La BAD présente le corridor routier Abidjan-Lagos comme un modèle d’intégration régionale portée par les infrastructures

19/11/2015
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Une des principales activités de la Semaine PIDA (Programme pour le développement des infrastructures en Afrique) qui vient de s'achever à Abidjan, aura été la visite de chantier du futur corridor Abidjan-Lagos, au cours de laquelle les participants ont pu constater la réalité de l'intégration de l'Afrique par les infrastructures.

Le corridor Abidjan-Lagos est un projet phare du PIDA. Cette route de 1028 kilomètres, en cours de construction, reliera entre elles les villes de Abidjan, Accra, Cotonou, Lagos et Lomé. Avec une population totale de plus de 35 millions d'habitants, ces villes sont considérées comme les plus grandes et, d'un point de vue économique, les plus dynamiques d'Afrique de l'Ouest.

Cet axe routier à six voies, qui desservira tous les pays enclavés de la région, reliera également des ports maritimes très actifs, facilitant ainsi les échanges intrarégionaux et interrégionaux. "Le corridor est l'un des projets de développement les plus importants de la région; il représente environ 75% du commerce dans la région de la CEDEAO-Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest", a expliqué Edy Anthony, spécialiste des transports auprès de l'Organisation du Corridor Abidjan-Lagos (OCAL).

"En reliant un pays à un autre, une région à une autre, on réduit les obstacles au transport et au commerce et on accroît les débouchés commerciaux entre pays. Cela entraîne une croissance des économies locales et de la région dans son ensemble", a souligné Edy Anthony. Le corridor est perçu comme un moyen qui favorisera l'application du principal protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personnes et des biens.

Les présidents des cinq pays concernés (Côte d'Ivoire, Ghana, Bénin, Nigeria et Togo) ont approuvé cet ouvrage, qui est en fait un projet pilote mené dans le cadre du Mécanisme de prestations de services du PIDA.

La Banque africaine de développement (BAD) envisage l'octroi d'une aide financière de 16 millions de dollars EU pour financer les études préparatoires à certains tronçons de la route.

Selon Chris Appiah, spécialiste politique et des transports auprès de la CEDEAO, cette route sera le corridor le plus fréquenté d'Afrique de l'Ouest. "Il permettra un passage aux frontières plus rapide et facilitera l'intégration régionale", a t-il ajouté.

Les efforts déployés pour mettre en place le corridor ont été salués par Silvester Kasuku, directeur général de l'autorité kenyane de développement du corridor LAPSSET (Lamu Port Southern Sudan-Ethiopia Transport). "Quand on crée des synergies pour amener de grands changements socio-économiques sur le continent, on ne peut pas se tromper", a t-il fait remarquer. Une fois achevé, le corridor LAPSSET reliera le Kenya au sud du Soudan et à l'Ethiopie via le port de Lamu, et il deviendra ainsi la porte d'entrée de la sous-région de l'Afrique de l'Est et de la région des Grands Lacs.

Kasuku a souligné la nécessité d'une collaboration entre LAPSSET et le Corridor Abidjan-Lagos, afin de relier une plus grande partie du continent: "Nous reconnaissons que l'Afrique se trouve en marge de la croissance mondiale. Plus nous serons connectés, plus importants seront les échanges commerciaux, plus nombreux seront les marchés que nous ouvrirons et plus fortes deviendront nos économies".

Le PIDA, une initiative de la BAD, de la Commission de l'Union africaine et du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) vise à combler le déficit d'infrastructures qui entrave la compétitivité de l'Afrique sur le marché mondial. Au cours de la dernière décennie, la Banque a investi plus de 30 milliards de dollars EU en infrastructures, ce qui représente plus de 50% de son portefeuille de prêts accordés durant cette période.