La BAD souligne l'importance des envois de fonds et de la microfinance pour l'inclusion financière en Afrique

30/05/2012
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Le rôle joué par les envois de fonds et la microfinance dans l'autonomisation des couches les plus défavorisées de la société a été le sujet phare d'une table ronde de haut niveau organisée, le 29 mai  à  Arusha, Tanzanie, en prélude aux Assemblées annuelles 2012 du Groupe de la Banque africaine de Banque (BAD).

Les discussions ont été ouvertes par la directrice du département du développement humain de la BAD, Agnès Soucat. Mme Soucat a expliqué que les envois de fonds et la microfinance sont deux éléments clés de l'approche de la Banque africaine de développement relative aux services financiers inclusifs. « L'accès au financement est un élément clé de notre nouvelle stratégie de valorisation du capital humain. Il est crucial d’accroître les opportunités pour les pauvres et les marginalisés - et en particulier la jeunesse africaine – en vue d’assurer l'inclusion sociale et d’augmenter la création d'emplois », a-t-elle fait observer.

La diaspora africaine rapatrie environ 40 milliards de dollars EU par an, et les envois de fonds sont une question de survie pour de nombreuses communautés à travers le continent. Les transferts de fonds vers l'Afrique sub-saharienne ont été estimés à 21,5 milliards de dollars EU en 2011, ce qui a non seulement aidé les communautés à faire face à la crise et au manque de perspectives économiques, mais a aussi contribué au développement des entreprises et à la valorisation du capital humain.

L'importance des envois de fonds pour la consommation, et donc pour lutter contre la pauvreté, est largement reconnue. Au cours des discussions, des informations clés et des recommandations générales ont été partagées sur la manière de faire des migrations un levier de développement.

Les participants ont dans le même temps souligné les meilleures pratiques en matière de microfinance et d’opérations de transferts de fonds.

« Il ne fait aucun doute que la contribution des envois de fonds a été un facteur important dans le développement économique de l'Afrique. Dahabshiil, un système africain de transfert d'argent en ligne, en gère une part importante. Les initiatives de microfinance permettent également à certains des pays les plus pauvres d'Afrique de planifier l'avenir,» a déclaré Saïd Abdirashid Duale, le président-directeur général de Dahabshiil.

La part des envois de fonds dans le PIB est restée stable durant la dernière décennie, avec une moyenne de 2,4 pour cent. Cependant, les effets de la crise économique et du Printemps arabe sur le flux des envois de fonds peuvent être ressentis en Afrique sub-saharienne. Selon les calculs de la Banque mondiale, les flux d’envois de fonds en direction du Cap-Vert, du Sénégal et de la Guinée-Bissau sont les plus exposés à toute détérioration de l'économie.

Selon Donald Terry, professeur à la Boston School of Law et ancien directeur du Fonds multilatéral d'investissement de la Banque interaméricaine de développement, « L'accès au financement pour la grande majorité des Africains est un objectif important qui motive la BAD à rechercher une croissance plus inclusive ». Ceci, a-t-il ajouté, « vise notamment à aider des millions de familles africaines à recevoir des fonds dont l’expédition reviendrait trop cher, et à contribuer à donner à ces familles plus de choix dans une utilisation productive de leur argent, à leur propre profit et à celui des communautés où elles vivent. »