La BAD prête à soutenir les pays africains à établir la Zone de libre-échange continentale vers 2017

26/07/2012
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La Banque africaine de développement est prête à aider les pays africains à mettre en œuvre l’infrastructure physique et immatérielle nécessaire à l’établissement de la Zone de libre-échange continentale à l’horizon 2017, a déclaré le président de l’institution, Donald Kaberuka.

S’adressant au comité d’orientation des chefs d’Etat et de gouvernement du NEPAD, qui s’est réuni pendant le Sommet de l’Union africaine tenu du 9 au 16 juillet 2012 à Addis-Abeba, M. Kaberuka a fait écho à l’appel des pays africains « pour renforcer l’infrastructure et les programmes de renforcement des capacités nécessaires au développement du commerce » ainsi que les « cadres politique et réglementaire propices à même de contribuer, d’une manière spécifique, au développement du commerce intra-africain ».

M. Kaberuka a estimé que le commerce intra-africain et les exportations africaines vers le reste du monde pourraient croitre très rapidement si les efforts actuels étaient déployés à plus grande échelle pour améliorer l’infrastructure physique du continent, qui continue de saper la compétitivité et le développement du commerce.

Les efforts pour améliorer les infrastructures physiques devraient également porter sur les contraintes liées aux infrastructures immatérielles telles que les obstacles réglementaires, les règlements restrictifs sur le mouvement des biens et des personnes, les services logistiques pauvres et désuets ou encore les difficultés à accéder au financement du commerce, a-t-il dit. « Les contraintes liées à l'infrastructure immatérielle peuvent être aussi répandues que les droits de douane à la frontière, et peuvent facilement réduire à néant les gains de compétitivité et d'efficacité tirés des investissements dans l'infrastructure physique », a-t-il averti.

Reconnaissant que le financement est le moteur du commerce, M. Kaberuka a déploré que suite à la crise financière, les entreprises d'au moins un tiers des pays africains sont en train de payer une prime d'environ 10% sur les prêts commerciaux, sans compter que l’on exige souvent d’elles des garanties en espèces. « Ces développements risquent de compromettre le commerce au moment où les exportations africaines alimentent la croissance du continent », a-t-il regretté.

Il a rappelé que la BAD avait répondu à la crise du financement du commerce par l'établissement d’une Initiative temporaire de financement du commerce (IFC) d'un 1 milliard de dollars USD en 2009. L’IFC a constitué une bouée de sauvetage pour des centaines d'entreprises dans toute l'Afrique, sauvant des milliers d'emplois et générant des millions de dollars en revenus pour les entreprises et leurs gouvernements. « La banque a franchi une étape supplémentaire et met aujourd’hui en place un son propre Programme de financement du commerce à part entière, et collabore avec d'autres partenaires sur les moyens de contrer les turbulences des marchés financiers et d’en minimiser les impacts sur les capacités de négociation commerciales de l'Afrique », a indiqué M. Kaberuka.

Il a appelé à mettre en place des moyens novateurs pour financer les besoins croissants en infrastructures de l'Afrique. Se fondant sur les faibles rendements – de l'ordre de 1,4% – des instruments comme les bons du Trésor américain, M. Kaberuka a agagé que les investisseurs et les fonds souverains n’hésiteraient pas à rechercher des investissements plus attrayants tels que les infrastructures en Afrique, à condition que la sécurité et les bons rendements soient au rendez-vous. Il a estimé que les fonds souverains devraient gérer quelque 10 000 milliards USD d'ici 2015, ce qui en ferait une source importante d'investissement pour financer une partie de l'infrastructure en Afrique.

Background information:

La 19e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, réunie du 9 au 15 juillet 2012 à Addis-Abeba, a maintenu le thème du Sommet précédent, « Promouvoir le commerce intra-africain ». Les chefs d'Etat africains avaient adopté, lors de la 18e session ordinaire tenue en janvier 2012, un plan d'action pour stimuler le commerce intra-africain et convenu d'établir une Zone de libre-échange continentale (ZLEC) à l’horizon 2017.

La dernière décennie a vu les exportations africaines vers le reste du monde croître à seulement deux tiers du taux de exportations intra-africaines. Les chefs d'Etat se sont félicité de la croissance progressive de l'infrastructure régionale et du commerce – en particulier les exportations de produits manufacturés – qui pourrait constituer le socle d’une mise en place accélérée de la ZLEC et de la promotion du commerce intra-africain. Les chefs d'Etat africains ont souligné la nécessité de comprendre les adjuvants et les inhibiteurs de la croissance des exportations africaines et d’y répondre. Cette injonction place une importance particulière sur la nécessité d’une industrialisation accélérée et d'autres stratégies sectorielles dans les différents États membres. Elle implique également un intérêt particulier aux initiatives de facilitation du commerce et à la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires. Dans le même temps, l'Afrique doit soutenir les investissements dans l'infrastructure – avec un investissement colossal estimé à 94 milliards USD pour couvrir les routes, les voies ferrées, les ports, l’énergie, les TIC, les infrastructures de transport, le renforcement des capacités productives, la valeur ajoutée et la diversification. Ces mesures aideront à assurer que les pays membres pourront bénéficier des opportunités générées par la ZLEC.