Egypte : Une étude de la BAD souligne la voie à suivre pour la réforme de la subvention en matière d’énergie

13/04/2012
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Le programme de subventions au carburant en Egypte, conçu pour faciliter la vie des couches défavorisées de la population, est une source de ponction sérieuse sur l’économie nationale, selon une nouvelle étude de la Banque africaine de développement (BAD).

Le coût des subventions pétrolières a bondi de plus de 65 pour cent pour atteindre 68 milliards de livres égyptiennes (LE), soit près de 12 milliards de dollars EU, au cours de l’exercice fiscal 2009-2010, contre 40 milliards de livres en 2005-2006, selon l'étude.

Le rapport du département de l’Economiste en chef de la BAD, «Réformer les subventions à l'énergie en Égypte», comprend des recommandations pour la préparation du programme égyptien de réforme des subventions, qui devrait être relancé, après avoir été suspendu en 2009 après cinq années, en raison de la récession économique mondiale.

L'étude égyptienne s'inscrit dans le sillage d'un rapport antérieur de la BAD sur les leçons concernant la manière de mener à bien un programme de réforme de l'énergie. Ce rapport s’est appuyé sur l’étude de cas du Nigeria, dont les finances ont également souffert d'une explosion des coûts. Le rapport s’est basé sur la façon de mener à bien un programme de réforme de l'énergie de ce genre, en particulier sur la réduction ou l'élimination des subventions au carburant, tout en évitant ou en minimisant les effets indésirables tels que l’inflation du choc d’offre et les troubles sociaux.

Alors que le programme égyptien de subventions a été mis en place pour aider les pauvres, dans la pratique ce sont les plus aisés qui en ont profité, dit le rapport. Une enquête auprès des ménages égyptiens montre que les 40 pour cent du haut de l’échelle sociale bénéficient d’environ 60 pour cent des subventions à l'énergie. Les 40 pour cent inférieurs reçoivent  environ 25 pour cent du total des subventions.

La suppression des subventions sera plus dommageable aux couches les plus pauvres, du fait que les dépenses d'énergie représentent une part plus importante de leurs revenus.

Les simulations indiquent toutefois  que la substitution d’un système de compensation aux subventions à l'énergie leur serait plus profitable.

Le rapport recommande que l'Egypte prenne en compte diverses considérations dans son programme de réforme.

La première est l'ajustement des prix de l'énergie par produit. L'étude indique : «L'Egypte devrait se concentrer sur les produits énergétiques les plus coûteux économiquement,  et qui sont consommés par les ménages aux revenus les plus élevés, en vue d’ajuster les prix sur une période de cinq ans. »

Une autre est d’approfondir la recherche pour avoir une meilleure idée du comportement des consommateurs en fonction de leur revenu.

En outre, la prudence s'impose dans l'affectation des économies résultant de la suppression des subventions. «L'expérience internationale montre que les économies réalisées sur la réforme des subventions sont souvent gaspillées» si elles ne sont pas gérées efficacement, indique le rapport. En outre, l'Egypte a besoin de concevoir un programme visant à protéger les groupes vulnérables.
Enfin, une communication efficace est essentielle, et doit commencer au moins six mois avant la première hausse des prix.