La BAD aux côtés du Soudan du Sud pour un projet d’eau de 6 millions d’euros

02/08/2016
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Les conditions de vie de quelque 230 000 personnes à Juba, au Soudan du Sud, connaîtront une embellie grâce à un projet d’approvisionnement en eau capital approuvé par le conseil d’administration de la BAD sous forme d’un don de 6,3 millions d’euros. Ce projet contribuera également au renforcement des opérations d'intérêt public, du secteur privé et de l’autonomisation des femmes.

Le Projet de résilience de l'approvisionnement en eau pour améliorer les conditions de vie à Juba vise à permettre un accès plus équitable à un approvisionnement durable en eau dans la zone du projet et une meilleure fonctionnalité du réseau d’alimentation en eau. Cela se traduira notamment par l’augmentation du pourcentage d'habitants de Juba ayant accès au service municipal d'approvisionnement en eau (de 25% à 35%, dont 16% de femmes).

La population de Juba ayant accès à l'eau courante grimpera de 92 000 à 322 000 personnes à la fin du projet en 2020. Le projet divisera pratiquement par quatre le nombre de cas de maladies d'origine hydrique enregistrés à Juba (de 838 pour 100 000 à 251/100 000). Le projet devra également faire baisser la mortalité des moins de 5 ans de 20%, tout en améliorant les taux d'inscription au primaire, notamment des filles, avec un objectif de 95% de taux de scolarisation en 2020.

Toujours en ce qui concerne le genre, le projet promouvra une participation cible de 30 % de femmes et de jeunes à la gestion des programmes de distribution d’eau. Les femmes et les jeunes seront formés à la gestion des bornes fontaines publiques et des kiosques d'eau. Le projet favorisera l'emploi d'au moins 10 % de femmes et 10 % de jeunes pour ce qui concerne les activités de mise en place d'infrastructures à forte intensité de main-d'œuvre durant la phase de construction des infrastructures d'approvisionnement en eau. Il soutiendra par ailleurs le développement des capacités en s'assurant que les femmes représentent 30 % des clients formés en détection des fuites, et que 20 % du personnel de la Société urbaine de l’eau formé au renforcement des opérations d'intérêt public soient des femmes.

« En appuyant ce projet, les administrateurs ont réaffirmé l’engagement de la BAD à maintenir des opérations dans les États fragiles, qui oscillent souvent entre conflit et paix, a indiqué Mohamed El Azizi, directeur de l’Eau et de l’assainissement. La BAD est en effet engagée à soutenir de manière effective les pays en situation de fragilité, en sortie de crise ou de conflit à quitter les ornières de la fragilité pour s’engager résolument dans la voie d’un développement politique et économique plus stable. »

Juba, à l'instar de nombreux centres urbains du Soudan du Sud, a été marquée par de longues années d'insuffisance d'investissement et de mauvais entretien de ses infrastructures hydriques. Le conflit armé qu'a connu le pays a non seulement contribué à la dégradation de l'ensemble des infrastructures, mais il a également entraîné de grandes vagues de migrations des campagnes vers les villes et y a créé des camps de déplacés internes. Ceci accroît la pression sur les infrastructures déjà faibles et surexploitées. Le réseau d’alimentation en eau en place ne peut couvrir qu'environ 25 % des besoins en eau courante de la population.

Forte du succès de ses opérations en approvisionnement en eau dans des pays voisins, notamment le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda, la BAD entend jouer un rôle déterminant dans les efforts de développement socioéconomique du Soudan du Sud. Pendant des années, la réhabilitation du réseau de distribution de Juba n'a pas bénéficié de soutien de la part des partenaires au développement, malgré son importance capitale dans la chaîne d'approvisionnement en eau. L'intervention de la BAD arrive ainsi à propos et à temps.

Le don de la BAD financera 90 % du coût total du projet, le gouvernement assurant les 10 % restants (700 000 euros).