La BAD partage sa vision sur les TIC au service du développement au Forum sur les meilleures pratiques

11/07/2007
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La BAD partage sa vision sur les TIC au service du développement au Forum sur les meilleures pratiques

La Banque africaine de développement (BAD) se joint à d’autres grandes institutions de développement afin d’envisager les TIC comme le défi le plus pressant auquel est confronté l’Afrique dans le développement de la cybergouvernance.  Au cours du Forum sur les TIC à Ouagadougou, les parrains composés du gouvernement du Burkina Faso, de la CEA, de la BAD et de Microsoft ont fait appel aux gouvernements africains pour développer des politiques et stratégies appropriées en matière de gouvernance qui soient soutenues par une législation relative à la e-gouvernance ; une loi qui s’inscrit dans le cadre des stratégies de développement des pays et des plans nationaux de développement de l’infrastructure nationale de l’information et de la communication. Selon la Déclaration de Ouagadougou adoptée le 9 juin à l’issue du Forum sur les meilleures pratiques en matière de TIC, les gouvernements africains en collaboration avec le secteur privé, ont été priés  de développer des stratégies durables pour permettre à tous leurs citoyens de bénéficier de cet accès et des services pour tous. En partenariat avec le secteur privé, il s’agit de mettre en place des infrastructures de sécurité novatrices à large bande à l’échelle nationale et abordables, ainsi que des équipements techniques, des logiciels et des facilités de réception connexes permettant un accès facile à toutes les infrastructures TIC.

La BAD a réaffirmé que sans les compétences et l'encadrement nécessaires, les projets du gouvernement ne seront pas suffisamment soutenus pour assurer leur application et leur suivi. Au cours de ce forum qui était co-parrainé par le Gouvernement du Burkina Faso, la CEA, la BAD et Microsft, la BAD a réaffirmé sa position selon laquelle les projets de cybergouvernance ne peuvent bénéficier d’un appui dans leur exécution et leur maintien si les compétences et les cadres appropriés ne sont pas disponibles. Au cours de l’atelier d’un jour consacré à l’«environnement favorable» et parrainé par la BAD et la CEA, les conférenciers ont souligné la nécessité d’une impulsion et d’un engagement de haut niveau sur les plans politique et administratif, à tous les échelons et dans tous les secteurs de l’administration publique, afin de garantir le succès des TIC. Ils ont souligné qu’il est nécessaire de former les fonctionnaires, les femmes et les communautés rurales défavorisées, qui forment les couches privilégiées des usagers cibles des TIC, pour assurer le succès de la transformation de la société.

Dans le contexte de la persistance de la fracture numérique dans les zones rurales et urbaines, les conférenciers ont présenté les TIC comme un outil d’appui au développement du secteur public, en soulignant que l’aide ne peut se baser que sur des stratégies de développement propres aux pays qui doivent également nouer des partenariats avec le secteur privé. La Banque articule sa politique d’intervention dans le secteur des TIC autour de trois piliers: i) l’intégration des TIC dans les stratégies nationales de développement; ii) la promotion de l’industrie des TIC; et iii) la stimulation de l’investissement dans l’infrastructure et les applications. Les interventions de la Banque visent à appuyer les pays pour les aider à tirer parti des avantages des TIC et à fournir une plateforme pour l’investissement, en particulier dans ses domaines prioritaires, à savoir l’infrastructure et la gouvernance. Les piliers thématiques du Forum représentent le processus indispensable pour le succès du développement du secteur public.

L’atelier a également souligné la nécessité de créer au préalable un environnement favorable. Dès que l’infrastructure et le cadre règlementaire sont en place, avec des politiques solides et transparentes, définies et ajustées sur une base régulière, l’on peut alors créer des bases de données pour les citoyens. C’est là le fondement des applications et des services en ligne en faveur des citoyens.

Les participants ont affirmé que les programmes et stratégies ne peuvent pas réussir s’ils ne sont pas adaptés au contexte local et s’ils ne sont pas pleinement intégrés dans les programmes de développement. La gouvernance, la responsabilité, les politiques judicieuses et leur application systématique sont des facteurs clés de l’efficacité du développement et constituent donc des conditions préalables au financement des projets de développement.

