitulé « Réponse de la Banque à l’impact économique  de la crise financière » adopté par le conseil d’administration, mercredi 4 mars à Tunis.

Ce dispositif comprend quatre initiatives devant être considérées dans leur ensemble : une Facilité de liquidité d’urgence, une Initiative de financement du commerce, un plan d'action pour l’accélération du transfert des ressources aux pays éligibles au Fonds africain de développement (FAD), un rôle renforcé de conseil en matière de politiques économiques.

La Facilité de liquidité d’urgence (FLU) dotée provisoirement de 1,5 milliard de dollars US, permettra à la Banque de décaisser des ressources d’une façon flexible et rapide, pour permettre aux bénéficiaires éligibles de répondre, dans des délais rapides, aux besoins de financement urgents, imprévus et à court terme résultant de la crise financière.

L’Initiative de financement du commerce (IFC) de 1 milliard de dollars US, sera mise en œuvre par étapes au fur et à mesure que la Banque renforcera sa capacité à cet égard. La Banque propose de lancer, en guise de première phase de l’IFC, une nouvelle ligne de crédit pour le financement du commerce (LCFC) de 500 millions de dollars qui permettra aux banques commerciales et aux établissements de financement du développement en Afrique d’utiliser les ressources BAD pour accompagner les opérations de financement du commerce.

Un appui aux emprunteurs à faible revenu des ressources concessionnelles du Fonds africain de développement (FAD), sera apporté sous forme d’appui budgétaire afin de compenser des déficits budgétaires en raison de la chute des prix des produits de base, des exportations, des termes de l’échange, et de financement des infrastructures dans les projets clés de long-terme.

Enfin, pour renforcer son rôle de conseil auprès des PMR, la Banque  poursuit l’approfondissement de son analyse de l'impact de la crise afin de développer des réponses politiques appropriées aux niveaux national et régional.

Cette réponse est grandement basée sur les conclusions de la Conférence des ministres africains des finances, réunie à Tunis en novembre dernier, à l’initiative de la BAD. Son contenu reflète des besoins réels ainsi qu’une véritable demande et la prise en considération des actions des autres partenaires de la Banque.

La combinaison d’instruments tels que ceux proposés -et en travaillant de façon concertée avec les autres partenaires au développement- devrait permettre d’aborder les  étapes les plus importantes : apporter un soutien accéléré aux pays à faible revenu éligibles qui en ont besoin, faire perdurer les échanges commerciaux, apporter des liquidités, aider les PMR à rester sur la voie de cadres politiques sains et répondre aux besoins de financement des principaux projets d’infrastructure.

« Ces propositions reflètent ce que nous savons à ce stade de la crise et sont une première tentative de répondre en partie aux besoins, car ces besoins sont plus importants et  vont, en toute probabilité, aller en s’accroissant. La réponse de la Banque envisage un examen régulier des instruments, en fonction de l’évolution du marché, des implications en matière de risque et de la teneur générale de la crise. La première revue aura lieu dans 6 mois, ou plus tôt si les circonstances le commandent », a indiqué M. Mandla Gantsho, vice président de la BAD, qui a présidé le Groupe de travail sur la crise financière mis en place par la Banque.