L’harmonisation des politiques régissant les TIC à l’échelle régionale et la création d’un cadre régional sont facilitées lorsque des politiques judicieuses sont mises en œuvre au niveau national. Plusieurs intervenants ont exprimé la nécessité d’une impulsion au sein de la société, à différents niveaux, pour permettre la mise en œuvre des stratégies de TI avec succès. Les gouvernements devraient envisager la valeur des partenariats public-privé sous un nouvel angle. Ces partenariats apportent une expertise, et pas seulement de l’argent.

La planification des TIC devrait être judicieuse pour renforcer et intégrer les nouvelles technologies en vue de répondre aux demandes des organes de régulation, des citoyens, des entreprises et des marchés mondiaux. Les TIC représentent un outil clé d’intégration régionale lorsque les normes sont harmonisées pour garantir l’interopérabilité.

Les principes GAP sont les trois éléments essentiels pour mettre efficacement en œuvre les TIC, ont affirmé les organisateurs de l’atelier. Ces principes ont été identifiés par une étude effectuée par la Banque mondiale lorsqu’elle s’est rendue compte que 60% de ses projets relatifs aux TIC n’étaient pas exécutés avec succès.

Le Forum a pu regrouper des personnes et faire partager des pratiques, ce qui est conforme aux objectifs du NEPAD. Pour promouvoir la dissémination des information relatives aux meilleures pratiques en matière de TIC, la Banque souhaite poursuivre l’échange d’idées, s’associer à la création d’une plateforme en ligne pour le partage des meilleures pratiques dans le domaine des TIC, poursuivre sa participation aux stratégies de communication et en faire un événement permanent.

La BAD continue de consacrer ses ressources en faveur des Etats Membres Régionaux au développement des projets TIC ainsi qu’à la réformation de l'administration publique, en matiere d’e-gouvernance et de commerce électronique.

La Banque peut appuyer les pays, sur la base de leurs stratégies de développement, par l’intermédiaire des guichets du secteur public de la Banque. La Banque a déjà lancé la mise en place d’un ensemble de meilleures pratiques dans le domaine du développement de l’infrastructure et se propose d’organiser un forum pour la publication de son rapport et le lancement de l’événement. Les deux initiatives sont donc complémentaires.

«La BAD a appuyé un certain nombre de projets au Burkina Faso et entend financer davantage de projets répondant aux critères de la Banque. Au moment où la BAD continue de consacrer ses ressources au développement de notre continent, il importe que les pays africains fassent preuve d’esprit d’initiative en appuyant les politiques en faveur de la cybergouvernance», a déclaré Mme Antoinette Dinga-Zongo, Représentante pays au  Burkina Faso, lors d’une récente interview.

Au cours des trois dernières décennies, la Banque Africaine de Développement a mis à la disposition de plus 30 pays, plus d’un milliard de dollars Us pour le financement des technologies de l’information. Entre 1995 et 2005, la Banque a alloué plus de 440 millions de dollars Us pour le développement des infrastructures de télécommunication. Elle a également apporté son appui aux projets régionaux tels que l’African Regional Satellite (RASCOM) et le East African Submarine Cable System (EASSY). La Banque a financé des projets et programmes nationaux et régionaux qui  intègrent les TICs dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et du développement rural; elle a joué un rôle important au sein du NEPAD en ce qui concerne le développement du programme TIC, notamment dans l’élaboration  du Plan d’Action à Court Terme du NEPAD et du Cadre Stratégique à Moyen et Long Terme pour le développement des infrastructures.

L’approche qui a été adoptée par la Banque pour faciliter le développement des TICs en Afrique est de fournir un appui systématique aux Etats membres qui visent à intégrer les TICs dans leurs projets et activités de développement; encourager la coopération, le partenariat et la gestion des réseaux régionaux pour l’intensification des efforts nationaux et régionaux en faveur du développement.

La Banque Africaine de Développement BAD, est une banque multilatérale de développement dont les acteurs sont au nombre de 53 pays africains (Etats Membres régionaux) et de 24 pays non Africains situés en Amériques, en Asie et en Europe. Etablie en 1964, la BAD octroie des crédits à ses clients sur une base non concessionnelle.


Contact

Emmanuel Ngwainmbi Téléphone: +216 71 10 2627